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En Iran, les réseaux sociaux sont bloqués et 17 personnes sont décédées

People clash with police during a protest following the death of Mahsa Amini, in Tehran, Iran, 21 September 2022.
Des personnes se heurtent à la police lors d'une manifestation suite à la mort de Mahsa Amini, à Téhéran, en Iran, le 21 septembre 2022.Image: Keystone

En Iran, les réseaux sociaux sont bloqués et 17 personnes ont perdu la vie

Depuis le décès, la semaine dernière à Téhéran, de Mahsa Amini, la colère gronde dans le pays. La jeune femme a été battue à mort par la police, parce que son voile était trop court.
22.09.2022, 21:2323.09.2022, 11:21
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Les autorités en Iran ont bloqué l'accès à Instagram et WhatsApp après six jours de protestations contre la mort de Mahsa Amini, arrêtée par la police des moeurs. Au moins 17 personnes, dont des manifestants et des policiers, ont péri dans la répression, selon le bilan d'un média d'Etat jeudi 22 septembre. Les responsables iraniens ont nié toute implication des forces de sécurité dans la mort des protestataires.

Le bilan risque toutefois d'être bien plus lourd. L'ONG d'opposition Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo, ferait état d'au moins 31 civils tués par les forces de sécurité. Amnesty International a, quant à elle, dénoncé une répression brutale. Elle a fait état «d'un recours illégal aux tirs de grenailles, billes d'acier, gaz lacrymogène, canons à eau et coups de bâton pour disperser les manifestants».

Connexions aux réseaux sociaux perturbées

Depuis le début des manifestations, les connexions sont ralenties. Selon l'agence de presse Fars:

«Depuis mercredi soir, il n'est plus non plus possible d'accéder à Instagram, sur décision des autorités. L'accès à WhatsApp est également perturbé. Cette mesure a été prise à cause des actions menées via ces réseaux sociaux par des contre-révolutionnaires contre la sécurité nationale»

Instagram et WhatsApp étaient les applications les plus utilisées en Iran, depuis le blocage des plateformes comme Youtube, Facebook, Telegram, Twitter et Tiktok ces dernières années. De plus, l'accès à Internet est largement filtré ou restreint par les autorités.

Des experts des droits humains ont jugé:

«Ces perturbations font généralement partie des efforts visant à étouffer la liberté d'expression et à limiter les manifestations»

Les images les plus virales sur les réseaux sociaux sont celles où l'on voit des femmes mettre le feu à leur foulard.

Contre-manifestations et sanctions internationales

Vendredi 23 septembre, à l'appel d'une organisation gouvernementale, des manifestations en faveur du port du voile doivent avoir lieu à travers l'Iran, notamment devant l'Université de Téhéran après la prière hebdomadaire musulmane, selon l'agence officielle Irna. Elle explique:

«Ces manifestations visent à condamner les actions indécentes de quelques mercenaires, qui ont incendié des mosquées et le drapeau sacré iranien, profané le hijab des femmes, détruit des biens publics et porté atteinte à la sécurité»

La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a annoncé des sanctions économiques visant la police des moeurs iranienne et plusieurs responsables de la sécurité pour les «violences contre les manifestants», ainsi que pour le sort de Mahsa Amini.

Les protestations des derniers jours sont parmi les plus importantes en Iran depuis celles de novembre 2019, déclenchées par la hausse des prix de l'essence, en pleine crise économique. Une centaine de villes avaient été touchées par une contestation, sévèrement réprimée. Le bilan officiel est de 230 morts, plus de 300 selon Amnesty International. (ats)

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