L'Iran a trouvé comment déjouer le Dôme de fer israélien
Les missiles iraniens à sous-munitions posent de nouveaux défis à la défense aérienne israélienne. Selon le Guardian, qui cite les forces armées israéliennes, environ la moitié des missiles tirés depuis le début des frappes américano-israéliennes contre l'Iran auraient été équipés de bombes à fragmentation. Intercepter ces menaces s'avère difficile, même avec les technologies les plus modernes.
Les attaques iraniennes aux bombes à sous-munitions ont jusqu'à présent causé au moins neuf morts et des dizaines de blessés. Elles reflètent un changement de stratégie global de la part de l'Iran, qui révèle apparemment une faille dans le système multicouche de défense antimissile israélien.
Une arme très dangereuse pour les civils
La défense aérienne israélienne est largement considérée comme la plus moderne au monde. Le fameux «Dôme de fer» est en effet conçu pour contrer les menaces à diverses distances, altitudes et vitesses.
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Il est toutefois nettement plus difficile de se défendre contre les armes à sous-munitions que contre un seul missile. Les bombes à sous-munitions sont conçues de façon à ce que de grands engins explosifs puissent contenir des dizaines de sous-dispositifs, lesquels sont ensuite dispersés sur une vaste zone.
Le missile balistique le plus moderne de l'Iran peut vraisemblablement transporter jusqu'à 80 de ces petits projectiles. Et ceux-ci n'explosent pas toujours immédiatement, ce qui en fait un danger supplémentaire pour la population civile.
Footage of a likely cluster-warhead equipped Iranian ballistic missile fired at Israel tonight. pic.twitter.com/OKPFoXAXxV
— OSINTtechnical (@Osinttechnical) March 1, 2026
Une stratégie d'épuisement soupçonnée
Les missiles à sous-munitions devraient, selon des experts en armement, être interceptés aussi loin que possible de leur cible, relaye le Guardian.
Une fois libérées, les sous-munitions deviennent pratiquement impossibles à intercepter, même avec les systèmes antimissiles les plus perfectionnés. Et intercepter le missile balistique en amont ne suffit pas toujours à les neutraliser complètement, ont précisé des responsables israéliens au Guardian.
Le changement de stratégie de l'Iran semble également viser, par le biais des sous-munitions, à épuiser les stocks de missiles d'interception d'Israël: pour intercepter un seul missile à sous-munitions, Israël a en effet besoin de dizaines de missiles coûteux. Israël dément toutefois jusqu'à présent manquer de missiles d'interception, malgré plusieurs rapports en ce sens.
Les sous-munitions sont internationalement proscrites. Une convention de 2008 les concernant en interdit l'emploi aux Etats signataires. Cependant, ni l'Iran ni Israël n'en sont parties contractantes.

