France: plus de 779 arrestations après les manifestations
Des centaines de milliers de personnes ont défilé en France pour un troisième samedi consécutif lors de l'«acte III» d'une mobilisation contre la vie chère. Les rassemblements ont donné lieu en fin de journée à des actes de violence dans plusieurs villes, dont Paris.
«Les dispositifs [de sécurité] ont vraiment montré leur robustesse», s'est félicité Laurent Nuñez, le ministre français de l'intérieur, parlant de «violence inouïe».
Il a qualifié de «tentative de meurtre» contre les forces de l'ordre le lancement d'un cocktail Molotov contre un gendarme mobile à Paris, qui a été légèrement blessé.
Les candidats à l'élection présidentielle Marine Le Pen (Rassemblement national, extrême droite) et Bruno Retailleau (Les Républicains, droite) ont dénoncé samedi un geste «insupportable» après la diffusion d'images montrant ce gendarme mobile atteint par les flammes.
Au total, dans la capitale, cinq membres des forces de l'ordre ont été blessés, dont trois par des jets de cocktail Molotov.
Des centaines d'arrestations
À 22h00, 779 personnes ont été arrêtées, à l'échelle nationale, selon le ministère de l'intérieur. Les autorités avaient déployé un dispositif exceptionnel de 70'000 policiers après des appels à la «révolution» ou à «l'insurrection» lancés sur les réseaux sociaux.
L'objectif était d'éviter la répétition des violences et pillages du 17 octobre. Comme la semaine dernière, le gouvernement avait interdit les cortèges dans les centres-villes.
Jean-Luc Mélenchon est le dirigeant de La France insoumise (LFI, gauche radicale) et candidat à la présidentielle d'avril 2027, qui a lui-même défilé dans la manifestation parisienne.
Un total de 320'000 personnes ont été recensées à travers la France, dont 70'000 à Paris, selon les autorités, pour cette troisième journée de manifestations à l'appel des lycéens et étudiants, des gilets jaunes et des syndicats.
Heurts en fin de manifestation
L'intersyndicale de la jeunesse, qui regroupe des syndicats ou des associations représentatives du monde lycéen et étudiant, a, elle, fait état de près d'un demi-million de personnes, dont 200'000 à Paris. Samedi dernier, les autorités avaient dénombré 410'000 manifestants dans le pays et les organisateurs 800'000.
À Paris, sous un soleil radieux, les manifestants ont défilé avec des pancartes «alerte climat de vie chère» ou «on [ne] veut pas passer notre vie à la gagner», sur le seul parcours autorisé par la police dans des quartiers résidentiels de l'est de la ville.
Mais la fin de la manifestation a donné lieu à des heurts avec des jets de projectiles sur les forces de l'ordre qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes.
En ce jour d'Halloween, dans de nombreux cortèges, les déguisements de Spiderman, Frankenstein et du Joker, masques de Batman et chapeaux de pirates s'étaient mêlés aux bannières syndicales ou de LFI et aux drapeaux français, palestiniens.
Nouvelles manifestations annoncées
Aux revendications lycéennes pour plus de moyens dans l'éducation et contre la vie chère s'est ajoutée la dénonciation de la montée du racisme, après un attentat qui a fait un mort et sept blessés le 23 octobre en région parisienne. Le suspect, âgé de 39 ans, a admis avoir «spécifiquement ciblé des personnes [...] de type musulman ou africain ou nord-africain».
Partout en France, les manifestants ont critiqué le gouvernement pour ne pas avoir autorisé les manifestations dans les centres-villes.
Des organisations ont appelé à poursuivre le mouvement, notamment à bloquer lycées et universités mardi et jeudi. Une journée de grève, à l'appel des syndicats, est également prévue jeudi prochain et la coordination des gilets jaunes a appelé à faire «un six-seven populaire» en poursuivant «le mouvement les 6 et 7 novembre».
Cette contestation, née mi-septembre dans les lycées pour réclamer davantage de moyens pour l'éducation, a depuis essaimé en Europe. (dal/ats/afp)
