Amnesty demande une enquête sur Israël en Syrie pour crimes de guerre
Amnesty International a appelé jeudi à enquêter sur des «crimes de guerre» potentiels de l'armée israélienne dans le sud de la Syrie, où des maisons civiles ont fait, selon l'ONG, l'objet d'une «destruction délibérée» depuis la chute de Bachar al-Assad.
Après la prise du pouvoir par une coalition islamiste en Syrie à la fin 2024, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon patrouillée par l'ONU censée séparer les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan, occupé depuis 1967 puis annexé par l'Etat hébreu.
Les forces israéliennes sont alors entrées «dans trois villages et localités situés dans la zone démilitarisée de l'ONU, dans le gouvernorat de Quneitra, dans le sud de la Syrie», a souligné Amnesty dans un communiqué. Ces forces «ont effectué des descentes et ordonné aux habitants de quitter les lieux», a affirmé l'organisation de défense des droits fondamentaux.
Logements de civils
«La destruction délibérée par l'armée israélienne de logements civils dans le gouvernorat de Quneitra, dans le sud de la Syrie, depuis décembre 2024, sans nécessité militaire absolue, doit faire l'objet d'une enquête pour crimes de guerre», a exigé Amnesty International.
Pour Kristine Beckerle, directrice adjointe du programme régional Moyen-Orient et Afrique du Nord de l'ONG, «la destruction illégale de biens civils est devenue la marque de fabrique des opérations militaires israéliennes dans la région, à l'image de ce qui a été constaté ces dernières années à Gaza et au Liban et, désormais, comme l'établit notre enquête, en Syrie».
Après des décennies de conflit, le gouvernement syrien et Israël ont décidé au début janvier, sous la pression des Etats-Unis, d'établir un mécanisme de communication et ont mené plusieurs séries de pourparlers en vue de conclure un accord de sécurité. (tib/ats)
