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Midterms: un détail dans le spot électoral de ce républicain choque

Vivek Ramaswamy ne recule devant rien dans sa campagne électorale.
Vivek Ramaswamy ne recule devant rien dans sa campagne électorale.Image: Gene J. Puskar / AP

«L'attaque répugnante» de ce républicain provoque un tollé

Dans une publicité électorale, le républicain Vivek Ramaswamy fait parler la mère de son adversaire démocrate, Amy Acton. Cependant, un détail a choqué jusque dans son propre camp.
23.10.2026, 19:0023.10.2026, 19:00
Natasha Hähni

Une femme âgée est assise sur une chaise dans une cuisine. S’adressant directement à la caméra, elle lâche: «Amy a un grave problème, c’est une menteuse.» Elle parle de la candidate démocrate au poste de gouverneur de l’Ohio, Amy Acton. La femme de la vidéo n’est toutefois pas une adversaire politique, mais bien la mère d’Amy Acton.

L’auteur de l’«Attack Ad», ce type spot télévisé agressif courant dans les campagnes électorales américaines, est Vivek Ramaswamy. Le républicain veut lui aussi devenir gouverneur de l’Ohio. Dans les sondages, il se trouve actuellement juste derrière Amy Acton. Peu avant les élections de début novembre, il voulait nuire à son adversaire avec cette vidéo de 60 secondes. Mais l’attaque se transforme de plus en plus en boomerang pour Vivek Ramaswamy.

Car la démocrate, aujourd’hui âgée de 60 ans, n’a plus de contact avec sa mère depuis l’âge de douze ans. Elle avait alors été retirée du foyer de celle-ci avec son frère, après que le nouveau mari de la mère avait été inculpé pour avoir violé Amy Acton. Le beau-père a clamé son innocence, mais a fui les autorités. Selon le Washington Post, celles-ci ont émis plusieurs mandats d’arrêt contre lui au fil des ans. Il est mort en 2004. La mère d’Amy Acton est restée mariée avec lui jusqu’à sa mort.

La vidéo 👇

Vivek Ramaswamy.Vidéo: youtube

Amy Acton était préparée

L’équipe de la candidate démocrate a réagi avec des documents judiciaires des années 1970. Ceux-ci étayent non seulement les récits d’Amy Acton sur les abus, mais aussi ceux sur les conditions de vie négligées de la famille, deux éléments que sa mère conteste.

Dès 2020, celle-ci avait publiquement attaqué sa fille, alors directrice de la Santé de l’Ohio, dans un entretien accordé à une organisation anti-avortement.

Quelques heures seulement après la publication du spot cette semaine, la campagne d’Amy Acton a diffusé une prise de parole de son frère, Philip Stearns:

«Cette attaque désespérée et répugnante montre qui est fondamentalement Vivek Ramaswamy; une excuse pitoyable d'homme prêt à blesser n’importe qui tant qu’il obtient ce qu’il veut.»
Amy Acton souhaite devenir gouverneure de l'Ohio.
Amy Acton souhaite devenir gouverneure de l'Ohio.Image: Carolyn Kaster

Avalanche de critiques et d'indignation

Des républicains ont eux aussi critiqué le spot. Le sénateur Jon Husted a notamment souligné: «Je n’aurais pas diffusé ce spot.» Il est pourtant lui-même en pleine campagne, et il livre actuellement une course très disputée contre le démocrate Sherrod Brown.

Nikki Haley, qui avait débattu avec Vivek Ramaswamy lors des primaires présidentielles de 2024, a écrit sur X:

«Maintenant, tout le monde voit ce que nous essayions de leur dire à l’époque. C’est une mauvaise personne.»

Les deux s’étaient déjà violemment affrontés à l’époque. Lors d’un débat, Vivek Ramaswamy avait évoqué la fille de Nikki Haley à cause de son utilisation de TikTok, sur quoi Nikki Haley l’avait traité de «racaille». Hier comme aujourd’hui, le milliardaire de la biotech, au style assuré, peine avec de faibles cotes de sympathie. Lydia Mihalik, directrice républicaine du ministère de l’Economie de l’Ohio, a en outre affirmé:

«Je n’ai pas besoin de partager les opinions politiques d’Amy Acton pour trouver qu’il est faux d’exploiter le traumatisme d’enfance d’une personne (…) Il y a une différence entre se battre pour ses convictions et renoncer à ces convictions uniquement pour gagner.»
Nikki Haley avait également affronté politiquement Vivek Ramaswamy.
Nikki Haley avait également affronté politiquement Vivek Ramaswamy.Image: Imago

JD Vance défend Vivek Ramaswamy

Dans le camp Trump, la réaction est tout autre. Donald Trump Jr. a partagé la vidéo. Le vice-président JD Vance est allé encore plus loin.

Lors d’un événement de campagne, il a pris la défense de Vivek Ramaswamy:

«Les médias et les démocrates de l’Etat de l’Ohio en sont obsédés parce que, imaginez, Vivek Ramaswamy a osé diffuser un spot télévisé qui appelle les choses par leur nom et qualifie Amy Acton de menteuse.»
JD Vance.
JD Vance.Image: Imago

Un effet boomerang

Reste à savoir si le soutien du camp Trump suffira à absorber les critiques contre le spot. Mike Murphy, ancien stratège républicain et critique du mouvement MAGA, l’a qualifié sur X de «suicide politique». Auprès de NewsNation, la stratège républicaine Jeanette Hoffman a qualifié la vidéo d’«effroyable» et dit n’avoir jamais vu un spot de campagne aussi dénué de goût.

L’ancien gouverneur du New Jersey et républicain Chris Christie a répondu à JD Vance: «Sérieusement?» Son parti souffre depuis dix ans d’un «noyau moral corrompu», a-t-il affirmé au Washington Post. Et d’ajouter:

«L’acceptation de ce spot de campagne par JD Vance entretient précisément la maladie que nous devrions en réalité guérir.»

Sur le plan financier aussi, l’attaque de Vivek Ramaswamy pourrait, dans un premier temps, aider précisément son adversaire. MK Pritzker, l’épouse du gouverneur de l’Illinois JB Pritzker, a fait don cette semaine d’un demi-million de dollars américains à la campagne d’Amy Acton. (trad. ysc)

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Vivek Ramaswamy s'est possiblement tiré une balle dans le pied.Image: Imago
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