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L'Iran condamne à nouveau le cinéaste Jafar Panahi

L'Iran condamne à nouveau le cinéaste Jafar Panahi

Jafar Panahi poses for a portrait during the 98th Academy Awards Oscar nominees luncheon on Tuesday, Feb. 10, 2026, at the Beverly Hilton Hotel in Beverly Hills, Calif. (AP Photo/Chris Pizzello)
Jafar ...
Le cinéaste Jafar Panahi lors de la cérémonie des Oscars 2026.Keystone
Déjà condamné à un an de prison, Jafar Panahi écope d'une nouvelle peine de cinq ans et un mois en Iran. Le cinéaste a été jugé en son absence.
28.10.2026, 14:5628.10.2026, 14:56

Le cinéaste iranien Jafar Panahi, Palme d'or à Cannes en 2025 pour «Un simple accident», a été condamné à cinq ans et un mois de prison supplémentaires. Le réalisateur, critique du pouvoir à Téhéran, avait présenté ce film au Festival de Locarno l'an dernier.

Un tribunal révolutionnaire de Téhéran a prononcé cette peine à l'encontre du réalisateur de 66 ans, rapporte le média Emtedad, citant son avocat Mostafa Nili. La justice a également ordonné la confiscation de ses biens et prononcé une interdiction de quitter le territoire et d'utiliser les réseaux sociaux pendant deux ans.

La condamnation a été prononcée en l'absence du cinéaste, qui n'avait pas été informé de l'audience, selon son avocat. Les chefs d'accusation dans cette nouvelle affaire n'ont pas été précisés.

Jafar Panahi est l'un des cinéastes iraniens les plus connus à l'étranger. Son film «Un simple accident», qui met en scène d'anciens détenus confrontés à un homme qu'ils soupçonnent d'avoir été leur tortionnaire, a remporté la Palme d'or au Festival de Cannes en 2025 et a été nommé aux Golden Globes et aux Oscars.

Une longue histoire avec Locarno

Le cinéaste était venu en août 2025 au Festival de Locarno présenter le film sur la Piazza Grande, quelques mois après son sacre à Cannes. Il entretient une longue histoire avec le festival tessinois, où «Le Miroir» avait remporté le Léopard d'or en 1997.

Jafar Panahi est retourné en Iran fin mars, après s'être rendu à Los Angeles pour la cérémonie des Oscars. «La semaine dernière, mon client m'a informé que ses comptes bancaires avaient été bloqués», a déclaré Me Nili à Emtedad.

Les démarches de son avocat auprès de la justice ont alors permis de découvrir que le cinéaste avait été condamné en son absence. Son dossier indiquait qu'il se trouvait à l'étranger alors qu'il était revenu en Iran.

Plus de quinze ans de démêlés avec la justice

La justice iranienne avait déjà condamné Jafar Panahi à un an de prison pour «propagande contre le système», une peine confirmée en juin. Son film «Un simple accident», tourné clandestinement, avait notamment été retenu contre lui.

Le réalisateur est en conflit avec les autorités iraniennes depuis plus de quinze ans. En 2010, il avait été condamné à six ans de prison et frappé d'une interdiction de réaliser des films, d'écrire des scénarios, de donner des interviews et de voyager à l'étranger pendant vingt ans.

Il avait néanmoins continué à tourner clandestinement, réalisant notamment «Ceci n'est pas un film», «Taxi Téhéran» et «Aucun ours». Il a également été incarcéré de juillet 2022 à février 2023 avant d'être libéré après avoir entamé une grève de la faim.

Il fait depuis plusieurs années l'objet de restrictions concernant son activité professionnelle et ses déplacements. Jafar Panahi est actuellement visé par trois procédures judiciaires, selon son avocat. (ats/mrs)

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