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Manifestations en Iran: le pouvoir vacille

Manifestation dans le sud de l'Iran contre le régime des mollahs.
Une image d'une manifestation dans le sud de l'Iran contre le régime des mollahs.Image: AFP

L'Iran pourrait voir émerger son «Napoléon» d'ici deux mois

Face à une colère grandissante, le président de la République islamique d'Iran a fait un aveu cinglant. L'histoire de la Révolution de 1978-1979 est-elle en train de se répéter?
08.01.2026, 11:5608.01.2026, 15:04
Michael Wrase / ch media

La colère des habitants contre le régime est immense. Particulièrement dans l'ouest du pays, où la pauvreté est la plus forte, de plus en plus d'Iraniens descendent dans les rues.

La relative retenue observée dans les mégapoles de Téhéran, Ispahan et Chiraz a depuis longtemps disparu dans les provinces. Là-bas, les forces des mollahs tentent de réprimer les manifestations avec une brutalité sans merci. Selon des organisations de défense des droits humains, au moins 38 personnes ont été tuées, plus de 200 blessées et plus de 1200 Iraniens ont été arrêtés.

Vers un possible renversement

Sur les réseaux sociaux circulent des informations suggérant que la ville pétrolière d'Abadan, ainsi que plusieurs villes majoritairement peuplées de Kurdes, d'Azerbaïdjanais et de Lurs, seraient désormais sous le contrôle du mouvement de protestation. La police et l'armée y auraient changé de camp. Ces informations restent toutefois difficiles à vérifier à l'heure actuelle.

Abadan.
carte: watson

Face à la situation extrêmement explosive dans son pays, Reza Pahlavi, fils du Chah vivant aux Etats-Unis, a appelé la population iranienne à descendre «en masse» dans les rues ce jeudi et ce vendredi à partir de 20h. Il a ajouté que d'autres «appels à l'action» suivraient.

Dans son appel diffusé sur Internet, Reza Pahlavi a donné une impression de grande énergie. Reste toutefois incertain s'il peut se qualifier, par ses interventions de plus en plus dynamiques, comme successeur des mollahs. Pahlavi est actuellement considéré comme le candidat privilégié par les Etats-Unis et Israël, et bénéficie d'un soutien massif sur les réseaux sociaux, avec des dizaines de milliers de publications à son sujet.

Le fils du Shah, Reza Pahlavi, veut diriger l'Iran.
Le fils du Shah, Reza Pahlavi, veut diriger l'Iran.Image: Keystone

Le souhait d'un leader fort

L'expert économique iranien Saeed Laylaz a déclaré, dans un entretien avec la chaîne Euronews:

«La situation des habitants en Iran se détériore chaque jour, tant sur le plan matériel que psychologique»

La population espère ainsi l'émergence d'une sorte de «Napoléon Bonaparte» capable de remettre le pays sur les rails.

Face à une inflation de 55%, ce que souhaitent surtout les Iraniens, c'est l'efficacité. Selon Laylaz, ce «Bonapart» pourrait même venir des rangs du régime, à condition que les dirigeants actuels démissionnent. Après tout, des pays comme l'Arabie saoudite, l'Egypte ou la Russie sont eux aussi dirigés par des leaders forts.

Carte localisant les dizaines de villes iraniennes où des actions de contestation ont été recensées entre le 28 décembre 2025 et le 4 janvier 2026 selon différentes sources, annonces et médias officie ...
Carte localisant les dizaines de villes iraniennes où des actions de contestation ont été recensées entre le 28 décembre 2025 et le 4 janvier 2026, selon différentes sources, annonces et médias officiels compilés.infographie: JULIE PEREIRA / AFP

Une contestation jusqu'aux bases du régime

Selon l'expert, un changement politique fondamental devrait se produire dans les deux prochains mois. Selon le service persan de la BBC, la population descend dans les rues de plus de 50 grandes villes iraniennes.

Parmi elles figurent également les villes saintes chiites de Qom et de Mechhed, traditionnellement considérées comme extrêmement loyales envers la République islamique. Sina Azodi, directeur des études sur le Moyen-Orient à l'université George Washington, a déclaré à la BBC:

«Les troubles dans ces villes sont très révélateurs et prouvent que même la base de soutien du gouvernement s'érode en raison de la situation économique catastrophique.»
Carte Iran.
carte: watson

L'aveu d'impuissance du président

Face à la situation qui se détériore, le président iranien semble dépassé. Dans un discours mardi soir, Masoud Pezeshkian a admis que la situation économique échappait au contrôle de son gouvernement.

Les tentatives pour freiner l'inflation galopante étaient vouées à l'échec, «car imprimer davantage de monnaie aggraverait encore les souffrances des plus démunis», a-t-il reconnu avec une franchise remarquable. Il a ajouté:

«Nous, Iraniens, devons maintenant nous serrer encore davantage la ceinture»

Il est en revanche peu probable que plus de 90 millions d'Iraniens soient prêts à le faire. Lors du week-end précédent, lorsque le rial iranien est tombé à un niveau historique de 1,46 million de rials pour un dollar, ils sont descendus dans les rues en masse pour la première fois depuis longtemps. Douze jours plus tard, les manifestations à l'échelle nationale se sont encore intensifiées.

Le président iranien, Masoud Pezeshkian.
Le président iranien, Masoud Pezeshkian.Image: Imago

Une possible répétition de l'histoire en vue

Le mardi, le Grand Bazar de Téhéran, lieu chargé de symboles historiques, a été le théâtre de violents affrontements avec la police pour la première fois. Ces incidents ont suivi un sit-in pacifique des commerçants, accusés par le gouvernement d'avoir aggravé la crise d'approvisionnement en Iran en stockant des denrées de première nécessité.

L'Etat iranien ne peut en réalité pas se permettre un conflit avec les commerçants du bazar: ce sont en effet eux qui, lors de la Révolution islamique de 1978, ont déclenché la chute du Chah de Perse par des semaines de grèves. A l'époque, le point de départ se trouvait dans la province pétrolière du Khouzistan, à la frontière avec l'Irak, où de graves émeutes avaient éclaté après un incendie dans un cinéma d'Abadan ayant fait 400 morts.

Ici, une enseigne à l'effigie du guide suprême Ali Khamenei est incendiée, a Téhéran.
Ici, une enseigne à l'effigie du guide suprême Ali Khamenei est incendiée, a Téhéran.Image: capture d'écran X

Traduit et adapté par Noëline Flippe

Des manifestations, en Iran et ailleurs
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Des manifestations, en Iran et ailleurs
Des Iraniennes tiennent des photos de Mahsa Amini, les mains peintes en rouge, lors d'une manifestation devant le consulat d'Iran suite à la mort de Mahsa Amini, à Istanbul, en Turquie, le 17 octobre 2022.
source: epa / sedat suna
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Des pluies déclenchent des torrents rouge sang en Iran
Video: watson
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