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Les incendies en Europe sont d'ampleur historique. La preuve en chiffres

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Image: Keystone/Watson

L'Europe brûle, et ce n'est pas une métaphore: Les incendies qui ravagent le sud du continent ont une ampleur historique. De nouvelles données permettent d'y voir plus clair. Démonstration.



Depuis fin juillet, les nouvelles alarmistes se succèdent: l'Europe du sud «est en flammes», la Grèce et la Turquie vivent leurs «pires incendies depuis des décennies», dont l'ampleur est «historique».

Des données publiées par le Système européen d'information sur les feux de forêt (EFFIS) montrent qu'il ne s'agit pas d'une métaphore. Cette organisation, qui s'occupe de surveiller les feux de forêt en Europe et d'en informer les autorités, a dressé une liste des incendies qui ravagent le continent depuis le début de l'année, ainsi que des hectares partis en fumée. Ces valeurs sont ensuite comparées avec la moyenne enregistrée sur la période 2008-2020. Le résultat est très instructif.

La situation en Turquie

Pour le président Recep Tayyip Erdogan, cela ne fait aucun doute: Les incendies qui ravagent la Turquie depuis le 28 juillet sont «les pires de son histoire». Les données dont on dispose ne permettent pas de démontrer cette affirmation, mais une chose est sûre: Il s'agit des feux de forêt les plus destructeurs des 12 dernières années.

Cela est évident si l'on regarde la quantité d'hectares partis en fumée depuis le début de l'année, illustrée ci-dessous. En l'espace de sept jours, du 22 au 29 juillet, la surface brûlée a quintuplé:

Même avant ce bond spectaculaire, la surface brûlée depuis le début de l'année était déjà importante. En l'espace de huit mois, de janvier à août 2021, 137 880 hectares sont partis en fumée dans le pays. C'est 3 fois plus que la quantité annuelle moyenne observée entre 2008 et 2020.

Le nombre d'incendies qui se sont déclarés depuis janvier est tout aussi exceptionnel, comme le montre le graphique ci-dessous. Pourtant, leur nombre était déjà impressionnant avant le mois de juillet. Cela laisse supposer deux choses:

  1. Toute l'année est exceptionnelle, pas seulement les dernières semaines.
  2. Les incendies actifs depuis juillet ont été extrêmement puissants.

Seuls les feux «de grande ampleur», qui font plus de 30 hectares (30 000 mètres carrés, soit plus de 4 terrains de foot), sont pris en considération dans ce graphique.

La situation en Grèce

Les graphiques relatifs à la Grèce montrent une tendance similaire. Du Péloponnèse à la ville d'Athènes, en passant par l'île d'Eubée, les feux se multiplient dans le pays. Le graphique suivant, relatif à la surface consommée par les flammes, rend l'ampleur de la catastrophe:

Tout comme en Turquie, la Grèce est en train de vivre une année exceptionnelle en termes de feux de forêts. Les brasiers actifs depuis fin juillet semblent, de nouveau, être particulièrement violents.

Plus de 56 000 hectares ont été ravagés ces dix derniers jours dans le pays, contre 1700 brûlés en moyenne sur la même période entre 2008 et 2020.

La situation en Europe

Et dans le reste du continent? Les données montrent une évolution similaire et permettent de confirmer l'exceptionnalité de cette saison des incendies. Tant au niveau du nombre de feux que, surtout, de leurs conséquences directes.

Que retenir de tout ça?

Les feux ont fortement augmenté cette année et, depuis la fin juillet, ils brûlent avec une intensité impressionnante. Autrement dit, plus encore que le nombre d'incendies, c'est leur puissance destructrice qui saute à l'oeil. Ce qui semble confirmer ce que les climatologues répètent depuis quelques semaines.

Pour que le feu se propage, il faut avoir des conditions climatiques propices. Elles résultent d'une combinaison entre des températures très chaudes et des conditions très sèches. Des vents élevés peuvent augmenter le risque.

Ces conditions sont actuellement réunies dans les zones touchées, et ce n'est pas un hasard, rappelait récemment la climatologue vaudoise Sonia Seneviratne: A cause du réchauffement climatique, ces phénomènes ont lieu plus souvent.

Les incendies en images:

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Les incendies en Grèce et Turquie
source: sda / yannis kolesidis
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