Deux Français obéissaient au «Professeur» pour voler des motos en Suisse
Ces deux jeunes Français étaient entrés en Suisse à la fin août 2025. Leur mission est claire: voler des fourgonettes afin de pouvoir ensuite transporter des motos et des vélos électriques. Selon l’accusation, ils agissaient pour le compte de commanditaires qui leur transmettaient leurs instructions via Snapchat sous les pseudonymes de «Le Professeur» et «Lebonvieux».
Jeudi, les deux hommes, âgés d’une vingtaine d’années, ont comparu devant le Tribunal de district de Lenzbourg (AG). Ils sont de parenté et se connaissent depuis petits. L’acte d’accusation les désigne comme les exécutants d’un groupe criminel averti, qui repérait des commerces disposant de fourgons ou de motos. Les deux prévenus – que nous appellerons Yanis et Samir – auraient joué le rôle d’exécutants. Ils se rendaient en Suisse depuis la France pour un ou deux jours et reprenaient immédiatement la route vers la frontière après les faits.
Leurs rôles respectifs étaient clairement définis. Samir s’occupait principalement de conduire les fourgons volés, tandis que Yanis assurait le contact avec les «patrons». Tout passait par Snapchat. Pour la première mission, les deux jeunes auraient reçu au moins 1000 euros. Pour la seconde, on leur aurait promis 950 euros par moto volée.
Démarrage laborieux
Ces premiers délits illustrent déjà clairement leur mode opératoire. Dans la soirée du 26 août 2025, les prévenus se sont d’abord rendus à Hendschiken (AG), où ils ont pénétré par effraction dans un atelier. N’ayant pas trouvé les clés du fourgon qu’ils souhaitaient dérober, ils se sont ensuite dirigés vers une entreprise de transport. Cette fois, leur plan a fonctionné. Yanis et Samir ont brisé la vitre en plexiglas d’une porte, se sont introduits dans un garage et y ont trouvé les clés du véhicule. Ils ont ensuite pris la route avec le fourgon en direction d’Uerkheim (AG), où se trouvait un magasin de motos électriques.
Sur place, ils s'en sont pris aux vitrines de l’entrée avec des pierres. Yanis s’est ensuite introduit dans le bâtiment par l’ouverture ainsi créée et a ouvert la porte du garage depuis l’intérieur. Les deux hommes ont alors chargé onze motos électriques dans le fourgon volé. Le butin était estimé à environ 77 000 francs. Ils ont pris la direction de la frontière franco-suisse. Conformément aux instructions de leurs commanditaires, ils ont abandonné le véhicule à un endroit convenu à l’avance.
Pincés dans le canton de Berne
Quelques jours plus tard, les malfrats ont récidivé. Ils ont dérobé un autre fourgon à Härkingen (SO), puis ont ensuite reçu – toujours via Snapchat – une adresse à Attiswil (BE). Dans la nuit du 2 au 3 septembre, ils se sont introduits dans l'enceinte d’un magasin. A l’aide d’un extincteur et d’une selle, ils ont détruit deux vitres d’une porte coulissante. Ils ont ensuite chargé des deux-roues et d’autres objets dans le fourgon.
Mais cette fois, l’opération a échoué. Alors que sept véhicules avaient déjà été chargés, Yanis et Samir ont vu la police arriver et ont pris la fuite à pied. Ils ont été arrêtés peu après.
Au total, ils sont accusés de cinq vols ou tentatives de vol de véhicules dans les cantons d’Argovie, de Soleure et de Berne. Le montant total du préjudice est estimé à environ 250 000 francs. A cela s’ajoutent plusieurs dizaines de milliers de francs de dégâts matériels. Le ministère public leur reproche des faits commis en bande et par métier, des dommages à la propriété ainsi que des violations de domicile.
Les deux hommes ayant avoué, une procédure simplifiée a pu être mise en oeuvre. Celle-ci est possible lorsque les prévenus et le ministère public s’accordent sur les faits et sur la peine. Le Tribunal de district de Lenzbourg n’avait plus qu’à vérifier que les intéressés avaient compris le contenu de l’accord et que la peine était appropriée.
Ils ont répondu succinctement aux questions de la présidente du tribunal, Danae Sonderegger:
Chaque accusé a écopé d'une peine identique. Comme ils avaient déjà effectué une période de détention provisoire, ils ont déjà purgé la partie ferme de leur condamnation, soit huit mois. Ils ont dû quitter la Suisse dans les 24 heures et se voient interdire d’y revenir pendant dix ans.
(Adaptation en français: Valentine Zenker)
