Suisse
Conseil fédéral

F-35: le chef de l’armée de l’air contredit le Conseil fédéral

F-35: le chef de l’armée de l’air contredit le Conseil fédéral

Berne assure que l’achat du F-35 est incontournable. Pourtant, les doutes montent. Selon plusieurs sources, le chef de l’armée de l’air, Peter Merz, aurait admis lors d’une réunion qu’il existe bien d’autres options.
22.08.2025, 11:5722.08.2025, 12:10

Malgré un surcoût pouvant atteindre 1,3 milliard de francs, le Conseil fédéral reste sur sa ligne: la Suisse achètera le F-35. Le ministre de la Défense, Martin Pfister, juge cet achat «incontournable». Selon son département, sans cet avion, l’espace aérien suisse ne pourra plus être protégé à partir de 2032, date à laquelle la flotte actuelle de F/A-18 aura atteint sa limite d’utilisation.

Pour le Conseil fédéral, il est irréaliste de relancer une procédure d’achat et d’évaluer d’autres avions. Martin Pfister souligne qu’un tel processus durerait environ trois ans, entre appel d’offres, évaluation et décision politique. Cela compromettrait le calendrier prévu pour remplacer les F/A-18.

Bundesrat Martin Pfister, spricht an einer Medienkonferenz ueber den aktuellen Stand der Verhandlungen und das weitere Vorgehen Air2030, am Mittwoch, 13. August 2025, im Medienzentrum Bundeshaus in Be ...
Le conseiller fédéral Martin Pfister affirme que la Suisse est contractuellement tenue de mettre en œuvre l’accord d’armement avec les Etats-Unis.Image: keystone

Prolonger l’utilisation des F/A-18? Ce serait possible

Mais au sein même de la Commission de sécurité du Conseil national, les voix critiques à propos de l’achat du F-35 présenté comme «sans alternative» se multiplient.

Lors d’une séance extraordinaire de cette dernière, le 2 juillet 2025, Peter Merz, chef de l’armée de l’air (57 ans), aurait admis, selon plusieurs membres, que la flotte de F/A-18 pourrait être prolongée «sans problème» de quelques années. Une telle pratique n’est pas rare et existe aussi dans d’autres pays, notamment aux Etats-Unis, rapporte Blick.

Divisionaer Peter Merz, Kommandant.Luftwaffe, spricht zur Dezentalisierungsuebung BERDEZA, am Montag, 31. Maerz 2025, auf dem Flughafen Bern-Belp. An diesem Tag startet und landet die Luftwaffe mit Ka ...
Le chef de l’armée de l’air, Peter Merz, aurait admis que la flotte de F/A-18 pouvait être prolongée «sans problème» de quelques années.Image: keystone

La Commission estime qu’un budget de 800 millions à 1 milliard de francs suffirait pour prolonger la flotte de F/A-18 d’environ 1000 heures de vol. Cela permettrait de les utiliser jusqu’en 2035, voire 2037. Selon plusieurs membres de la commission, cela donnerait le temps d’examiner de façon approfondie des alternatives européennes au F-35, écrit Blick.

Colère et critiques

L’un des membres estime: «On aurait largement le temps d’examiner une alternative européenne.» Les critiques contre la position du Conseil fédéral grandissent aussi dans le débat politique. Une élue versée dans les thématiques de sécurité l'assure:

«Dire que l’espace aérien suisse serait sans défense sans le F-35 dès 2032 est évidemment faux»

Un autre membre confie à Blick: «Ça m’énerve quand le Conseil fédéral dit que le F-35 est incontournable. Puis, on découvre que ce n’est pas vrai. Comme pour le prix fixe: que peut-on encore croire?»

Achat maintenu

Malgré des doutes croissants sur la fiabilité des contrats d’armement avec Washington, le Conseil fédéral maintient l’achat du F-35. Le Pentagone vient de repousser la livraison des systèmes Patriot commandés, expliquant que, compte tenu de la situation mondiale, l’Ukraine passait en priorité.

«Comme pour le prix fixe: que peut-on encore croire?»
un membre anonyme de la commission à Blick

Dans les cercles spécialisés en sécurité, la ligne du Conseil fédéral est de plus en plus critiquée. «Il semble vouloir sauver la face et s’accroche obstinément au plan A», confie un élu à Blick. Pour ses détracteurs, il serait temps de revoir la stratégie, y compris en envisageant des alternatives européennes.

(les)

Le crash impressionnant d’un avion F-35 en Alaska
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Ce Romand fait face aux criminels de guerre depuis 25 ans
Le juriste vaudois Guénaël Mettraux vient de participer à la condamnation historique aux Pays-Bas de l’ex-président kosovar Hashim Thaçi pour crimes de guerre. Il vise désormais un siège à la Cour pénale internationale. Une étape de plus dans son riche parcours international commencé il y a 25 ans.
Certaines vocations naissent tôt. Enfant, Guénaël Mettraux se délectait déjà de livres consacrés au procès de Nuremberg dans une édition rare que possédait son père, imprimeur. Une anecdote qu’il a racontée au soussigné lors d'une interview en 2005, alors qu’il était avocat au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. 21 ans plus tard, le Vaudois se trouve de l’autre côté du prétoire. Et pas pour n’importe quelle affaire.
L’article