Marine Le Pen s'accroche à un dernier espoir judiciaire
Marine Le Pen est-elle en train de se résigner? Lors d'un meeting à Liévin, dans le nord de la France, la dirigeante du Rassemblement national, habituellement combative, a donné l'impression de ne plus croire elle-même à sa candidature. Elle a néanmoins souligné:
Dans ce cas, elle soutiendrait son successeur, Jordan Bardella, comme candidat à l'élection présidentielle «avec beaucoup d'énergie, de conviction et de confiance». Ses propos laissent aussi penser qu'elle s'est déjà préparée à une confirmation de sa condamnation en appel.
Rappel des faits
Ces déclarations s'inscrivent dans le contexte de la procédure pénale visant la présidente du groupe du Rassemblement national (RN). En mars 2025, elle a été condamnée à quatre ans de prison pour l'emploi fictif d'assistants parlementaires européens. Deux ans sont assortis d'un sursis, et elle doit purger les deux autres années sous bracelet électronique.
Le tribunal de première instance a, par ailleurs, déclaré Marine Le Pen «inéligible» pour une durée de cinq ans. La fille du fondateur du parti, Jean-Marie Le Pen, très bien placée dans les sondages, ne pourrait ainsi pas se présenter à l'élection présidentielle française de 2027.
De faibles chances d'acquittement
Marine Le Pen a fait appel de cette décision. La cour d'appel rendra son arrêt ce mardi 7 juillet et dira si elle confirme ou non le jugement. Les spécialistes du droit estiment toutefois qu'une relaxe est très improbable. Si la condamnation à la prison est confirmée, l'inéligibilité s'appliquera automatiquement, conformément à la jurisprudence française.
La cheffe du RN conserve toutefois une mince chance. Si la cour d'appel réduisait la durée de son inéligibilité à deux ans, celle-ci commencerait à courir rétroactivement à partir du jugement de première instance, rendu en mars 2025. Elle serait alors en mesure de participer aux deux tours de l'élection présidentielle, prévus en avril et mai 2027.
Les trois magistrates ont cependant peu de raisons de revoir la peine à la baisse. Sauf si elles s'alignent sur une précédente position de la Cour de cassation, selon laquelle la justice doit veiller à ne pas influer sur le déroulement ou l'issue d'une élection.
Lors de son meeting à Liévin, Marine Le Pen a également estimé qu'un tribunal ne devrait pas avoir la possibilité de «contrecarrer le fonctionnement démocratique de notre pays». Ses propres partisans se sont toutefois étonnés que la polémiste chevronnée qu'elle est n'ait guère insisté sur cet argument politique. Contrairement à son habitude, elle ne se présente plus non plus comme victime de la justice.
Jordan Bardella également sous enquête
Sur le fond du reproche juridique de détournement de fonds, Marine Le Pen et Jordan Bardella n'ont eux non plus pas grand-chose à dire. Le président du parti, âgé de 30 ans, s'est contenté d'exprimer son espoir que Marine Le Pen soit «élue présidente dans quelques mois». Il a ainsi résumé:
Sur le fond, quelques divergences de ligne sont toutefois apparues ces dernières semaines entre les deux grandes figures du RN, notamment sur des questions de politique économique.
Jordan Bardella n'est certes pas impliqué dans l'affaire de détournement de fonds visant Marine Le Pen, mais, a-t-on appris la semaine dernière, le groupe qu'il dirige au Parlement européen, «Patriotes pour l'Europe» (PfE), pourrait lui-même avoir utilisé des fonds de manière illégale. Une enquête est en cours.
