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Le procès des attentats du 13 novembre 2015: On en est où?

Depuis 37 jours, la France revit les attentats du 13 novembre. Une salle d'audience rythmée par des témoignages parfois provocants, souvent émouvants, en tout temps révoltants. L'occasion de revenir sur les moments forts d'un procès géant.
14.10.2021, 14:3514.10.2021, 16:54

8 septembre
Un procès historique et des provocations

«Un procès qualifié d'historique». Six ans après les événements qui ont traumatisé la France, voilà les premières paroles énoncées par l’un des magistrats. Des mots forts, lourds de sens, qui marquent l’ouverture officielle des audiences des attentats du 13 novembre 2015 à Paris.

Cette première journée au sein du Palais de justice de l’Ile de la Cité se consacre principalement sur des questions de procédure: Enoncer le déroulé du procès, présenter les parties civiles ainsi que les 20 suspects.

Salah Abdeslam, dans la salle d'audience le mercredi 8 septembre 2021 à Paris.
Salah Abdeslam, dans la salle d'audience le mercredi 8 septembre 2021 à Paris.
Image: AP/Noelle Herrenschmidt

Parmi eux, l'accusé principal Salah Abdeslam. Il est le seul survivant des commandos terroristes. Lorsque le président du tribunal lui donne la parole, celui-ci réitère sa position: «J'ai délaissé toute profession pour devenir un combattant de l'Etat islamique (EI)». Des déclarations jugées provocantes et qui ravivent d'emblée le débat médiatique.

13 septembre
Les premiers témoins

Les premiers témoins passent à la barre pour faire leur déposition. Un responsable de la sous-direction de l'antiterrorisme ouvre le bal. Le policier était chargé de coordonner l’enquête sur les attentats du Stade de France, des terrasses et du Bataclan. Jamais il n'avait été confronté à une situation d'une telle ampleur sur Paris.

«C'était des scènes de crimes indicibles qu'en tant que policier, on ne voit d'habitude que lors de catastrophes naturelles ou d'accidents aériens et ferroviaires»
Un responsable de la sous-direction de l'antiterrorisme

Il énumère ensuite les différents indices réunis par les enquêteurs pour identifier les accusés jugés dans ce procès.

16 au 21 septembre
La diffusion «inconcevable» d'images, de vidéos et audios

Après avoir levé les doutes qui pesaient sur la diffusion d'enregistrements des attentats de Paris, le président de la cour d'assises Jean-Louis Périès a, le 13 septembre, confirmé que ceux-ci seront bel et bien diffusés sur plusieurs jours:

  • Le 16 septembre, des images des scènes de crime perpétré au Stade de France sont projetées. En moins de 40 minutes, trois kamikazes se feront exploser. Faisant un mort et 63 blessés
  • Le 17 septembre, ce sont des vidéos ainsi qu'un extrait sonore de 30 secondes du Bataclan qui sont diffusées. Des scènes d'horreur captées sur le dictaphone d'un technicien présent le soir-même. 90 personnes y seront tuées.
  • Le 20 septembre, d'autres photos et vidéos sont présentées à l'audience. Elles ont été capturées au sein des terrasses prises d'assaut par les terroristes le soir du 13 novembre 2015: La Casa Nostra avec une dizaine de blessés, la Belle Equipe où 21 personnes périront, et le Comptoir Voltaire à l'intérieur duquel le terroriste Brahim Adbeslam actionnera son gilet explosif. Personne d’autre ne sera tué.

Dans la salle d'audience et à l'extérieur, certains jugent «inconcevable» le fait d’assister à de telle enregistrements. D’autres, en revanche, estiment «devoir» cela à leurs proches décédés, rapporte France culture.

24 septembre
Les revendications de l'EI

Cette fois, ce sont des vidéos de propagande terroriste de l'EI qui sont diffusées. L'une d'elle met en scène neuf auteurs des attentats devant le Stade de France et au Bataclan. Le fichier, datant du 24 janvier 2016 et qui une quinzaine de minutes, s’intitule «Tuez-les où que vous les rencontriez».

Un messages audio retransmet, quant à lui, les revendications de l'Etat islamique enregistré le lendemain matin des attentats du 13 novembre:

«On est déjà chez vous pour vous égorger. Vous êtes haïs. On va vous combattre jusqu’au pied de la tour Eiffel»
Etat islamique dans un message audio du 14 novembre 2015

28 septembre au 8 octobre
Les rescapés et proches des victimes témoignent

C'est au tour des survivants des attentats terroristes du 13 novembre ainsi que les proches des victimes décédés de passer à la barre pour auditionner.

Pour la grande majorité d’entre eux, les traumatismes tant physiques que psychiques sont toujours présents. Malgré cela, certains clament vouloir continuer à vivre, comme l'un des rescapés l'explique le 28 septembre: «Moi, je crois en l'amour, en l'amitié, au rock et en la fête. Je suis assez fier qu’on me traite de mécréant».

D'autres, témoignent des conséquences néfastes de ces attentats dont ils ne parviennent toujours pas à se sortir. Le 8 octobre, une victime explique même regretter d'être encore en vie:

«J'aurais tout donné pour perdre connaissance»
Une victime de 38 ans ancienne juriste
«Je vous en veux à mort!»
Une victime en s'adressant aux accusés

Et après?
Jusqu'en mai 2022

Au total, 350 personnes ayant vécu les attentats au Stade de France, sur les terrasses et au Bataclan le soir du 13 novembre 2015 sont attendues à la barre pour témoigner.

La cour d’assises spéciale de Paris a annoncé prévoir pas moins de cinq semaines à partir du 28 septembre pour toutes les entendre. Une quinzaine de dépositions est réalisée quotidiennement. Le procès devrait se terminer en mai 2022. (mndl)

Le procès hors normes des attentats de Paris a débuté

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Le procès hors normes des attentats de Paris a débuté
source: sda / ian langsdon
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