Des affrontements ont opposé des militants radicaux aux forces de l'ordre, samedi à La Rochelle, après la dislocation d'un des cortèges de la deuxième journée de manifestation contre les «bassines», des réserves d'irrigation contestées, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Un des deux cortèges partis en direction du port de commerce, dans lequel se trouvaient 2000 personnes dont 400 «black blocs» selon une source policière, a fait demi-tour en se disloquant après une charge des gendarmes.
Une course-poursuite s'est alors engagée entre des manifestants et les forces de l'ordre, avec barricades, feux de poubelles, dégradations, jets de projectiles et tirs de grenades lacrymogènes.
Selon un premier bilan du parquet de La Rochelle vers 14h00, une gendarme a été blessée par brûlure et cinq manifestants, blessés légèrement, ont été pris en charge.
Selon la même source, plusieurs commerces ont été dégradés ou pillés, des abribus et panneaux publicitaires détruits, un manifestant est entré dans un Ehpad, avant d'être interpellé à l'intérieur et placé en garde à vue.
Un second cortège, composé de 3000 personnes, a longé la côte depuis le centre-ville pour s'approcher à pied, certains en kayaks ou canots gonflables, du terminal agro-industriel du port de La Pallice, cible des organisateurs qui revendiquent plus de 6000 manifestants au total.
Cette deuxième journée de mobilisation vise à dénoncer les grands acteurs de la filière céréalière, associés à la construction des réserves d'eau contestées et à un «accaparement» de l'eau par l'agro-industrie.
Selon le parquet de La Rochelle, six personnes ont été placées en garde à vue depuis le début de la journée, commencée par une brève incursion dans le port de commerce de manifestants, délogés dans le calme par les gendarmes en fin de matinée.
Vendredi, une première manifestation - 3800 personnes selon la police, 6500 selon les organisateurs - a avorté dans la Vienne quand des grenades lacrymogènes lancées par les gendarmes ont mis le feu à un champ de paille près du cortège.
Ces manifestations ont lieu dans le cadre du «Village de l'eau», organisé jusqu'à dimanche à Melle (Deux-Sèvres) par le collectif «Bassines Non Merci», les mouvements écologistes Les Soulèvements de la Terre et Extinction Rébellion, l'union syndicale Solidaires et l'association altermondialiste Attac, avec la participation de 120 structures militantes. (sda/ats/afp)