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Guerre contre l'Ukraine

Ukraine: Poutine prend un sacré risque en attaquant le blé

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Poutine prend un sacré risque en attaquant si près de l'Otan

Des missiles russes se sont abattus près de la frontière roumaine, membre de l'Otan. Pourquoi les Russes prennent-ils un tel risque? La raison est simple: le blé. Pendant ce temps, Kiev réorganise sa stratégie d'exportation.
18.08.2023, 09:2218.08.2023, 09:27
Paul Flückiger, gdansk / ch media
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De la tôle ondulée, tordue et des montagnes de céréales brûlées. C'est à cela que ressemblait, mercredi matin, le port de la petite ville ukrainienne de Reni. Il n'y a pourtant que 200 mètres de distance entre cet endroit et la frontière roumaine, en traversant le Danube, mais les Russes n'ont pas été effrayés par une éventuelle confrontation avec ce membre de l'Otan.

Rappelons que l'article 5 du traité de l'Otan est limpide:

«Si l'un des pays de l'Otan est attaqué, alors tous les pays de l'Otan sont attaqués»

En clair, si un missile venait à frapper la Roumanie par erreur, c'est l'ensemble de l'Otan qui pourrait répliquer face à Poutine.

Mais cela ne semble pas avoir effrayé le Kremlin. Dans la nuit de mardi à mercredi, l'armée russe a envoyé au moins 13 drones iraniens Shahed et onze missiles de croisière dans cette région jusqu'à présent calme, située au carrefour de l'Ukraine, de la Moldavie et de la Roumanie.

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Attaquer les céréales

Le but? Détruire l'infrastructure ukrainienne d'exportation de céréales et priver ainsi Kiev de la possibilité de vendre ses céréales. Une action doublement répréhensible, car au-delà de l'attaque sur la nourriture et l'économie ukrainienne, Moscou met en difficulté les acheteurs de céréales. Parmi eux, plusieurs pays africains qui risquent la famine.

Après la dénonciation par la Russie de l'accord d'exportation de céréales en mer Noire négocié, par l'ONU et la Turquie à l'été 2022, le Danube s'est imposé comme une alternative sûre permettant à Kiev d'exporter son blé via l'Europe centrale. Le fleuve prend sa source dans le sud de l'Allemagne, puis passe par l'Autriche, la Hongrie, les Balkans et la Roumanie, où il sert de frontière avec l'Ukraine sur quelques dizaines de kilomètres avant de se déverser dans la mer Noire.

Les petits ports fluviaux ukrainiens d'Izmaïl et de Reni, ont connu des taux de croissance énormes ces derniers mois. Avant la guerre, ces ports étaient utilisés par les petits producteurs de céréales ukrainiens qui ne pouvaient pas se permettre le transport coûteux et massif par la mer Noire. Mais depuis l'invasion et particulièrement la dénonciation de l'accord à la mi-juillet, c'est une quantité massive de la production de blé ukrainien qui est exportée via ces deux ports.

La stratégie du Danube

Mercredi soir, l'attaque russe sur le port de Reni n'a fait aucune victime. Il y a trois semaines, sept dockers ont été blessés lors d'une attaque de drones sur Reni et Izmaïl qui a duré quatre heures. Des débris de drones détruits par les Ukrainiens se sont écrasés du côté roumain de la frontière. Mercredi à Reni, une colonne de feu provoquée par une explosion était visible jusqu'à la ville portuaire roumaine de Galati, située à 22 kilomètres.

Selon des experts en logistique ukrainiens et roumains, l'Ukraine pourrait exporter jusqu'à 50% de ses céréales par le Danube. Près de 50% supplémentaires devraient être transportés par voie terrestre via la Roumanie, la Hongrie, la Slovaquie et la Pologne.

Dans ces deux derniers pays, le blé ukrainien est souvent mélangé à la production locale et vendu à un prix inférieur, ce qui provoque la colère des paysans locaux.

Les élections en Slovaquie et en Pologne auront lieu à l'automne, ce qui fait de l'exportation de céréales ukrainiennes un thème de campagne. Le gouvernement populiste de Jaroslaw Kaczynski , pourtant un soutien sans faille de l'Ukraine face à Moscou, ne cesse de s'y opposer.

Pour la première fois depuis le blocus russe complet des trois ports ukrainiens de la mer Noire, Odessa, Pivdenne et Tchornomorsk, il y a un mois, un navire a quitté mercredi le port d'Odessa pour emprunter un corridor d'évacuation humanitaire. Le porte-conteneurs «Joseph Schulte», battant pavillon de Hong Kong, a quitté la plus grande ville portuaire ukrainienne avec plus de 2100 conteneurs, dont des denrées alimentaires.

Traduit et adapté par Noëline Flippe

La catastrophe du barrage Kakhovka en images
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