Les Britanniques manifestent contre l'extrême-droite
Des dizaines de milliers de personnes ont défilé samedi dans le centre de Londres lors d'une marche contre l'extrême-droite, à l'appel d'un collectif d'associations et de personnalités de gauche. Elles scandaient notamment «Non à la haine». La police locale a indiqué une «estimation approximative» de 50 000 participants.
Cette marche intervient près de six mois après celle, d'une ampleur inédite, organisée par l'agitateur d'extrême-droite Tommy Robinson, qui avait réuni plus de 150 000 personnes, et dans un contexte de montée en puissance du parti Reform.
La «plus grande marche de l'histoire»
Organisée par la Together Alliance, collectif qui regroupe notamment Amnesty International, le syndicat Unite ou encore l'association antiraciste Stand Up to Racism, cette marche a été présentée comme «la plus grande contre l'extrême-droite de l'histoire du Royaume-Uni».
Les manifestants se sont rassemblés en fin de matinée non loin de Hyde Park pour gagner Whitehall, où se trouvent les principaux bureaux du gouvernement britannique. Parmi les nombreuses pancartes: «Non au racisme» ou «vous ne pouvez pas nous diviser».
Des personnalités politiques étaient également présentes, dont le chef des Verts, Zack Polanski, ou l'ex-leader du Labour Jeremy Corbyn.
«Climat toxique»
Emily Roth (23 ans), étudiante en droit international à Edimbourg, a tenu à faire le déplacement afin de dénoncer «le climat toxique mondial». Même tonalité pour son amie Tatiana. Selon elle:
La possibilité de voir Nigel Farage, l'ex-héraut du Brexit et chef de Reform, arriver au pouvoir (il est en tête dans les sondages) est une source de «préoccupation» pour Robert Gadwick (48 ans), actuellement sans emploi, a déploré:
La politique migratoire en question
Rose Batterfield, une retraitée de Stratford-upon-Avon (centre), a elle indiqué «ne plus reconnaître le Labour», se disant «stupéfaite» par la politique migratoire actuelle:
Le Premier ministre travailliste Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet 2024, a fait de la lutte contre l'immigration l'une de ses priorités. En novembre, son gouvernement a annoncé une réforme d'ampleur de la politique d'asile, visant à décourager les arrivées de migrants traversant la Manche sur de petites embarcations. Des élections locales doivent se tenir le 7 mai prochain. (btr/ats)
