Israël a pris ses distances lundi avec le plan de cessez-le-feu dans la bande de Gaza annoncé par le président américain Joe Biden, le jugeant «incomplet» et réaffirmant son objectif d'«éliminer» le Hamas palestinien.
Sur le terrain, l'armée israélienne a mené de nouveaux bombardements sur plusieurs secteurs du territoire palestinien assiégé et dévasté, y compris à Rafah, où au moins 40 personnes ont été tuées ces dernières 24 heures, selon le ministère de la Santé du Hamas.
De son côté, l'armée israélienne a annoncé la mort de quatre otages israéliens emmenés à Gaza durant l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre. Leurs corps sont toujours aux mains du Hamas selon elle.
Samedi, le président américain a fait état d'une feuille de route proposée selon lui par Israël et prévoyant dans une première phase un cessez-le-feu de six semaines accompagné d'un retrait israélien des zones densément peuplées de Gaza, de la libération de certains otages -femmes et malades- et de prisonniers palestiniens.
«La proposition présentée par le président Biden est incomplète», a déclaré le porte-parole du gouvernement israélien, David Mencer.
Ces conditions, Israël n'a de cesse de les répéter: la «destruction» du Hamas et la libération «de tous les otages» enlevés ce jour-là.
Washington a, après l'annonce du plan, appelé le Hamas à l'accepter. Mais ce dernier, qui n'a pas encore donné sa réponse définitive, a dit le considérer «positivement» tout en réitérant ses exigences d'un cessez-le-feu permanent et d'un retrait total israélien de Gaza. Ce que refuse Israël.
Sur environ 250 personnes enlevées durant l'attaque, 120 sont toujours retenues en otages à Gaza, dont au moins 41 sont mortes, selon l'armée.
Lundi, l'armée israélienne a poursuivi son offensive terrestre lancée le 7 mai à Rafah, une ville du sud de Gaza et frontalière avec l'Egypte, pour détruire selon elle les derniers bataillons du Hamas.
Des frappes aériennes et des tirs d'artillerie ont visé principalement l'ouest de la ville, selon un témoin. L'offensive terrestre sur Rafah a poussé, selon l'ONU, environ un million de Palestiniens à fuir.
Des frappes et des tirs d'artillerie ont fait six morts dans le camp de Bureij (centre), dix à Khan Younès (sud) et quatre à Zeitoun, un quartier de la ville de Gaza (nord), selon des sources médicales et la défense civile.
«Ce n'est pas une vie», lâche Abdellah Barbakh, un habitant:
Dans les ruines de Khan Younès, le sort s'acharne sur les déplacés palestiniens qui se sont retrouvés submergés par les eaux usées. A l'aide de petits récipients ou de simples bouteilles en plastique, ils tentent lundi d'évacuer les eaux sales et nauséabondes de leurs tentes après la rupture d'une canalisation.
La semaine dernière, 950 camions chargés d'aide venant d'Egypte sont entrés dans Gaza via le point de passage de Kerem Shalom, en Israël, selon un responsable égyptien. Mais selon l'ONU, il faudrait que 500 camions entrent chaque jour pour répondre aux besoins immenses des habitants. (ats/jch)