Le corps de la petite Lyhanna a probablement été retrouvé
Les gendarmes ont découvert un corps d'enfant, «porteur de vêtements similaires» à ceux de Lyhanna, une collégienne de 11 ans, dans une exploitation agricole, près du lieu de sa disparition, a annoncé le procureur d'Agen (sud-ouest), Olivier Naboulet.
Le principal suspect, un homme de 41 ans placé en détention provisoire et visé par plusieurs autres plaintes, avait travaillé dans cette exploitation, selon un responsable agricole local. La collégienne avait été vue pour la dernière fois montant dans la voiture de cet homme qui la connaissait car elle était amie avec sa fille.
A mesure que les recherches pour la retrouver se prolongeaient, la question du suivi judiciaire de ce père de deux enfants a pris de plus en plus de place dans le débat public en raison de son profil inquiétant, avec plusieurs signalements ou plaintes, notamment pour viol sur mineure.
Selon la procureure de la République d'Auch Clémence Meyer, il avait notamment fait l'objet de plaintes en 2022 et 2025. La première avait été classée sans suite et l'enquête était toujours en cours pour la seconde.
Mme Meyer a annoncé par ailleurs, sans plus de détails, qu'une nouvelle plainte pour viol sur mineur avait été déposée mercredi.
Réunion de crise
Les lacunes dans le traitement des antécédents de cet homme alimentaient jeudi une incompréhension croissante, comme celle du maire de Fleurance, le bourg où a disparu l'enfant, qui dénonce un «dysfonctionnement profond» ainsi qu'un «système» négligeant «la souffrance des victimes et des familles».
La possibilité d'un dysfonctionnement dans le traitement réservé à l'une de ces plaintes a conduit le gouvernement à annoncer l'ouverture d'une enquête administrative concernant les antécédents du suspect.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu réunira par ailleurs vendredi les ministres de l'intérieur et de la justice «pour un point de situation» dans cette affaire, ont annoncé ses services.
«Nous sommes tous terrifiés par ce dysfonctionnement qui est révélateur, je crois, de notre mauvaise organisation», a déclaré le ministre de la Justice Gérald Darmanin à la presse.
La patronne des Ecologistes (opposition) Marine Tondelier a dénoncé une affaire «symbole d'un système politico-judiciaire incapable de gérer le sujet des violences sexistes et sexuelles». «Par manque de moyens mais pas seulement», a-t-elle ajouté, estimant qu'«on a laissé un pédocriminel en toute liberté, malgré les alertes».
«Un traumatisme»
La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a dit de son côté «partage(r) l'indignation de tous les Français» et a plaidé pour «continuer à augmenter les moyens de la justice».
«Le fait qu'une plainte pour viol sur mineure soit classée sans suite, sans que l'on sache vraiment pourquoi, c'est un traumatisme très difficile à gérer pour les victimes, très compliqué à comprendre et à accepter», a commenté Mathias Darmon, l'avocat de l'association de protection des enfants Innocence en danger, à l'AFP.
L'autopsie du corps retrouvé jeudi devra permettre de l'identifier formellement et déterminer si la victime a subi des violences sexuelles, a dit à l'AFP un officier de gendarmerie.
Il a précisé que les prélèvements de traces, d'indices, d'empreintes ou d'ADN sur les lieux de la macabre découverte par les techniciens en investigations criminelles étaient susceptibles d'éclairer les enquêteurs. (sda/ats/afp)
