Deux évènements de la droite radicale interdits en France
«À la demande du ministre de l'Intérieur, au regard des risques de troubles à l'ordre public notamment à la suite de l'attentat de Trappes, le préfet de police et le préfet des Hauts-de-Seine ont pris respectivement des arrêtés d'interdiction» pour le forum organisé samedi au Plessis-Robinson et la manifestation prévue à Paris dimanche, a annoncé jeudi sur le réseau social X un des préfets.
Les organisateurs ont, eux, annoncer déposer un recours devant le Tribunal administratif. Ces interdictions interviennent sur fond d'appels à des contre-manifestations, et au moment où le climat politique se tend considérablement en France, à six mois de l'élection présidentielle.
Ces dernières heures, des organisations de gauche et syndicats ont multiplié les appels à la «mobilisation antifasciste», notamment samedi matin devant la Maison des arts du Plessis-Robinson.
Sur le thème de la remigration d'individus étrangers
Dans cette ville du département des Hauts-de-Seine, devait se tenir cette conférence intitulée: «Remigration: ouvrons le débat», organisée par l'ancien élu du Front national Jean-Yves Le Gallou, et son «Think Tank identitaire» Polémia.
Ce terme de «remigration» est employé par l'extrême droite radicale pour définir sa politique d'expulsion de masse des personnes d'origine étrangère.
Dans son arrêté, le préfet des Hauts-de-Seine a fait valoir ceci:
Le groupe de réflexion Polémia a indiqué dans un communiqué maintenir le colloque «tant que toutes les voies de recours n'auront pas été épuisées». L'organisation «a engagé un référé liberté (soit une procédure d'urgence) pour obtenir l'annulation de ce délire liberticide», devant la justice administrative, a déclaré Jean-Yves Le Gallou sur le réseau X.
Dimanche, le collectif Objectif Remigration organisait, de son côté, un évènement également interdit par la préfecture de police de Paris. Le porte-parole de ce collectif, Stanislas Tyl, a annoncé également un référé liberté.
Un terreau favorable au passage à l'acte
Depuis l'attentat raciste des Yvelines, où un homme noir a été tué et sept autres personnes blessées, la gauche mais aussi des figures plus centristes reprochent à l'extrême droite et à certains médias d'avoir créé un terreau favorable au passage à l'acte.
«Pendant trois jours, l'extrême droite entend faire de Paris et des Hauts-de-Seine le théâtre de sa propagande raciste en organisant des événements sur le thème de la 'remigration'», ont dénoncé, dans un communiqué mercredi soir, une vingtaine d'organisations, la plupart locales, dont Plessis Insoumis, NousToutes92 ou encore Utopia56.
«Derrière le terme de remigration, un projet politique: la déportation massive de personnes racisées», ont critiqué les signataires, appelant à barrer «la route aux fascistes et à leur poison meurtrier».
Les organisations appelaient à se réunir vendredi devant une librairie parisienne pour dénoncer la venue du militant autrichien Martin Sellner, figure de la mouvance identitaire radicale, auteur de «Remigration». La séance de dédicace n'aura pas lieu: il a annoncé avoir été refoulé jeudi à son arrivée à l'aéroport de Beauvais.
L'extrême gauche s'est mobilisée
Les organisations donnaient également rendez-vous samedi au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine), lieu prévu du colloque, tout comme la CGT92 et le groupe LFI à l'Assemblée nationale. «Au programme» de ce colloque, selon les Insoumis, «toutes les figures de proue de l'extrême droite européenne la plus virulente: Eric Zemmour, Alice Cordier, l'AfD allemande, le Vlaams Belang et le mouvement Restore Britain».
Dans un communiqué distinct, les syndicats CFDT Hauts-de-Seine, CGT 92, FO 92, FSU 92 et l'Union syndicale Solidaires 92 avaient demandé «l'annulation de cet événement». Enfin dimanche, la vingtaine d'organisations avait prévenu d'un rassemblement pour s'opposer à la manifestation prévue à Paris par le collectif Objectif Remigration. (ats/afp/fnt)
