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Eric Zemmour voyait en Poutine un modèle pour l'Europe.
Eric Zemmour voyait en Poutine un modèle pour l'Europe.

Zemmour lâche Poutine et certains, en France, crient à la trahison

Eric Zemmour, qui voyait en Poutine un modèle pour l'Europe, le décrit à présent comme l'«agresseur» dans la guerre en Ukraine. Résultat: il perd des plumes dans les sondages au profit de Valérie Pécresse qui repasse devant lui.
03.03.2022, 13:5504.03.2022, 12:07

La guerre en Ukraine fera-t-elle perdre à Eric Zemmour ses chances de figurer au deuxième tour de la présidentielle française? Ses anciennes positions sur Poutine (il saluait en lui un «patriote» devant inspirer la France), ses pronostics sur l’invasion russe de l’Ukraine («je prends le pari qu’il n’attaquera pas»), sa condamnation à présent de chef du Kremlin («il est le seul agresseur») déstabilisent ses soutiens si l’on en croit les sondages.

En trois jours, Eric Zemmour a perdu trois points, selon une enquête d’opinion d’Ifop-Fiducial pour Paris Match-LCI-Sud-Radio. Lui qui pointait auparavant au troisième rang derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen, est désormais quatrième avec 12,5% d’intentions de vote. Valérie Pécresse, qui semblait au plus mal, repasse devant lui.

Mauvais karma pour Zemmour. Sur Twitter, certains le lâchent. Ils ne lui pardonnent pas ce qu’ils tiennent pour un retournement de veste par rapport à ses anciens éloges du président russe. Lorsque, mardi 2 mars, sur ce réseau social, il désigne Vladimir Poutine comme l’«agresseur», tout en laissant aux «historiens» le soin de définir plus tard les «responsabilités» de la guerre, il déçoit ou scandalise une partie de sa base, comme en témoignent ces réactions:

«J'étais une pionnière, vous n'aurez pas ma voix»

«Maintenant vous êtes comme les autres»

En condamnant Vladimir Poutine, Eric Zemmour, qui brigue la présidence française sous les couleurs du parti Reconquête, rentrerait à la «niche», celle du «sytème» contre lequel il ne cesse de vitupérer. Sans doute aura-t-il cherché à justifier son revirement en fustigeant la présence dans les troupes russes d’un contingent musulman, celui des Tchétchènes de Ramzan Kadyrov, le président de la République de Tchétchénie qui fait partie de la Fédération de Russie:

«Vous n'avez rien compris»

Mais cette indignation, censée replacer sa candidature en France sur les rails de son combat contre l’islam et le «grand remplacement», n’a visiblement pas convaincu tout le monde:

Responsable de la section de Reconquête dans le département de l’Ain voisin de la Suisse, Benoît de Boysson, joint par watson, affirme qu'aucun des 1200 adhérents de Reconquête Ain ne s’est plaint à sa connaissance des déclarations anti-Poutine d’Eric Zemmour. Certes, reconnaît Benoît de Boysson, ce changement de pied demande de faire œuvre de pédagogie, notamment auprès des jeunes adhérents.

«Ils sont passionnés, ils voient ou ont pu voir dans Poutine un héros, un modèle pour l’Europe, souvent sans avoir aucune connaissance sur Poutine lui-même, ignorant tout de son passé d’homme du KGB, les services secrets de l’ancienne URSS.»
Benoît de Boysson

Emportés par leur romantisme pro-Poutine

Bref, à Reconquête, certains, emportés par leur romantisme pro-Poutine, auraient mal compris Zemmour lorsqu'il vantait le patriotisme du président russe. Il ne voulait pas dire que Poutine devait être un leader pour l'Europe, il voulait tout simplement dire que Poutine était un bel exemple de patriote.

Qui pourra croire à la sincérité de ce changement de narratif?

De même, y aurait-il eu tromperie à propos des intentions du chef de l'Etat russe? Zemmour le voyait tel un chevalier reformant la Russie chrétienne, voilà qu'il découvre avec stupeur un impérialiste à la mode soviétique, recourant à des supplétifs musulmans pour mater des chrétiens ukrainiens... Qui pourra croire à la sincérité de ce changement de narratif?

Il rassure ses électeurs sur le non-accueil des réfugiés ukrainiens

S'il lâche Poutine et se met à dos une partie de son électorat présumé, Eric Zemmour tient bon sur un autre plan, celui de l'accueil par la France des réfugiés, cette fois-ci ukrainiens. Lui n'y est pas favorable, fidèle en cela à sa doctrine restrictive sur le sujet, l'un des marqueurs de sa campagne. Il préfère aider financièrement la Pologne où des Ukrainiens affluent plutôt que d'en voir une partie venir en France, qu'il juge économiquement trop faible pour amortir ce surplus d'individus, s'est-il expliqué lundi.

Voilà l'électorat zemmourien apparemment rassuré. «Deux soutiens d'Eric Zemmour m'ont appelé pour être bien sûrs que leur candidat n'avait pas varié sur ce point-là», rapporte Benoît de Boysson.

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