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L'Occident réclame des comptes à Moscou après la mort de Navalny

L'opposant numéro un au Kremlin est décédé dans une prison de l'Arctique dans des circonstances encore incertaines.
L'opposant numéro un au Kremlin est décédé dans une prison de l'Arctique dans des circonstances encore incertaines.Keystone

L'Occident réclame des comptes à Moscou après la mort de Navalny

Les dirigeants occidentaux exigent des réponses de la Russie suite au décès d'Alexeï Navalny, l'opposant numéro un au Kremlin, survenu dans des circonstances encore troubles.
17.02.2024, 11:1719.02.2024, 18:29

Les Occidentaux réclament des comptes samedi à la Russie au lendemain de la mort d'Alexeï Navalny. L'opposant numéro un au Kremlin est décédé dans une prison de l'Arctique dans des circonstances encore incertaines.

Le gouvernement britannique a convoqué les diplomates de l'ambassade de Russie vendredi soir pour leur faire savoir que Moscou serait tenu «pleinement responsable» du décès de M. Navalny. Londres a réclamé une «enquête complète et transparente», à l'instar du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres qui a demandé une investigation «crédible».

Le président américain Joe Biden, «scandalisé», a accusé son homologue russe Vladimir Poutine d'être «responsable de la mort» d'Alexeï Navalny, une «voix puissante pour la vérité», l'Union européenne incriminant, elle, «le régime russe». La Suisse attend qu'une enquête soit ouverte sur les causes de cette mort.

La mort d'Alexeï Navalny dit «la faiblesse du Kremlin et la peur de tout opposant», a estimé le président français Emmanuel Macron à Paris au côté de son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky. D'après ce dernier, il est «évident» que Navalny «a été tué comme des milliers d'autres (...) à cause d'une seule personne, Poutine».

Manifestations

Autant d'accusations que le Kremlin a jugées vendredi «absolument inacceptables», Vladimir Poutine restant silencieux bien qu'informé. «Il n'y a pas encore eu d'examen médico-légal, mais l'Occident a déjà tiré des conclusions», a noté la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova d'après l'agence de presse officielle russe TASS.

Malgré le risque d'arrestation et les mises en garde des autorités de Moscou, des Russes se sont réunis dans plusieurs villes pour déposer des fleurs sur des monuments à la mémoire de dissidents politiques.

Au total, «plus de 101 personnes» ont été interpellées et placées en détention lors de ces rassemblements, principalement dans des grandes villes comme Moscou ou Saint-Pétersbourg, a annoncé samedi l'ONG spécialisée OVD-Info.

De l'Europe aux Etats-Unis, des centaines de personnes se sont également rassemblées vendredi soir pour rendre hommage à l'opposant politique, comme à Varsovie où des manifestants, majoritairement jeunes et pour beaucoup bouleversés, ont scandé «Poutine, assassin» et «Ne jamais oublier, ne jamais pardonner». Des manifestations spontanées ont aussi eu lieu à Zurich et Genève.

Ils étaient aussi plusieurs centaines à Berlin devant l'ambassade russe aux cris de «Poutine meurtrier! Poutine à La Haye!» - ville où siège la Cour internationale de justice - ou encore de l'autre côté de l'Atlantique, devant la représentation permanente de Moscou à Washington.

Communiqué lapidaire

Alexeï Navalny purgeait une peine de 19 ans d'emprisonnement pour «extrémisme» dans une colonie pénitentiaire reculée de l'Arctique, dans des conditions très difficiles. Les procès qui lui avaient été intentés avaient été largement dénoncés comme étant une manière de le punir pour son opposition à Vladimir Poutine.

Les autorités russes n'ont fourni que peu de détails sur les circonstances de sa mort, assurant dans un communiqué lapidaire avoir tout fait pour réanimer l'opposant, un homme à la santé fragilisée par son emprisonnement, un empoisonnement en 2020 et une grève de la faim en 2021.

«Le prisonnier Navalny A.A. s'est senti mal après une promenade et a presque immédiatement perdu connaissance», a dit l'administration pénitentiaire russe de la région arctique de Iamal. «Tous les gestes de réanimation nécessaires ont été pratiqués, mais n'ont pas donné un résultat positif. Les médecins urgentistes ont constaté la mort du patient. Les causes de la mort sont en train d'être établies», a-t-elle précisé.

Sa disparition à 47 ans après trois années de détention prive de sa figure de proue une opposition exsangue, à un mois de la présidentielle qui doit encore cimenter le pouvoir de Vladimir Poutine après des années de répression.

Appel à manifester

La prison n'avait pas entamé la détermination d'Alexeï Navalny. Au cours des audiences de ses procès et dans des messages diffusés par l'intermédiaire de son équipe, il n'a jamais cessé de conspuer Vladimir Poutine.

Dans son procès pour «extrémisme», il avait fustigé «la guerre la plus stupide et la plus insensée du 21e siècle», évoquant l'offensive russe contre l'Ukraine débutée le 24 février 2022. Et dans un message le 1er février diffusé par son équipe, l'opposant avait appelé à des manifestations partout en Russie pendant l'élection présidentielle prévue du 15 au 17 mars. (tib/ats)

Alexeï Navalny (1976-2024)

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Alexeï Navalny (1976-2024)
Navalny assiste à une audience au tribunal de la ville de Moscou, à Moscou, Russie, le 30 mars 2017.
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