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Gaza: la paix va-t-elle être signée? Le point sur la situation

Benyamin Netanyahou, premier ministre israélien, et Yahya Sinwar, chef du Hamas, vont-il accepter de signer l'accord?
Benyamin Netanyahou, premier ministre israélien, et Yahya Sinwar, chef du Hamas, vont-il accepter de signer l'accord?keystone

Est-on sur le point de signer la paix à Gaza? Ce qu'il faut savoir

Plusieurs Etats médiateurs ont présenté un plan de paix à Israël et au Hamas. Les Etats-Unis insistent pour que les deux parties signent. Mais en Israël, l'accord est loin de plaire à tout le monde et le Hamas pourrait réserver des surprises.
03.06.2024, 11:58
Nico Conzett
Nico Conzett
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La situation actuelle

Le président américain Joe Biden a présenté vendredi soir un nouveau plan de paix pour Gaza. Il a été élaboré par les Etats-Unis en collaboration avec d'autres pays médiateurs comme l'Egypte ou le Qatar.

Les Etats-Unis estiment qu'«il est temps de mettre fin à la guerre à Gaza». Joe Biden, tout comme son secrétaire d'Etat Antony Blinken, a appelé Israël et le Hamas à accepter la proposition. La Maison-Blanche a réitéré son appel tôt lundi matin. John Kirby, porte-parole du Conseil national de sécurité, a déclaré attendre fermement d'Israël que le gouvernement de Netanyahou accepte le plan de paix si le Hamas assurait sa signature dans le même temps.

Les autres médiateurs demandent eux aussi aux belligérants d'accepter la proposition. Le Royaume-Uni et les Nations Unies se sont exprimés dans le même sens.

Le contenu de l'accord

La proposition élaborée par les Etats médiateurs prévoit trois phases destinées à mettre un terme à la guerre dans la bande de Gaza.

  • 1ère phase: une trêve de six semaines, «complète et générale» selon Joe Biden. Pendant cette période, l'armée israélienne (Tsahal) se retirerait des zones peuplées de la bande de Gaza. Dans le même temps, l'aide humanitaire serait renforcée et une première série d'otages israéliens – les femmes, les blessés, et les personnes âgées – seraient échangés contre des prisonniers palestiniens.
  • 2e phase: au cours de cette phase, tous les otages israéliens encore en vie doivent enfin être libérés, y compris les hommes en âge de se battre. La trêve serait alors transformée en une «cessation permanente des hostilités». Les circonstances exactes de ce cessez-le-feu seraient négociées durant la trêve de la 1ère phase.
  • 3e phase: Israël doit récupérer les dépouilles des otages qui ont perdu la vie à Gaza pendant leur captivité. En outre, un plan de reconstruction pour la bande de Gaza, subventionné par les Etats-Unis et d'autres aides internationales, entrerait en vigueur. Les habitations, les écoles et les hôpitaux sont particulièrement concernés par ce plan de reconstruction.

La réaction d'Israël

En Israël, les réactions sont très diverses. Plus de 100 000 personnes ont manifesté dans les rues du pays durant le week-end pour l'acceptation du plan de paix. Cela fait des semaines que de tels rassemblements ont lieu pour exiger une solution immédiate afin de libérer les otages israéliens à Gaza.

Mais tout le monde ne voit pas la situation du même œil. Deux membres de la coalition gouvernementale israélienne, Bezalel Smotrich, ministre israélien des Finances, et Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité publique, ont menacé de démissionner si Israël mettait fin à la guerre maintenant.

FILE - Israel's National Security Minister Itamar Ben-Gvir attends the weekly cabinet meeting in Jerusalem, Sunday, Sept. 10, 2023. Far-right National Security Minister Itamar Ben-Gvir visited Je ...
Itamar Ben-Gvir.Image: keystone

Les deux politiciens, classés à l'extrême droite et engagés religieusement, estiment que la guerre se terminerait sans qu'Israël ait atteint ses objectifs, c'est-à-dire l'anéantissement total du Hamas. Itamar Ben-Gvir a écrit sur le réseau X qu'un retrait de Gaza signifierait une «victoire pour le terrorisme» et une «défaite totale» pour Israël.

Finance Minister Bezalel Smotrich speaks at the Knesset, Israel's parliament, in Jerusalem, Monday, July 10, 2023. (AP Photo/Maya Alleruzzo)
Bezalel Smotrich
Bezalel Smotrich.Image: keystone

D'autres politiciens ont en revanche assuré Netanyahou de leur soutien si l'accord était accepté. C'est notamment le cas du président Isaac Herzog. Ce dernier a remercié Joe Biden dimanche pour ses efforts et a affirmé qu'il avait assuré Netanyahou et le gouvernement de son «soutien total pour un accord qui conduira à la libération des otages». Il explique que selon la tradition juive, il n'y a pas de plus grand devoir que de sauver des prisonniers, «surtout lorsqu'il s'agit de civils que l'Etat d'Israël n'a pas pu défendre».

Le Premier ministre se trouve face à un dilemme: d'une part, la pression internationale et celle de ses propres citoyens poussent à une acceptation de l'accord. Mais des problèmes de politique intérieure se profilent s'il accepte le deal.

La réaction de Hamas

Le Hamas s'est montré disposé à examiner le deal, transmis via l'intermédiaire du Qatar, et l'a jugé «positif» sur le principe. Un cessez-le-feu, le retrait de l'armée israélienne, la reconstruction et l'échange de prisonniers sont des points qui satisfont l'organisation, a expliqué un porte-parole du Hamas au Liban.

Malgré ces déclarations, le Hamas est-il réellement prêt à accepter l'accord? Selon des informations du Wall Street Journal, le chef du Hamas, Yahya Sinwar, aurait indiqué au sein de ses réseaux n'être prêt à un accord que si celui-ci garantit la survie du Hamas en tant que force politique et armée à Gaza.

FILE - Yahya Sinwar, head of Hamas in Gaza, chairs a meeting with leaders of Palestinian factions at his office in Gaza City, Wednesday, April 13, 2022. The Hamas officials are accused by the ICC of p ...
Yahya Sinwar.keystone

Cela représente un conflit d'intérêts fondamental: l'un des objectifs déclarés et non-négociables d'Israël pour signer l'accord est la dissolution du Hamas. Benyamin Netanyahou a souligné à ce sujet dimanche:

«L'idée qu'Israël acceptera un cessez-le-feu avant que ces conditions ne soient remplies est une folie»
Benyamin Netanyahou

L'influence américaine

Le monde attend désormais la prise de position du Hamas. Tard dimanche, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken s'est entretenu au téléphone avec le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant et le membre du cabinet de guerre Benny Gantz afin de promouvoir l'accord.

United States Secretary of State Antony Blinken arrives to address the media prior to a meeting of NATO foreign ministers at the Czernin Palace, in Prague, Friday, May 31, 2024. (AP Photo/Petr David J ...
Antony Blinken.Keystone

Antony Blinken a félicité Israël des pas effectués en direction de la signature, précisant que les Etats-Unis estimaient que l'accord de paix serait bénéfique «pour les intérêts sécuritaires à long terme d'Israël». Il a en outre également souligné que le Hamas devrait accepter l'accord «sans délai».

Traduit et adapté de l'allemand par Léa Krejci

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Video: watson
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