Le maire LFI de Saint-Denis visé par une enquête du parquet financier
Bally Bagayoko est visé par une enquête pour détournement de fonds publics du parquet national financier (PNF). Celui-ci cherche à vérifier dans quelles conditions le maire LFI de Saint-Denis a pu être employé à la RATP tout en exerçant ses fonctions d'élu local.
Cette enquête préliminaire vise à «procéder aux vérifications utiles concernant les conditions d'emploi» de Bagayoko à la régie des transports parisiens, a précisé le PNF dans un communiqué.
«Je souhaite que cette affaire soit traitée le plus rapidement possible et me tiens à disposition de la justice», a réagi Bagayoko, par la voix de son entourage, à l'AFP. «Ma position ne change pas: je suis serein sur l'issue», a-t-il ajouté, dénonçant des «attaques» qui ne sont «pas fondées», selon la même source.
Le coordinateur de La France Insoumise (LFI) Manuel Bompard lui a apporté son «soutien total» dans un post sur X, dénonçant une «cabale» visant l'édile de Saint-Denis.
De quoi parle-t-on?
L'enquête a été ouverte le 19 août pour «détournement de fonds publics, recel et concussion», après des articles de presse, parus notamment dans Le Canard enchaîné, puis la réception de plaintes de l'association AC!! Anti-corruption.
L'association anti-corruption, dont l'ancien juge Éric Halphen est président d'honneur, a déposé deux plaintes.
- La première, s'appuyant sur un article du Canard enchaîné, visait notamment Bally Bagayoko. L'hebdomadaire évoquait le fait qu'«avant de conquérir la mairie de Saint-Denis, Bally Bagayoko (avait) longtemps cumulé mandat local et poste de cadre à la RATP». Il évoquait un recrutement en 2000, et un cumul avec des fonctions d'adjoint au maire, auxquelles s'est ajoutée un temps celle de vice-président du conseil départemental.
- La deuxième, mi-août, s'appuyant également sur des articles de Mediapart et de Marianne, et dénonçant l'existence présumée «d'un système organisé et structuré d'emplois fictifs et non d'actes isolés» pour des «élus parisiens et franciliens à la RATP, de tout bord politique».
Ces élus auraient ainsi «été rémunérés par la RATP pour des postes sans activité réelle, parfois sans présence, parfois sans fiche de poste identifiable», selon la plainte. (jah/ats)
