Un policier de l'ICE inculpé pour blessure par balle
Un agent de la police américaine de l'immigration (ICE) a été inculpé lundi pour avoir blessé par balle mi-janvier un immigré vénézuélien à une jambe au cours d'une intervention menée près de son domicile à Minneapolis, alors épicentre de la contestation contre les méthodes de ces agents fédéraux.
Le policier quinquagénaire est inculpé de quatre chefs d'accusation pour agression et d'un pour faux témoignage, a indiqué la procureure locale, Mary Moriarty, au cours d'une conférence de presse. Un mandat d'arrêt national a été émis.
Il est un des deux agents de la police de l'immigration qui ont été suspendus de leurs fonctions mi-février pour avoir menti sous serment au sujet d'un coup de feu tiré pendant une opération qui s'était transformée en course-poursuite le 14 janvier.
La justice fédérale avait abandonné peu avant les poursuites qu'elle avait dans un premier temps initié contre deux immigrés vénézuéliens, Julio Cesar Sosa-Celis, l'homme touché à une jambe, et Alfredo Alejandro Aljorna, après avoir constaté que des images de vidéosurveillance contredisaient la version des policiers.
«Il a tiré à travers la porte d'une maison»
Au moment des faits, le ministère de la Sécurité intérieure avait affirmé qu'un «immigré vénézuélien en situation irrégulière» avait résisté à son arrestation lors d'un contrôle routier et qu'à ce moment-là, «deux individus (étaient) sortis d'un appartement voisin et (avaient) attaqué l'agent avec une pelle à neige et un manche de balai». Ce dernier avait alors «tiré un coup de feu défensif pour protéger sa vie», blessant un homme à une jambe.
Mais selon le récit de la procureure lundi, le policier n'a «pas été frappé par une pelle ou un balai». «Il n'a pas été frappé du tout,» a-t-elle déclaré. «Il a tiré à travers la porte d'une maison avec de nombreuses personnes, dont des enfants, à l'intérieur, heureusement en ne touchant pas les autres».
A la même période que ce coup de feu, deux Américains trentenaires, Renee Good et Alex Pretti, ont été abattus par des agents fédéraux en pleine rue à Minneapolis, alors épicentre des vastes opérations de lutte contre l'immigration voulues par Donald Trump. Leur mort a largement indigné l'Amérique, comme les méthodes brutales adoptées par ICE et ses agents, agissant le plus souvent masqués. (ats)
