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E. Jean Carroll a fait plier Trump et se confie

American journalist and writer E. Jean Carroll poses during a photo session in Paris on September 24, 2026. American journalist and writer E. Jean Carroll, the only person to successfully sue Donald T ...
Donald Trump, en réponse aux accusations de viol, a répondu qu'E. Jean Carroll n'était «pas son genre». Image: AFP

«Ça l'a rendu fou»: la femme qui a fait plier Trump dit tout

E. Jean Carroll a obtenu gain de cause: Donald Trump a été condamné à lui verser plusieurs millions de dollars pour agression sexuelle – une première. L'ancienne journaliste raconte cette bataille judiciaire dans un livre.
26.09.2026, 12:1326.09.2026, 13:57
Adam PLOWRIGHT/Afp

A 82 ans, E. Jean Carroll savoure le moment: l'ex-journaliste américaine est la seule femme à avoir fait condamner Donald Trump pour agression sexuelle mais a dû, pour cela, livrer une bataille sans merci qu'elle relate dans son livre Not my type. La femme qui a fait plier Trump, paru jeudi aux Editions du Cherche-Midi.

«Certains moments étaient excitants, d'autres enthousiasmants ou exaspérants (...) mais ça a été constamment difficile», confie l'autrice à l'AFP. «Il n'y a pas eu un moment facile en sept ans.» Elle ajoute:

«J'ai pu le faire parce que je n'avais pas d'enfants, j'étais plus âgée et je n'avais rien à perdre»

En 2019, cette ancienne chroniqueuse pour l'édition américaine du magazine Elle a lancé la bataille en accusant Donald Trump de l'avoir violée en 1996 dans une cabine d'essayage d'un grand magasin new-yorkais. Malgré les protestations du président des Etats-Unis, qui a qualifié E. Jean Carroll de «tarée» ayant monté une «affaire bidon», la justice lui a donné raison sept ans plus tard.

Le chef d'Etat, accusé de violences sexuelles par de nombreuses autres femmes, a été définitivement condamné au civil à lui verser 5,6 millions de dollars. «Ça l'a rendu fou», savoure l'ex-journaliste. Dans une procédure distincte, une cour d'appel a par ailleurs condamné le milliardaire à lui verser 83 millions de dollars, un jugement encore susceptible d'un recours devant la Cour suprême.

L'argent qu'elle a tout juste commencé à recevoir du président, E. Jean Carroll promet de «le dépenser dans tout ce qu'il déteste» – pour le droit des femmes et des minorités, ou la cause climatique – et sans en faire d'usage trop personnel. «Je n'achète rien, je sais comment être heureuse», clame-t-elle.

L'ombre menaçante de Trump

Devenue une icône féministe, l'ancienne chroniqueuse du New York des années 80-90 sait désormais combien il en coûte aux femmes de briser le silence et estime que la libération de la parole impulsée par #MeToo aux Etats-Unis a été stoppée net par l'inertie de la justice:

«Aucune femme ne voudrait faire ça maintenant. Est-ce que vous voyez des femmes prendre la parole? Nous voyons les chiffres [des condamnations], on n'est pas stupides. Les femmes font profil bas désormais»

Selon son récit, plusieurs femmes qui ont porté plainte contre Donald Trump ne s'en sont d'ailleurs «jamais remises» et «ne savent pas qui peut les aider». L'ombre menaçante que fait encore planer le président américain explique d'ailleurs, selon E. Jean Carroll, que son livre ne soit paru, à l'étranger, qu'en France.

«Les Français sont les seuls à avoir eu le cran de le publier», dit celle qui a dû subir quantité d'attaques du président. Le titre de son livre Not my type (pas mon genre, en français) renvoie d'ailleurs à l'expression que Donald Trump a utilisée pour certifier qu'il n'aurait pas pu songer à l'agresser sexuellement.

Après ces attaques et le combat judiciaire, l'écriture s'est révélée être une expérience libératrice pour l'octogénaire, qui plaisante:

«J'avais un matériau tellement délicieux: 2000 pages de procès-verbaux. Franchement, y a-t-il quelque chose de plus drôle qu'un procès-verbal d'audience? On dirait du Voltaire»

Elle ajoute: «J'avais aussi toutes mes notes, que je prenais depuis six ans. Alors, qui ne finirait pas par écrire un livre ? Et puis, finalement, ça m'a vraiment soulagée. En un mot, c'était cathartique».

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