International
Russie

Malgré sa promesse, Poutine pourrait mobiliser les Russes

Malgré sa promesse, Poutine pourrait mobiliser les Russes
Il reste peu d'options à la Russie pour gonfler les rangs de son armée.Image: montage watson

Voici les dernières options de Poutine pour éviter la mobilisation générale

La Russie cherche sans cesse de nouveaux moyens de recruter des soldats. Pourtant, le Kremlin semble toujours redouter un recours spécifique.
29.06.2026, 05:3129.06.2026, 05:31
Thomas Wanhoff / t-online
Un article de
t-online

Vladimir Poutine est prêt à presque tout dans la guerre contre l'Ukraine, mais il a jusqu'à présent évité une mesure: la mobilisation générale. Pourtant, il commence à manquer de soldats et il devient plus difficile d'attirer de nouvelles recrues, comme le rapportent les portails d'information russes indépendants Meduza, iStories et Verstka.

Pour résoudre ce problème, les autorités russes envisagent une nouvelle vague de recrutement, selon ces divers médias. Et ce pourrait être une dernière tentative pour éviter une mobilisation générale, mesure que Poutine avait déjà promis d'éviter au début de la guerre en février 2022. Avant d'annoncer une mobilisation partielle en septembre 2022, ce qui avait provoqué des protestations.

Le fait que le Kremlin cherche à nouveau des moyens de recruter des soldats est illustré par les chiffres: le nombre de recrutements en Russie a chuté d'une fois et demie au quatrième trimestre 2025 par rapport à la même période de l'année précédente, selon les calculs d'iStories basés sur les données budgétaires russes.

Au premier trimestre 2026, environ 800 personnes ont signé un contrat chaque jour, le chiffre le plus bas depuis trois ans, comme le montrent les données de Janis Kluge, chercheur à l'Institut allemand des affaires internationales et de sécurité. Toutefois, une légère augmentation à 1000 personnes par jour a été observée au cours des mois suivants.

Les personnes interpellées seraient placées devant un choix

Mais cela pourrait être de courte durée. Comme le montrent les investigations de Meduza, il devient de plus en plus difficile pour l'armée russe de trouver de nouveaux soldats. Le flux de personnes prêtes à s'engager continue de diminuer, a également affirmé à iStories un officier de haut rang d'une unité en Sibérie. «Et pourtant, personne n'a annulé les quotas de recrutement, nous devons envoyer de nouvelles recrues chaque mois», a-t-il précisé. Une source au sein d'un bureau de recrutement de la même région a expliqué à Meduza que le recrutement se fait désormais «principalement par l'intermédiaire de la police».

En effet, selon le rapport, on propose de plus en plus souvent aux personnes interpellées l'abandon des poursuites si elles choisissent le service militaire. La qualité n'est visiblement pas la priorité. Un soldat a raconté ceci à Meduza:

«Certains sont sortis de prison, d'autres ramassés dans la rue. Des criminels déjà si vieux et avec de tels problèmes de santé qu'ils tiennent à peine debout.
Ils sont un fardeau pour tout le monde. Que peut-on bien leur apprendre? Ils ne peuvent pas courir avec tout l'équipement; porter 20 kilos est trop pour eux. Ce sont des produits jetables.»

Nouvelle vague de recrutement en octobre?

Pourtant, la nervosité semble régner au sein de l'armée russe. Selon Meduza, des sources militaires affirment qu'une mobilisation est discutée à tous les niveaux. Il ne s'agirait toutefois que de rumeurs, aucune décision finale n'ayant encore été prise. Mais le simple fait que des rumeurs émanant du Kremlin s'ébruitent montre que la promesse de Poutine de ne pas proclamer de mobilisation générale vacille. Un employé d'une agence de recrutement aurait déjà entendu parler de préparatifs pour des recrutements «qui ne seront toutefois jamais qualifiés de mobilisation», a-t-il confié à iStories.

Le mois d'octobre serait une possibilité – après les élections à la Douma d'Etat, la chambre basse du parlement russe, selon la source. L'appareil de pouvoir de Poutine pourrait tenter une ruse pour obtenir davantage de soldats. Comme le rapportent des fonctionnaires au portail Meduza, les budgets de personnel des autorités russes devraient être réduits jusqu'à 15%. Cela entraînerait des licenciements d'employés, qui pourraient alors être récupérés pour le service de guerre. Une autre possibilité, selon les portails iStories et Verstka, serait que les réservistes jusqu'ici affectés à la logistique derrière la ligne de front soient envoyés au front.

Les Russes pauvres, un vivier de dix millions de soldats

Konrad Muzyka, directeur de la société d'analyse polonaise Rochan Consulting, a déclaré au Financial Times que le Kremlin cherchera différentes voies pour changer la situation sur le front. Il juge peu probable que la Russie puisse éviter une mobilisation partielle. L'expert militaire Juri Fjodorow a fait le calcul pour ce média:

«Fin 2023, les troupes russes en Ukraine ont été renforcées par 350 000 soldats. Au cours des deux années suivantes, 820 000 soldats contractuels supplémentaires se sont ajoutés. Au total, la Russie a ainsi envoyé environ 1,37 million de soldats au combat en Ukraine.
Début 2026, il n'y en avait pourtant plus que 600 000 sur place. Au premier trimestre 2026, environ 70 000 personnes ont été recrutées. Cela correspond à environ 780 personnes par jour, soit 20% de moins que la moyenne des "soldats contractuels" recrutés quotidiennement sur la période 2024/25.»

Mais Juria Fjodorow voit encore du potentiel au sein de la population russe pour acheminer des renforts au front. «Compte tenu du fait qu'environ dix millions de personnes vivent dans la pauvreté en Russie selon les estimations officielles, on peut supposer qu'environ un à deux millions d'entre elles seraient prêtes à échanger leur santé et leur vie contre un bon salaire et à partir au combat. Tant que le gouvernement peut les payer, on trouvera donc assez de nouveaux soldats», écrit Fjodorow.

Les promesses de remise de peine aux détenus, la pression sur les étudiants ayant de mauvaises notes ou des dettes, ainsi que les quotas pour les régions et les entreprises russes devraient être les moyens privilégiés dans un premier temps pour compléter les effectifs. Mais la question est de savoir combien de temps cela fonctionnera encore avant que Poutine ne doive proclamer, au moins, une mobilisation partielle. (trad. hun)

Comment l'Europe défie la vague de chaleur
1 / 33
Comment l'Europe défie la vague de chaleur

Dimanche, la température à Paris a atteint 37 degrés.

source: sda / michel euler
partager sur Facebookpartager sur X
En France, on se bat pour les climatiseurs
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
4 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
4
Ce vétéran russe n'aurait pas dû menacer Poutine en vidéo
Un soldat russe a cumulé des millions de vues et des centaines de milliers de mentions «J’aime» après avoir menacé Vladimir Poutine d’une insurrection armée. Il réclamait un entretien au Kremlin. Il a désormais été arrêté.
Il y a trois ans, Vladimir Poutine faisait face à sa dernière menace de soulèvement militaire. En juin 2023, une colonne du groupe Wagner, dirigée par Evgueni Prigojine, s’était mise en route vers Moscou afin d’obtenir la démission du ministre de la Défense de l’époque, Sergueï Choïgou.
L’article