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La liste des mesures prises contre la Russie s'allonge depuis le début de la guerre en Ukraine.
La liste des mesures prises contre la Russie s'allonge depuis le début de la guerre en Ukraine.Image: Shutterstock

Comment les sanctions ont impacté la vie quotidienne des Russes

Sanctions financières, fermetures d'entreprises, la liste des mesures prises contre la Russie s'allonge depuis le début de la guerre en Ukraine. Les conséquences commencent à se faire sentir dans le quotidien des Russes.
16.03.2022, 11:2516.03.2022, 17:28
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Depuis le début de la guerre en Ukraine, les sanctions à l'encontre de la Russie se multiplient. En plus des sanctions financières imposées par les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Union européenne, des centaines d'entreprises internationales se sont retirées du pays.

En Russie, l'impact de ces mesures commence tout juste à se faire sentir: le coût des produits de base est en augmentation, le risque de perdre son emploi devient une réalité et pour certains, un sentiment croissant d'isolement se fait sentir.

Selon 24 heures, la chute libre du rouble a relancé l'inflation. Elle frôle les 10% de hausse. Cette augmentation (un record depuis 2016) est bien loin de la promesse faite par le Kremlin de la juguler à 4%.

Les produits alimentaires sont plus chers

Les prix à la consommation ont bondi de 2,2% au cours de la première semaine de l'invasion et les produits alimentaires figurent parmi les plus fortes hausses. Interviewée par BBC News, Daria, qui vit dans le centre de Moscou, avoue ne pas avoir encore vu de rayons vides:

«La nourriture ne disparaîtra pas, mais deviendra plus chère. Combien plus cher? J'ai peur d'y penser»
Daria

Jan vit et travaille à Moscou: «Le 20 février, j'ai commandé des produits à l'épicerie pour 5500 roubles (environ 46 CHF) et maintenant le même panier coûte 8000 roubles (environ 67 CHF)», explique-t-il.

«Le prix du lait a presque doublé au cours des deux dernières semaines»
Jan

En février, les prix du sucre et des céréales étaient déjà supérieurs d'environ 20% à ceux d'il y a un an, selon BBC News. Selon l'agence de presse russe Tass, certains détaillants ont accepté de limiter à 5% la hausse des prix de certaines denrées de base.

Et celui des biens de consommation aussi

Le prix des biens de consommation a également pris l'ascenseur. Notamment celui des voitures neuves. Côté high-tech, ce n'est pas mieux. Daria voulait, par exemple, acheter de nouveaux ordinateurs pour sa famille. Au vu de la hausse des prix, elle s'est dépêchée de le faire:

«Début février, ils coûtaient environ 70 000 roubles (environ 583 CHF), mais à la fin du mois, ils étaient passés à 100 000 roubles (environ 834 CHF) ce que nous avons payé. Ils sont ensuite montés à 140 000 (environ 1169 CHF)»
Daria

«Il y a des hausses de 20-30% sur la plupart des biens de consommation! Voire plus», raconte Andreï au 24 heures. Père de famille, il montre les pots achetés pour son bébé. «Ils sont passés de 800 à 1500 roubles en un an», explique-t-il.

Les produits et services «occidentaux» ont disparu

À ce jour, et d'après Reuters, Starbucks, McDonald’s et Ikea ont fermé leurs portes, TikTok et Netflix ont suspendu leurs services, Apple a arrêté la vente de ses produits et Spotify a fermé son bureau à Moscou pour une durée indéterminée.

La fermeture de McDonald's est en particulier très symbolique pour les Russes. L'enseigne a été l'une des premières entreprises occidentales à s'implanter en Union soviétique il y a 30 ans.

Aujourd'hui, et jusqu'à nouvel ordre, les 847 restaurants McDonald's resteront fermés. Dans les heures qui ont suivi l'annonce de la fermeture, des repas McDonald ont été revendus jusqu'à dix fois le prix habituel.

«Des nuggets et des tartes achetés juste avant la fermeture de la chaîne de restaurants. Votre dernière chance de goûter au bonheur étranger»
Une annonce de revente

Les services de paiement en ligne sont perturbés

Les banques russes se sont retirées du système de paiement international Swift. Ainsi, Visa, Mastercard, American Express, Apple et Google Pay limitent leurs services en Russie.

Ekaterina dirige plusieurs écoles de langues et affirme que les sanctions lui ont déjà causé des problèmes. «Nous avons des professeurs dans d'autres pays que nous ne pouvons pas payer parce que tous les réseaux de transfert sont gelés. Nous avons également des étudiants aux États-Unis, en Allemagne et en Lettonie qui ne peuvent pas verser leurs frais sur nos comptes. Nous avons trouvé des solutions, mais pour l'instant, chaque journée de travail commence par la lutte contre une nouvelle crise», confie-t-elle à BBC News.

«À la banque, je ne peux plus retirer de devises étrangères. Craignant des pénuries de médicaments importés, je vais dans les pharmacies pour faire des réserves»
Katia, citée par 24 heures

Les médias indépendants ont fermé leurs bureaux

Depuis dix jours, une nouvelle loi menace d'emprisonner toute personne considérée comme ayant diffusé de «fausses» informations sur la guerre en Ukraine. En plus de ça, les médias indépendants et internationaux font l'objet de restrictions sévères.

La plupart des Russes s'informent désormais auprès des médias d'État, qui véhiculent la propagande anti-ukrainienne du Kremlin. En Russie, beaucoup de gens soutiennent Poutine et pourraient finir par blâmer l'Occident pour les sanctions qui leur tombent dessus, pointe Daria.

Aujourd'hui, plus de 13 000 personnes ont été arrêtées lors des manifestations contre la guerre: «certains n'approuvent pas la guerre, mais gardent le silence, il est risqué pour les Russes de critiquer leur dirigeant», continue Daria.

«À première vue, on ne peut pas deviner ce qui se passe à Moscou, souligne Daria. Les cafés et les restaurants de la ville sont pleins, le métro fonctionne, les embouteillages du centre n'ont pas disparu», explique-t-elle. «Mais ça, c'est si vous fermez les yeux sur les manifestations et les gens qui fuient le pays discrètement.»

Le deepfake de Zelensky et Poutine dans un Tarantinorious Basterds

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Zelensky et l'Ukraine peuvent-ils nous lasser? «Oui, assurément»
Après avoir été ovationné par les plus puissants parlements du monde, le président ukrainien a donné, le 11 mai dernier, une conférence dans l'enceinte plus modeste de Science-Po Paris. Faut-il y voir un début d'essoufflement dans la méthode Zelensky? Combien de temps le héros de la démocratie, devenu un as de la communication, va-t-il pouvoir incarner efficacement la cause ukrainienne?

L'exercice est franchement casse-gueule, tellement le sujet semble intangible. Les Ukrainiens slaloment entre les bombes russes et les cadavres familiers depuis bientôt trois mois et voilà qu'on esquisse l'éventualité, bien au sec sous notre dôme caniculaire, d'un essoufflement de la méthode Zelensky. Celle qui consiste à repousser l'assaillant (et l'oubli) par la force du verbe, de la bande passante, et du grand écran. Pour se lancer à pleine vitesse dans une analyse de performance, comme le ferait sans bégayer un commentateur sportif avec un runner ordinaire à mi-course, il fallait un argument. Le président ukrainien nous l'a servi récemment sur un plateau: sa stratégie a évolué.

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