DE | FR
Natalia (droite) et sa mère Dina (gauche) après être arrivées de Marioupol à un point d'évacuation à Zaporizhzhia, en Ukraine, le 2 mai 2022.
Natalia (droite) et sa mère Dina (gauche) après être arrivées de Marioupol à un point d'évacuation à Zaporizhzhia, en Ukraine, le 2 mai 2022.Image: EPA

Les civils évacués de Marioupol: «J'avais peur que le bunker s'effondre»

L'évacuation des civils reclus sous terre à Marioupol a commencé. Après avoir été enfermée pendant des semaines, Natalia Usmanova raconte l'horreur des bombes et de la vie souterraine.
02.05.2022, 15:2502.05.2022, 17:55
Suivez-moi

En résumé👇

  • Une centaine de personnes ont été évacuées d'une aciérie assiégée dans la ville de Marioupol, dans le sud du pays.
  • Les personnes évacuées devraient arriver dans la ville de Zaporizhzhia plus tard dans la journée de lundi.
  • Natalia, évacuée de l'usine, raconte qu'elle n'a pas vu la lumière du jour depuis deux mois.
  • Le président Zelensky a déclaré qu'il espérait que d'autres évacuations pourraient avoir lieu.

L'évacuation a commencé

Dimanche soir, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé que l'évacuation de l'usine Azovstal, dans le port assiégé de Marioupol, avait commencé.

«Le premier groupe d'environ 100 personnes se dirige déjà vers la zone contrôlée. Demain, nous les rencontrerons à Zaporizhzhia»
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dimanche après-midi

Selon TF1 Info, le régiment Azov, la force armée ukrainienne qui défend la dernière poche de résistance à Marioupol, avait indiqué d'abord que «20 civils, des femmes et des enfants» avaient pu être évacués. Les autorités russes avaient donné le chiffre de 40 civils, dimanche en milieu de journée.

De son côté, le secrétaire général de l’Organisation des nations unies (ONU), Antonio Guterres, a affirmé que l'organisation faisait «tout son possible» pour évacuer les civils coincés dans «l'apocalypse» de Marioupol.

«Nous n'avions pas vu le soleil pendant si longtemps»

Natalia Usmanova faisait partie des dizaines de civils évacués de l'usine de Marioupol. Selon The Guardian, Usmanova, 37 ans, s'est exprimée dimanche après avoir été évacuée.

Recroquevillée dans le réseau tentaculaire de bunkers souterrains, sous l'immense aciérie d'Azovstal, Natalia a senti son cœur s'arrêter lorsque les bombes russes se sont abattues sur Marioupol. «Je craignais que le bunker ne résiste pas, j'avais une peur terrible», a-t-elle déclaré.

«Lorsque le bunker a commencé à trembler, j'étais hystérique. J'avais tellement peur que le bunker s'effondre»

Elle se souvient aussi du manque d'oxygène dans les abris et de la peur constante. «Nous n'avions pas vu le soleil pendant si longtemps», a-t-elle dit, s'exprimant dans le village de Bezimenne, dans une zone de Donetsk sous le contrôle des séparatistes soutenus par la Russie, à environ 30 kilomètres à l'est de Marioupol.

Selon BBC News, les personnes évacuées de Marioupol décrivent une ville «anéantie». Nadia, évacuée elle aussi en même temps que Natalia, qualifie «d'incompréhensible» le fait qu'une ville entière ait été «anéantie», affirmant que des rues entières n'existaient plus.

«Pour la première fois depuis le début de la guerre, ce couloir indispensable a commencé à fonctionner», a déclaré de son côté Volodymyr Zelenskiy dans une allocution publiée sur Telegram. Le président ukrainien espère que les évacuations se poursuivraient lundi.

Jusqu'à 100 000 personnes se trouveraient encore dans le blocus de Marioupol. Parmi elles, et selon The Guardian, jusqu'à 1000 civils et quelque 2000 combattants ukrainiens seraient retranchés sous l'aciérie d'Azovstal, seule partie de la ville non occupée par les Russes.

Vidéo: watson

Un requin blanc attaque un bateau familial

L'actu' internationale, jour et nuit, c'est par ici:

Une gardienne de prison offre la liberté à son détenu préféré

Link zum Artikel

Moscou va montrer toute la force de l'armée russe pour célébrer le 9 Mai

Link zum Artikel

Le chanteur Bono du groupe U2 a chanté sur le quai d'un métro à Kiev

Link zum Artikel

Le G7 hausse le ton et s'engage à ne plus acheter de pétrole russe

Link zum Artikel

Un acteur de Sex Education devient le nouveau Docteur Who

Link zum Artikel
Montrer tous les articles
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Zelensky et l'Ukraine peuvent-ils nous lasser? «Oui, assurément»
Après avoir été ovationné par les plus puissants parlements du monde, le président ukrainien a donné, le 11 mai dernier, une conférence dans l'enceinte plus modeste de Science-Po Paris. Faut-il y voir un début d'essoufflement dans la méthode Zelensky? Combien de temps le héros de la démocratie, devenu un as de la communication, va-t-il pouvoir incarner efficacement la cause ukrainienne?

L'exercice est franchement casse-gueule, tellement le sujet semble intangible. Les Ukrainiens slaloment entre les bombes russes et les cadavres familiers depuis bientôt trois mois et voilà qu'on esquisse l'éventualité, bien au sec sous notre dôme caniculaire, d'un essoufflement de la méthode Zelensky. Celle qui consiste à repousser l'assaillant (et l'oubli) par la force du verbe, de la bande passante, et du grand écran. Pour se lancer à pleine vitesse dans une analyse de performance, comme le ferait sans bégayer un commentateur sportif avec un runner ordinaire à mi-course, il faut un argument. Le président ukrainien nous l'a servi récemment sur un plateau: sa stratégie a évolué.

L’article