Cuba: le conglomérat militaire Gaesa cède des actifs
Le conglomérat de l'armée cubaine, Gaesa, sanctionné par les Etats-Unis, a commencé à se défaire de certaines de ses entreprises pour éviter que des sociétés étrangères qui collaborent avec elles soient visées par Washington, ont confirmé vendredi plusieurs sources.
Gaesa, qui contrôle de nombreux secteurs stratégiques de l'économie cubaine dont l'immobilier, les secteurs touristique, portuaire, financier, a été l'une des premières entités sanctionnées dans le cadre du décret signé par le président américain Donald Trump.
Ce texte introduit notamment des mesures coercitives secondaires à l'encontre d'entreprises qui collaborent avec Gaesa, ce qui a poussé plusieurs sociétés étrangères, notamment des groupes hôteliers et des entreprises minières européennes et canadiennes, à se désengager partiellement ou totalement de l'île.
La société Terminal de contenedores Mariel (TMC), propriété de l'entreprise logistique de Gaesa, a été cédée à une entreprise du ministère des transports, a appris l'AFP de plusieurs sources. TMC gérait le port de Mariel, le plus grand port commercial de l'île situé à une cinquantaine de kilomètres de La Havane.
Centre d'affaires cédé
«La compagnie Terminal de contenedores Mariel SA a vendu son patrimoine à la société marchande Coral Maritima SA», indique la société à ses clients dans un courrier daté du 16 juin, dont l'AFP a eu copie. Coral Maritima est une société chargée de gérer les investissements dans le secteur maritime à Cuba.
Les travailleurs de TMC ont été informés qu'ils allaient désormais dépendre d'une entreprise du ministère des transports, a indiqué une de ces sources à l'AFP.
En parallèle, Gaesa s'est désengagé de l'entreprise mixte qui gérait le Miramar Trade Center, le centre d'affaires de La Havane qui accueille les bureaux de plusieurs sociétés étrangères.
Le fonds d'investissement Ceiba Investments Ltd, dont le siège est à Guernsey et qui était en coentreprise avec Cimex, une filiale de Gaesa, est depuis le début juin propriétaire à 100% du centre d'affaires de la capitale, selon ces sources.
Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, accuse Gaesa de «générer des revenus non pas pour le peuple cubain, mais pour le seul bénéfice de son élite corrompue». (dal/ats/afp)
