Des centaines de milliers de manifestants en France
Près de 600 000 personnes ont défilé jeudi dans toute la France, selon le ministère de l'Intérieur, contre 1,6 million d'après la CGT, dont 350 000 à Paris. Une mobilisation plus importante que lors des trois précédentes journées de manifestation en octobre.
Salariés, fonctionnaires, étudiants, lycéens et retraités étaient notamment appelés à descendre dans la rue pour réclamer une augmentation des salaires, en particulier du Smic. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, exige une hausse de 10% du salaire minimum, tandis que son homologue de la CFDT, Marylise Léon, réclame un coup de pouce de 100 euros.
Face à la contestation, le Premier ministre a annoncé une «conférence sociale» lundi, destinée à «apporter des réponses aux questions de pouvoir d'achat et de salaires», selon Matignon. «Je veux de quoi vivre», confie Fred, un manifestant parisien proche de la retraite.
Des tensions dans plusieurs villes
A Paris, le cortège a notamment rassemblé plusieurs candidats à l'élection présidentielle, dont Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier et Raphaël Glucksmann. Ce dernier a été sifflé à son arrivée. Des tensions ont éclaté sur le parcours, nécessitant l'intervention des forces de l'ordre.
Des incidents ont également été signalés à Lyon et à Rennes, où des affrontements ont opposé manifestants et policiers. A Lyon, un photographe de l'AFP, pourtant identifiable grâce à son brassard de presse, a reçu plusieurs coups de matraque lors d'une charge des CRS.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez avait mobilisé 70 000 policiers et gendarmes pour cette journée, promettant une réponse d'une «extrême fermeté» en cas de débordements.
La mobilisation a également touché les établissements scolaires et universitaires, avec des blocages et des fermetures dans plusieurs villes. Les syndicats et le gouvernement avancent toutefois des bilans très différents sur l'ampleur du mouvement. Les transports ont été globalement peu perturbés, malgré une mobilisation des cheminots. A Paris, la tour Eiffel et l'Arc de Triomphe sont restés fermés aux visiteurs. (ats;afp)
