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Explosion de Beyrouth: les autorités feraient obstruction à l'enquête

Beyrouth explosion
Image: Shutterstock

Explosion de Beyrouth: les autorités feraient obstruction à l'enquête

Le juge indépendant chargé de l'enquête sur l'explosion meurtrière au port de Beyrouth est poursuivi par le procureur général du Liban. Les ONG dénoncent «un coup d'Etat mafieux».
25.01.2023, 21:43

Le procureur général du Liban a décidé de poursuivre le juge Tarek Bitar pour «rébellion contre la justice», et «usurpation de pouvoir» – un fait rare –, ripostant à sa propre mise en accusation sur fond d'un bras de fer judiciaire qui menace d'occulter l'enquête.

Le juge est en outre frappé d'une interdiction de quitter le territoire libanais, a ajouté le procureur général près la Cour de cassation. Tark Bitar est appelé à comparaître jeudi 26 janvier au matin. Selon un responsable judiciaire ayant requis l'anonymat, il refuse de comparaître.

Obstruction à l'enquête

Les autorités libanaises sont accusées par des ONG et les familles des victimes de faire obstruction à l'enquête locale et refusent une enquête internationale.

Pour rappel, Tarek Bitar avait décidé lundi 23 janvier, à la surprise générale, de reprendre son enquête suspendue pendant 13 mois en raison de pressions de la part d'une grande partie de la classe politique, dont le puissant Hezbollah pro-iranien.

Il avait inculpé plusieurs personnalités de haut rang, notamment le procureur général Ghassan Oueidate et deux hauts responsables de la sécurité, une première dans l'histoire du Liban.

«Un coup d'Etat mafieux»

L'avocat Nizar Saghié, directeur de l'ONG juridique libanaise Legal Agenda, a affirmé:

«On est dans un Etat où l'accusé fait la guerre au juge chargé de l'enquête. Il poursuit le juge qui l'a poursuivi il y a deux jours, ce n'est pas possible juridiquement»

Et d'ajouter: «C'est un coup d'Etat mafieux contre ce qu'il reste de la légalité».

L'explosion a été imputée par une grande partie de la population à la corruption et la négligence de la classe dirigeante. Le procureur a également ordonné la libération des 17 personnes détenues sans jugement depuis, parmi lesquelles un ressortissant détenant la double nationalité américaine et libanaise, ainsi que les directeurs des douanes Badri Daher et du port Hassan Koraytem.

Ces trois personnes ne figuraient pas parmi les cinq détenus dont Tarek Bitar avait ordonné la libération lundi, lorsqu'il avait décidé de reprendre l'enquête.

La libération des détenus a provoqué la colère des familles des victimes.

«Le parquet général n'a pas le droit de libérer. C'est de la folie. C'est le juge chargé de l'enquête qui est censé décider de leur libération, et le parquet général qui exécute. Ils font l'inverse»
Cécile Roukoz, une des avocates des familles des victimes, qui a perdu son frère dans l'explosion.

«La décision du juge Ghassan Oueidate de libérer l'ensemble des détenus et les autres initiatives menées par le régime signifient que le Liban est devenu un Etat totalement failli», a estimé de son côté Paul Naggear, qui a perdu sa fille de trois ans, Alexandra, dans l'explosion. (ats)

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