Le vice-président de Tanzanie annonce sa démission
Le vice-président tanzanien Emmanuel Nchimbi, nommé il y a moins d'un an, a annoncé mardi sa prochaine démission. Il explique vouloir simplement anticiper un «désir de changement» de la cheffe de l'Etat Samia Suluhu Hassan.
Cette annonce intervient quelques jours après la suspension de l'hebdomadaire Mwanahalisi, sanctionné le 19 août pour avoir publié un article affirmant qu'Emmanuel Nchimbi refusait de quitter ses fonctions malgré des pressions exercées par le parti au pouvoir, le CCM (Chama cha Mapinduzi) qui gouverne depuis l'indépendance.
Citant des sources anonymes, le journal affirmait que le vice-président, qui a pris ses fonctions en novembre 2025, était en désaccord avec la présidente, dont il était le colistier lors de l'élection présidentielle un mois plus tôt. Le scrutin, marqué par la contestation, avait été réprimé dans le sang.
«J'ai écrit à la présidente (...) Hassan pour l'informer que j'ai décidé de prendre ma retraite de la politique et du service public. Je vais donc démissionner de la fonction de vice-président», a écrit Emmanuel Nchimbi, une décision qui prendra selon lui effet le 4 septembre prochain.
L'opposition et les défenseurs des droits humains dénoncent une pression et une répression de plus en plus fortes contre les voix critiques en Tanzanie, présidée depuis 2021 par Samia Suluhu Hassan, réélue fin octobre avec 98% des suffrages lors d'un scrutin jugé frauduleux par des observateurs internationaux.
Une commission d'enquête mise sur pied par le gouvernement a dénombré 518 tués en marge des élections, sans nommer de responsables. Mais l'opposition et des défenseurs des droits humains affirment que quelque 2000 personnes ont été tuées par les forces de sécurité. (ats/mrs)
