Des élues américaines ont fustigé mercredi une «guerre faite aux femmes» après qu'une cour d'appel de Floride a maintenu une décision statuant qu'une adolescente de 16 ans aux parents décédés n'était «pas assez mature» pour avorter.
«Jane Doe 22-B» était enceinte de seulement dix semaines lorsqu'elle a formulé sa requête d'une IVG car elle ne pouvait obtenir le consentement d'au moins un de ses parents, tous deux décédés, condition indispensable pour les mineures souhaitant avorter en Floride.
Sur les réseaux sociaux, de très nombreux internautes soulignaient aussi l'apparente incohérence du jugement et exprimaient leur colère, certains reprenant un mot-dièse appelant à boycotter la Floride.
Une cour d'appel a confirmé lundi la décision de la juge Jennifer Frydrychowicz, du comté d'Escambia, de refuser la demande d'avortement d'une jeune femme de 16 ans, désignée par le pseudonyme «Jane Doe 22-B», sous prétexte qu'elle n'était pas parvenue à prouver «qu'elle était assez mature pour décider de mettre un terme à sa grossesse».
Ce jugement intervient moins de deux mois après la volte-face historique de la Cour suprême américaine, qui est revenue fin juin sur la garantie constitutionnelle au droit à l'avortement qu'elle avait instauré en 1973 par l'arrêt «Roe v. Wade», laissant les Etats américains légiférer librement sur la question.
Une dizaine d'Etat en ont déjà profité pour bannir l'IVG, la plupart du temps sans exception en cas d'inceste, de viol ou de danger pour la santé de la mère, et les associations de défense des droits des femmes craignent que près de la moitié des Etats ne soient concernés à terme. (ats/jch)