DE | FR

Pourquoi la Nasa va bientôt dévier volontairement un astéroïde

Illustration de la sonde DART, de la NASA, s'approchant de l'astéroïde binaire Didymos-Dimorphos.
Illustration de la sonde DART, de la NASA, s'approchant de l'astéroïde binaire Didymos-Dimorphos.NASA/JOHNS HOPKINS APL/STEVE GRIBBEN
Dans le cadre de sa mission qualifiée de «défense planétaire», la Nasa va dévier de sa trajectoire et ainsi «s'écraser» volontairement. Le but? Se préparer à l'éventualité d'une collision.
07.11.2021, 10:5808.11.2021, 09:14

Dans un peu moins d'un an, un vaisseau de la Nasa va s'écraser volontairement à la surface d'un astéroïde. Son but est de dévier sa trajectoire. Qualifiée de «défense planétaire», cette mission doit permettre à l'humanité d'être parée en cas de menace d'impact.

Une double cible

Bien qu'aucun gros astéroïde connu ne soit actuellement sur une trajectoire de collision, il s'agit de se préparer à cette éventualité. Lindley Johnson, du département de défense planétaire de la Nasa, a expliqué jeudi:

«Nous ne voulons pas nous retrouver dans une position où un astéroïde se dirigerait vers la Terre et où nous devrions tester cette technique»

La mission, baptisée DART (fléchette en anglais et acronyme de Double Asteroid Redirection Test), décollera de Californie à bord d'une fusée Falcon 9 de SpaceX le 23 novembre. Dix mois plus tard, le vaisseau frappera sa cible, alors située à onze millions de kilomètres de la Terre.

La cible est double:

  • D'abord un gros astéroïde, Didymos, qui mesure 780 mètres de diamètre
  • En orbite autour de lui, une lune, Dimorphos, de 160 mètres de diamètre

C'est sur cette lune que le vaisseau, environ cent fois plus petit qu'elle, viendra finir sa course, projeté à une vitesse de
24 000 km/h.

«Lui donner un petit coup»

L'impact projettera des tonnes et des tonnes de matière. Mais «cela ne va pas détruire l'astéroïde. Cela va juste lui donner un petit coup», a détaillé Nancy Chabot, du laboratoire de physique appliquée de l'université Johns-Hopkins, qui conduit la mission en partenariat avec la Nasa.

Ainsi, l'orbite du petit astéroïde autour du gros sera réduite de seulement «environ 1%», a-t-elle expliqué.

«De cette façon, si un jour un astéroïde est découvert sur une trajectoire de collision avec la Terre [...] nous aurons une idée de la force dont nous aurons besoin pour que cet astéroïde manque la Terre»
Andy Cheng, de l'université Johns-Hopkins

«L'orbite autour du Soleil de Didymos, le gros astéroïde, sera légèrement modifiée, du fait de la relation gravitationnelle avec sa lune», a-t-il ajouté. Mais ce changement est «trop petit pour être mesuré. Donc, c'est une expérience très sûre».

Au où cet article vous donnerez des idées...lisez ça 👇

Risque de collision très faible

Un petit satellite fera également le voyage. Il sera lâché par le vaisseau principal dix jours avant l'impact et utilisera son système de propulsion pour dévier légèrement sa propre trajectoire. Trois minutes après la collision, il survolera Dimorphos, afin d'observer l'effet du choc et, possiblement, le cratère à la surface.

Environ 27 000 astéroïdes proches de la planète bleue sont connus à l'heure actuelle. L'astéroïde Bennu, qui mesure 500 mètres de diamètre, est l'un des deux astéroïdes identifiés de notre système solaire posant le plus de risques pour la Terre, selon la Nasa. Mais d'ici à 2300, le risque d'une collision n'est que de 0.057%. (sda/ats/afp)

Plus d'articles Espace

Voilà 5 (très bonnes) raisons de ne pas rêver d'aller dans l'espace

Link zum Artikel

Il est trop facile de pirater un satellite et ça menace Internet

Link zum Artikel

Jeff Bezos se retire d'Amazon pour viser les étoiles

Link zum Artikel

Des cosmonautes s'envolent dans l'espace pour les 60 ans du vol de Gagarine

Link zum Artikel

De l'espace, du jazz et de la terre

Link zum Artikel

L'astronaute Thomas Pesquet décolle et la toile déconne

Link zum Artikel

Comment Thomas Pesquet se fait plaiz avant de s'envoler vers l'ISS

Link zum Artikel

Ça y est! Thomas Pesquet et ses coéquipiers débarquent dans l'ISS

Link zum Artikel
Montrer tous les articles
Comment des femmes ont fini à l'asile pour avoir refusé de faire le ménage
Les femmes ont longtemps été internées à l'hôpital psychiatrique au motif qu'elles étaient seulement un peu plus émancipées que la norme. Qu'en est-il aujourd'hui? Une chercheuse a mené l'enquête.

Temps de lecture: 7 min

L’article