Israël: Eisenkot bien placé pour former le prochain gouvernement
Après les élections législatives du 27 octobre, qui n'ont dégagé aucune majorité absolue, le président israélien Isaac Herzog consulte les différentes formations politiques. Il a jusqu'au 11 novembre pour désigner la personne la mieux placée pour former un gouvernement.
Jeudi, la Liste unifiée, principale formation à majorité arabe israélienne, a annoncé qu'elle recommanderait Gadi Eisenkot, ancien chef d'état-major et figure de l'opposition. Une décision motivée par la volonté «d'empêcher le retour au pouvoir de Netanyahou et de son gouvernement». Le centriste bénéficie déjà du soutien d'une autre formation arabe, Raam.
De son côté, Benjamin Netanyahou a essuyé un revers important. Le Judaïsme unifié de la Torah (JUT), parti ultra-orthodoxe qui le soutient depuis trois décennies, a refusé de recommander sa candidature. Une rupture liée notamment aux tensions sur la conscription des étudiants religieux, à laquelle les partis ultra-orthodoxes s'opposent.
Une majorité difficile à construire
Avec ce désaveu, Netanyahou ne dispose plus que de 46 recommandations, contre 67 pour Eisenkot. Il faut toutefois 61 sièges sur les 120 que compte la Knesset pour disposer d'une majorité parlementaire.
Malgré cette avance, former un gouvernement s'annonce compliqué pour Eisenkot. Plusieurs dirigeants de son bloc d'opposition refusent toute alliance avec les partis arabes. Même l'option d'un gouvernement minoritaire bénéficiant de leur soutien indirect est rejetée par le nationaliste Avigdor Liberman.
Benjamin Netanyahou exploite ces divisions en multipliant les attaques contre les formations arabes, qu'il accuse notamment de soutenir le terrorisme. Il continue également de dénoncer des fraudes électorales massives, des accusations rejetées par les autorités électorales.
Selon plusieurs médias, le président Herzog tenterait de favoriser la formation d'un gouvernement d'union nationale rassemblant les partis juifs sionistes, sans les formations arabes ni ultra-orthodoxes.
Le candidat finalement désigné disposera de 28 jours, prolongeables de 14 jours, pour former une coalition. En cas d'échec persistant, Israël pourrait être contraint d'organiser de nouvelles élections. (ats/afp)
