Meurtre à Marseille: six personnes inculpées dans une affaire liée au narcotrafic
Six personnes ont été inculpées à Paris dans l'enquête sur le meurtre, en novembre, du frère d'un militant engagé dans la lutte contre le narcobanditisme, a annoncé samedi la justice française. Ce possible «crime d'avertissement» avait profondément choqué en France.
Le 13 novembre 2025, Mehdi Kessaci, 20 ans, jeune frère du militant antidrogue Amine Kessaci, a été tué en plein après-midi de plusieurs balles à Marseille (sud-est).
Lundi, dix personnes avaient été interpellées dans ce dossier, dont quatre ont été remises en liberté à l'issue de leur garde à vue, a détaillé la procureure nationale anti-criminalité organisée (Pnaco) Vanessa Perrée dans un communiqué.
Les six autres – cinq hommes et une femme – ont été inculpés notamment pour meurtre et tentative de meurtre en bande organisée.
Les cinq hommes ont été placés en détention provisoire et la femme, dans l'attente qu'il soit statué sur sa détention, a également été incarcérée.
Ces inculpations surviennent le jour où Amine Kessaci est formellement devenu élu municipal de Marseille, dans l'équipe du maire sortant de gauche réélu dimanche dernier.
Devenu une figure de la lutte contre le narcotrafic, le militant écologiste de 22 ans est menacé et vit sous protection policière, présente jusque dans la salle du conseil municipal.
L'évasion sanglante de Mohamed Amra en mai 2024, qui a coûté la vie à deux agents pénitentiaires, avait mis en lumière la dangereuse montée en puissance du narcotrafic en France.
Le gouvernement a pris des mesures comme l'installation de quartiers ultra-sécurisés dans les prisons, ainsi que la création d'un parquet spécialisé, le parquet anti-criminalité organisée (Pnaco), qui pilote depuis janvier les investigations les plus complexes liées au narcotrafic. Le dossier du meurtre de Mehdi Kessaci est l'un des plus sensibles qu'il ait récupérés.
Le chiffre d'affaires du marché de la drogue en France était estimé en 2023 à environ 7 milliards d'euros, dont la moitié pour la seule cocaïne, selon les données du ministère de l'Intérieur.
Depuis 2023, qui constituait déjà avec 23 tonnes un record de saisies de cocaïne par les autorités françaises, le phénomène ne fait que s'amplifier: 54 tonnes saisies en 2024, soit une hausse de 130%, et un nouveau record en vue pour 2025. (dal/ats/afp)
