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Face à Poutine, l'Otan et les pays baltes ont 4 contre-mesures

Voici comment les pays baltes et l'Otan se préparent à une offensive russe.
Depuis le début de la guerre en Ukraine, la crainte d'une attaque russe grandit dans les pays baltes.Image: Mindaugas Kulbis / AP / Imago, montage watson

Ces 4 mesures doivent empêcher Poutine d'envahir l'Europe

D'ici 2028, Vladimir Poutine pourrait tester la volonté de défense occidentale, avertissent des services de renseignement occidentaux. Mais il pourrait aussi passer à l'acte bien plus tôt. Dans les Etats baltes, les préparatifs sont déjà en cours. Tour d'horizon.
07.06.2026, 07:0407.06.2026, 07:04
Remo Hess

La Russie attise de plus en plus les tensions sur le flanc est de l'Otan. Ces dernières semaines, elle a «détourné» à plusieurs reprises des drones ukrainiens à longue portée pour les rediriger vers les pays baltes, soit l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie. En Roumanie, dans la nuit de jeudi à vendredi, un drone d'attaque russe a percuté un immeuble résidentiel.

S'agit-il de simples jeux psychologiques? Ou le maître du Kremlin Vladimir Poutine prépare-t-il véritablement le terrain pour une opération hostile contre des pays de l'Est de l'Union européenne? Les services de renseignement occidentaux avertissent depuis un moment que le président russe pourrait franchir ce pas.

Un imminent risque d'attaque

L'horizon temporel d'une telle attaque évoqué jusqu'ici se situait approximativement à la fin de la décennie. Mais peut-être Poutine agira-t-il plus tôt.

D'autant que la guerre en Ukraine ne se déroule pas bien pour les Russes ces derniers mois. Pour justifier une mobilisation de masse, Poutine pourrait choisir l'escalade et envahir, sous un prétexte quelconque, l'un des pays de l'Est de l'UE: tel est le scénario qui circule actuellement dans les milieux sécuritaires.

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Les trois Etats baltes sont en première ligne. La Russie n'ayant jamais réellement digéré leur indépendance et leur orientation occidentale.

Géographiquement, ils sont très exposés: seul un étroit corridor terrestre, nommé le «couloir de Suwalki», les relie à la Pologne et à l'Oran. Si Poutine attaque, c'est très probablement par là qu'il le fera. Mais les Baltes et l'Otan se sont préparés. Voici les quatre principales contre-mesures.

Une présence renforcée

Pendant longtemps, l'Otan a appliqué dans sa zone orientale une stratégie dite du «fil-piège»: quelques centaines de soldats multinationaux étaient stationnés à des points névralgiques. Leur présence était avant tout symbolique et destinée à la dissuasion.

Si Poutine attaquait malgré tout, cela déclencherait automatiquement la guerre avec l'ensemble de l'Alliance. Aujourd'hui, l'accent est à nouveau mis sur une défense territoriale efficace, et l'Otan met en place des brigades plutôt que des bataillons.

La 45ᵉ brigade blindée allemande en Lituanie en est l'illustration parfaite. Mise en service en 2025, elle atteindra en 2027 son effectif complet de 5000 soldats. Il s'agit d'une unité de combat pleinement opérationnelle, équipée de chars Leopard 2 et de véhicules de combat d'infanterie Puma. C'est un fait historiquement inédit: pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, une grande unité allemande est stationnée de manière permanente à l'étranger.

A l'image de la 45ᵉ brigade blindée allemande, une brigade multinationale de l'Otan sous commandement canadien est stationnée en Lettonie.

Face à la menace montante de la Russie, des soldats de l'armée allemande restent en Lituanie.
Face à la menace montante de la Russie, de nombreux soldats de l'armée allemande ont été stationnés en Lituanie.Image: Mindaugas Kulbis / AP

Des efforts de sécurisation stratégique

Tandis qu'à l'est et au sud les regards se tournent vers la frontière avec la Russie, les pays baltes ont la mer Baltique dans leur dos. L'île suédoise de Gotland, toute proche, joue un rôle particulier. Si la Russie venait à l'occuper, elle pourrait couper les voies de ravitaillement vers les pays baltes, tant par voie aérienne que maritime.

Inversement, depuis Gotland, l'Otan peut bloquer l'accès de la flotte russe de la Baltique à l'Atlantique. Gotland est considérée comme un «porte-avions insubmersible» et revêt une importance stratégique considérable.

Gotland.
carte: watson

Depuis l'adhésion de la Suède à l'Otan il y a deux ans, l'île est en cours de transformation en forteresse moderne. Jadis démilitarisée, la Suède a réactivé le «régiment de Gotland». Il devrait bientôt compter 4500 hommes, auxquels s'ajoutent des troupes de l'Otan en rotation. Des systèmes de défense antiaérienne et des missiles antinavires de dernière génération ont été installés sur l'île.

Ses 60 000 habitants s'entraînent au quotidien à faire face aux situations de crise, afin d'être prêts en cas d'actions de sabotage russes. Que celles-ci aient bien lieu, les nombreux incidents autour de câbles internet endommagés en mer Baltique en témoignent. Mais la Russie teste aussi régulièrement l'Otan dans la région par des violations délibérées de l'espace aérien.

Fortifications et chemins de fer

Les trois Etats baltes, Estonie, Lettonie et Lituanie, construisent ensemble une sorte de «mur défensif» le long de leurs 1700 kilomètres de frontière cumulés avec la Russie et la Biélorussie. Ce mur, dont l'épaisseur s'étend profondément dans les territoires, se compose d'obstacles antichars appelés «dents de dragon», de fossés antichars, de champs de mines et de bunkers.

En d'autres endroits, des obstacles naturels, comme des lacs ou des marécages, rendent difficile toute avancée ennemie. L'objectif de ces dispositions est de ralentir toute percée russe, afin de gagner du temps jusqu'à l'arrivée des renforts de l'Otan. La Pologne a également sécurisé sa frontière avec la Biélorussie.

En Lituanie, autour du couloir de Suwalki, des ponts et d'autres infrastructures de transport critiques sont préparés pour pouvoir être rapidement détruits ou bloqués en cas d'urgence. Parallèlement, une nouvelle ligne ferroviaire, «Rail Baltica», est en cours de construction: elle doit relier la capitale estonienne Tallinn à celle, polonaise, de Varsovie en traversant les pays baltes du nord au sud. Ce projet revêt une importance à la fois militaire et économique.

Localisation du passage de Suwalki.
infographie: JONATHAN JACOBSEN / AFP

L'implication de la population

Tous ces préparatifs ne serviront en revanche à rien si la population ne joue pas le jeu. Le mot d'ordre: résilience à l'échelle de toute la société. La Lettonie a instauré en 2023 le «State Defence Service» (un service militaire obligatoire) pour tous les hommes à partir de 18 ans.

En Lituanie, le plus peuplé des trois pays baltes avec 2,8 millions d'habitants, des «commandantures» ont été mises en place en 2024 pour compléter les structures de l'armée au niveau local. La désinformation est par ailleurs considérée comme un véritable champ de bataille. Les pays baltes ont toujours été un terrain d'action privilégié pour la propagande russe. Les gouvernements investissent massivement dans la sensibilisation et l'éducation aux médias.

Vladimir Poutine dans tous ses états
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Vladimir Poutine dans tous ses états
Poutine en mode chasseur, 2010.
source: ap ria novosti russian governmen / dmitry astakhov
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Elle aurait téléphoné avec sa main manquante
Video: watson
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