Le président américain Joe Biden a présenté vendredi soir un nouveau plan de paix pour Gaza. Il a été élaboré par les Etats-Unis en collaboration avec d'autres pays médiateurs comme l'Egypte ou le Qatar.
Les Etats-Unis estiment qu'«il est temps de mettre fin à la guerre à Gaza». Joe Biden, tout comme son secrétaire d'Etat Antony Blinken, a appelé Israël et le Hamas à accepter la proposition. La Maison-Blanche a réitéré son appel tôt lundi matin. John Kirby, porte-parole du Conseil national de sécurité, a déclaré attendre fermement d'Israël que le gouvernement de Netanyahou accepte le plan de paix si le Hamas assurait sa signature dans le même temps.
Les autres médiateurs demandent eux aussi aux belligérants d'accepter la proposition. Le Royaume-Uni et les Nations Unies se sont exprimés dans le même sens.
La proposition élaborée par les Etats médiateurs prévoit trois phases destinées à mettre un terme à la guerre dans la bande de Gaza.
En Israël, les réactions sont très diverses. Plus de 100 000 personnes ont manifesté dans les rues du pays durant le week-end pour l'acceptation du plan de paix. Cela fait des semaines que de tels rassemblements ont lieu pour exiger une solution immédiate afin de libérer les otages israéliens à Gaza.
Mais tout le monde ne voit pas la situation du même œil. Deux membres de la coalition gouvernementale israélienne, Bezalel Smotrich, ministre israélien des Finances, et Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité publique, ont menacé de démissionner si Israël mettait fin à la guerre maintenant.
Les deux politiciens, classés à l'extrême droite et engagés religieusement, estiment que la guerre se terminerait sans qu'Israël ait atteint ses objectifs, c'est-à-dire l'anéantissement total du Hamas. Itamar Ben-Gvir a écrit sur le réseau X qu'un retrait de Gaza signifierait une «victoire pour le terrorisme» et une «défaite totale» pour Israël.
D'autres politiciens ont en revanche assuré Netanyahou de leur soutien si l'accord était accepté. C'est notamment le cas du président Isaac Herzog. Ce dernier a remercié Joe Biden dimanche pour ses efforts et a affirmé qu'il avait assuré Netanyahou et le gouvernement de son «soutien total pour un accord qui conduira à la libération des otages». Il explique que selon la tradition juive, il n'y a pas de plus grand devoir que de sauver des prisonniers, «surtout lorsqu'il s'agit de civils que l'Etat d'Israël n'a pas pu défendre».
Le Premier ministre se trouve face à un dilemme: d'une part, la pression internationale et celle de ses propres citoyens poussent à une acceptation de l'accord. Mais des problèmes de politique intérieure se profilent s'il accepte le deal.
Le Hamas s'est montré disposé à examiner le deal, transmis via l'intermédiaire du Qatar, et l'a jugé «positif» sur le principe. Un cessez-le-feu, le retrait de l'armée israélienne, la reconstruction et l'échange de prisonniers sont des points qui satisfont l'organisation, a expliqué un porte-parole du Hamas au Liban.
Malgré ces déclarations, le Hamas est-il réellement prêt à accepter l'accord? Selon des informations du Wall Street Journal, le chef du Hamas, Yahya Sinwar, aurait indiqué au sein de ses réseaux n'être prêt à un accord que si celui-ci garantit la survie du Hamas en tant que force politique et armée à Gaza.
Cela représente un conflit d'intérêts fondamental: l'un des objectifs déclarés et non-négociables d'Israël pour signer l'accord est la dissolution du Hamas. Benyamin Netanyahou a souligné à ce sujet dimanche:
Le monde attend désormais la prise de position du Hamas. Tard dimanche, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken s'est entretenu au téléphone avec le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant et le membre du cabinet de guerre Benny Gantz afin de promouvoir l'accord.
Antony Blinken a félicité Israël des pas effectués en direction de la signature, précisant que les Etats-Unis estimaient que l'accord de paix serait bénéfique «pour les intérêts sécuritaires à long terme d'Israël». Il a en outre également souligné que le Hamas devrait accepter l'accord «sans délai».
Traduit et adapté de l'allemand par Léa Krejci