Une célébrité menace de se suicider si son nom est révélé
Une célébrité britannique se serait rendue coupable d’inconduite sexuelle envers plusieurs femmes. Mais, lorsque plusieurs médias ont voulu rapporter les accusations, l’homme est intervenu. Il se bat devant la justice pour que son nom ne puisse pas être cité. Et ce, pour toujours.
Devant la Haute Cour de Londres, il a même demandé une injonction provisoire. Son argument: il pourrait, «avec une forte probabilité», se suicider si son identité était révélée. L’affaire paraît absurde, mais les accusations sont graves.
Protection de la vie privée contre intérêt public
Le quotidien national britannique The Guardian et ITN enquêtent depuis 2022: la célébrité aurait utilisé sa notoriété pour nouer des «relations avec de jeunes femmes et des adolescentes» et les pousser à des «actes sexuels inappropriés». Selon la BBC, les journalistes ont parlé à plus de 30 témoins et examiné des messages et des courriels compromettants.
Lorsque l’homme a été sollicité par écrit l’été dernier pour donner sa version des faits, il a tout nié, et a ensuite tenté à deux reprises de mettre fin à ses jours. Pas à cause des accusations en elles-mêmes, a précisé son avocate devant le tribunal, mais en raison de «traumatismes de longue date et de la peur d’un procès médiatique».
Si son nom est rendu public, il pourrait «avec une forte probabilité» faire une nouvelle tentative de suicide. Devant le tribunal, l’homme a même invoqué la Convention européenne des droits de l’homme: droit à la vie, protection contre les traitements dégradants, droit au respect de la vie privée et familiale.
Le Guardian et ITN ont alors répliqué lors de l’audience et fait valoir qu’en raison de la gravité des accusations, il existe un fort intérêt public à la révélation de l'affaire.
Une identité qui questionne
Le juge a pris la menace de l’homme au sérieux. La publication de son nom pourrait peser sur sa vie privée et lui infliger une «souffrance mentale de longue durée». Mais il s’agit néanmoins d’«accusations graves». En ce sens, une injonction provisoire constituerait «une restriction extrêmement grave de la liberté d’expression».
L’homme a ainsi été débouté. Il reste néanmoins anonyme pour l’instant, afin de pouvoir réfléchir, jusqu’au 9 novembre, à un appel. Entre-temps, le juge a prié le public (et surtout internet) de ne pas spéculer sur son identité. Sur les réseaux sociaux, on s’interroge pourtant depuis longtemps à tout-va sur la personne concernée. Mais, officiellement, cela reste interdit. (trad. ysc)
