Orban à la tête de l'ONU? Une idée de Trump qui plairait à Poutine
Après avoir lancé le nom de Gianni Infantino, président de la FIFA, Donald Trump avancerait désormais celui d'un nouveau candidat pour le poste le plus élevé des Nations unies: Viktor Orban, qui a dirigé la Hongrie d'une main de fer pendant de longues années. Et, oui, le président américain semble sérieux.
En effet, en coulisses, l’administration américaine œuvrerait pour installer Viktor Orban au poste de secrétaire général de l’ONU.
Des discussions avec la Russie et la Chine auraient déjà eu lieu, et les deux gouvernements se montreraient ouverts à une candidature commune. C’est en tout cas ce que rapporte le Wall Street Journal, dans un éditorial qui s’appuie sur des sources anonymes au sein de l’administration américaine.
Huit voix sur quinze déjà assurées
Sa politique migratoire musclée, son offensive contre les ONG libérales, le système judiciaire de son propre pays et les médias font de Viktor Orban le «candidat de rêve des conservateurs MAGA», aurait affirmé un responsable américain, cité par le quotidien étasunien. A l'interne, on tablerait même volontiers sur au moins huit voix au sein du Conseil de sécurité de l'organisation, qui seraient en faveur d'Orban — et d'autres seraient à portée de main.
Huit voix ne suffisent toutefois pas. Pour qu’une recommandation soit transmise à l’Assemblée générale de l’ONU, il en faut au moins neuf, sans veto d’aucun des cinq membres permanents. Le Royaume-Uni et la France pourraient donc faire barrage à Viktor Orban. Les deux pays n’ont toutefois plus fait usage de leur droit de veto depuis 1989.
Face à Moscou, l’ancien Premier ministre peut compter sur ses relations amicales avec Vladimir Poutine: durant son (long) passage à la tête de la Hongrie, il a défendu avec constance les positions prorusses au sein de l’UE. Budapest avait par ailleurs noué des liens économiques étroits avec Pékin sous son son égide.
Aucun favori à ce jour
Viktor Orban a aussi été, en Europe, le plus proche allié de l’administration Trump. Avec son concept de «démocratie illibérale», il est considéré par de nombreux proches du président américain comme très compatible avec le mouvement «MAGA».
Après dix-huit ans au pouvoir, il a été battu en avril dernier par son challenger Peter Magyar — qui l’a emporté à une très large majorité. Ni le soutien direct de Donald Trump durant la campagne, ni la venue très médiatisée du vice-président JD Vance en Hongrie n’ont pu le sauver.
Parmi les chefs d’État et de gouvernement européens, Viktor Orban s’est retrouvé isolé, surtout en fin de mandat, en raison de son cap pro-Poutine et d’une politique jugée de plus en plus destructrice au sein de l’UE. Il est en outre visé par de graves accusations de détournement systématique de fonds européens et de corruption.
Le mandat de l’actuel secrétaire général, António Guterres, s’achève le 31 décembre 2026. Son successeur devrait en principe prendre ses fonctions en début d’année, mais aucune date de nomination n’a été fixée pour l’instant.
D’après les scrutins indicatifs organisés jusqu’ici au Conseil de sécurité, trois favoris se dégagent (et Orban n'en fait pas partie):
- Rebeca Grynspan, économiste, haute fonctionnaire de l’ONU et ancienne vice-présidente du Costa Rica.
- Carolyn Rodrigues-Birkett, actuelle ambassadrice du Guyana auprès de l’ONU et ancienne ministre des Affaires étrangères.
- Rafael Grossi, diplomate argentin et directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
