International
Société

Addiction: le procès de Meta entre dans le vif du sujet

FILE - Mark Zuckerberg talks about the Orion AR glasses during the Meta Connect conference on Sept. 25, 2024, in Menlo Park, Calif. (AP Photo/Godofredo A. Vasquez, File)
US Alaska Zuckerberg Yacht
Mark Zuckerberg et son groupe Meta entrent dans une période de turbulences. Keystone

Addiction: le procès de Meta entre dans le vif du sujet

La justice accuse la société d'avoir délibérément conçu Facebook et Instagram pour encourager une utilisation compulsive chez les jeunes utilisateurs. Le risque est énorme pour le groupe Meta.
18.08.2026, 08:5318.08.2026, 08:53

Accusé d'avoir rendu les adolescents dépendants à Facebook et Instagram, Meta affronte mardi, en Californie, les premières plaidoiries d'un procès dans lequel plusieurs Etats américains lui réclament près de 200 milliards de dollars de pénalités et une refonte de ses deux applications phares.

Après la sélection du jury la semaine dernière, les débats s'ouvrent sur le fond, pour six semaines, devant le tribunal fédéral d'Oakland, sur la baie de San Francisco.

C'est le premier procès fédéral d'un vaste contentieux qui vise aussi TikTok, Snapchat et YouTube, cernés par les procédures de familles, de collectivités scolaires et d'Etats américains qui les accusent d'avoir dégradé la santé mentale des adolescents.

Meta comparaît ici seul, déjà lesté de deux condamnations cette année devant des tribunaux d'Etat, à Los Angeles et au Nouveau-Mexique, dont il a fait appel.

Les Etats lui réclament, selon un chiffrage encore provisoire, quelque 193 milliards de dollars de pénalités. Ils ont démenti jeudi viser 1400 milliards, un total calculé par Meta pour, selon eux, «créer la stupeur».

Ils demandent aussi que les réglages les plus protecteurs soient imposés d'office aux mineurs, du temps d'écran aux notifications, sans possibilité pour un adolescent de les assouplir seul.

29 Etats contre Meta

Chefs de file d'une coalition de 29 Etats qui poursuivent Meta depuis 2023, ce sont les procureurs généraux de quatre d'entre eux - Californie, Colorado, Kentucky et New Jersey - qui portent le fer dans ce procès.

Leur accusation tient en trois volets: Meta aurait menti au public sur la nocivité de ses applications pour les adolescents; il aurait conçu certaines fonctionnalités pour les retenir, notamment des filtres d'apparence et des outils de limitation du temps facilement contournables; et il aurait collecté les données d'enfants de moins de 13 ans sans consentement parental, en violation d'une loi fédérale.

«Nous allons démontrer devant un jury que Meta a caché ce qu'il savait des dommages causés aux jeunes, parce que détourner le regard était plus rentable», a affirmé lundi le procureur général du Kentucky, Russell Coleman.

Et de poursuivre:

«Nous l'avons fait avec l'industrie du tabac dans les années 1990, nous l'avons fait avec les entreprises derrière la crise des opiacés, nous le referons avec Meta.»

Jury consultatif

Huit jurés ont été sélectionnés mercredi, mais leur rôle sera consultatif: c'est la juge Yvonne Gonzalez Rogers, connue pour avoir sanctionné Apple et arbitré le récent procès entre Elon Musk et OpenAI, qui tranchera seule.

Mark Zuckerberg est le témoin vedette annoncé, six mois après sa première comparution devant un jury, à Los Angeles, qui s'était soldée par une condamnation historique pour le préjudice subi par une adolescente.

Le jury entendra aussi Arturo Bejar, un ancien ingénieur de Meta devenu une figure incontournable du combat contre les géants des réseaux sociaux.

La juge a rejeté la demande du groupe de Menlo Park d'exclure son témoignage, y voyant une «tentative désespérée d'éliminer un témoin solide» des plaignants.

Meta, qui revendique quelque 3,6 milliards d'utilisateurs sur l'ensemble de ses applications, «est en profond désaccord avec ces accusations» et se dit «confiant que les preuves démontreront notre engagement de longue date en faveur des jeunes», a déclaré un porte-parole à l'AFP.

L'enjeu sera de mesurer «l'écart» entre ce que Meta savait de ses produits et ce qu'il en disait publiquement, a déclaré à l'AFP Nora Freeman Engstrom, professeure de droit à Stanford.

Pour Meta, dont les bénéfices record financent ses coûteuses ambitions dans l'IA, la principale menace reste «l'atteinte à la réputation» et l'obligation de modifier ses produits, a estimé Vincent Joralemon, juriste à l'université de Berkeley. (sda/awp/ats/afp/svp)

La communauté des therians se visibilise sur les réseaux
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Ces «offres d'emploi» permettent à Poutine de piéger des étrangers
Des milliers de ressortissants étrangers, provenant de pays pauvres ou en situation irrégulière en Russie, sont recrutés de «manière trompeuse» par Moscou et forcés de se battre en Ukraine. Une pratique documentée par un vaste rapport d'Amnesty International, diffusé ce jeudi.
En 2024, des soldats nord-coréens ont été aperçus aux côtés des forces armées russes. Ils avaient été déployés dans la région frontalière de Koursk, qui avait été temporairement envahie par les troupes ukrainiennes. Ce n'est pas un cas isolé. De nombreux autres ressortissants étrangers se battent avec les forces de Moscou, mais dans toutes autres circonstances.
L’article