Manifestations contre la police de l’immigration dans le Minnesota
En dépit de températures sous les -20 degrés Celsius, les opposants aux opérations antimigrants dans le Minnesota étaient mobilisés en nombre vendredi. Dans leur esprit, Renee Good, Américaine de 37 ans tuée par un agent d'ICE le 7 janvier, et Liam Ramos, 5 ans, détenu par ICE depuis mardi.
Des milliers de personnes se sont retrouvées en début d'après-midi dans le centre de Minneapolis, la plus grande ville de cet Etat du nord des Etats-Unis, brandissant des panneaux appelant à «abolir ICE», la police de l'immigration, et à «laisser nos voisins tranquilles». Un rassemblement devait se tenir ensuite dans la salle accueillant les matches de l'équipe de NBA.
D'autres manifestations ont eu lieu autour d'un bâtiment utilisé par ICE et à l'aéroport international de Minneapolis-Saint-Paul, d'où partent les migrants envoyés vers les centres de rétention. Selon les médias locaux, une centaine de membres du clergé, qui participaient à ce rassemblement, ont été arrêtés.
Répondant au mot d'ordre «Pas de travail. Pas d'école. Pas de shopping», des commerces, restaurants et institutions culturelles étaient également fermés.
Versions opposées
Une photographie, largement reprise dans les médias et sur les réseaux sociaux, montre le garçonnet apeuré, coiffé d'un bonnet bleu aux oreilles de lapin, portant un sac à dos tenu par une silhouette vêtue de noir. Deux versions s'opposent concernant les circonstances de sa prise en charge par la police de l'immigration.
Le vice-président américain JD Vance, en visite jeudi à Minneapolis, a affirmé qu'il avait été récupéré devant son domicile après que son père, originaire d'Equateur et présenté comme clandestin, a pris la fuite pour ne pas être appréhendé. «Nous ne visions pas l'enfant», a insisté l'un des dirigeants de la police de l'immigration, Marcos Charles.
Zena Stenvik, responsable du réseau scolaire local, a accusé mercredi les autorités d'avoir utilisé le garçon comme «appât», en le faisant frapper à la porte de son domicile pour inciter les personnes qui s'y trouvaient à sortir.
Mais que celle-ci a refusé de lui ouvrir. Stenvik assure qu'«un autre adulte vivant dans la maison [...] a supplié les agents de le laisser s'occuper du jeune enfant, mais sa demande a été refusée».
Charles a précisé que le garçonnet et son père avaient été réunis dans un «centre résidentiel familial en attendant l'issue de leur procédure d'immigration», sans en donner le lieu. D'après les médias américains, ils seraient au Texas.
ONU sidérée
L'avocat représentant l'enfant et son père a assuré que la famille, qui compte aussi la mère et un frère aîné, a «fait ce qu'on lui avait demandé de faire [...] à chaque étape du processus d'immigration».
Le haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU s'est dit «sidéré par les mauvais traitements désormais quotidiens» envers les migrants, pressant Washington de:
Cet incident aggrave une situation déjà tendue par la mort de Renee Good. Les élus démocrates locaux et de nombreux résidents de l'Etat contestent la thèse officielle selon laquelle le policier de l'immigration, qui n'a pas été suspendu, était en état de légitime défense lorsqu'il lui a tiré dessus.
La ministre de la sécurité Intérieure Kristi Noem a déclaré cette semaine que «plus de 10'000 étrangers en situation irrégulière» et accusés de crimes avaient été arrêtés dans le Minnesota, dont 3000 au cours des six dernières semaines. Parmi eux figurent au moins quatre enfants, selon le district scolaire de Liam Ramos. (dal/ats/afp)
