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B.1.1.7, en majesté. image: Shutterstock

Humeur

Des variants variés s’ébrouent invariablement sur nos corps avariés

Le Covid-19 n’a pas fini de nous taper sur les nerfs. Passionnante, la saison 2 bat son plein avec le festival des variants. Exercice de style en mode parano.



Pour être honnête, en entendant son nom pour la première fois, deux semaines avant Noël, on n’y a à peine prêté attention. Après tout, les vaccins n'allaient pas tarder à débarquer, l’ARN messager serait là avant les rois mages, et l’affaire bientôt pliée. Ce ne serait peut-être pas d’emblée le retour à la «vie d’avant», mais au minimum la promesse d’un printemps délicieux, avant la grande libération de l’été.

Pendant ce temps, de son côté, B.1.1.17 s'activait...

Lui, le « variant anglais ». Il infecte tous les patients anglais qu’il peut trouver, et le Royaume-uni tangue. Nous sommes en janvier 2021. A ce stade, on se dit que, après avoir raté la première vague, et pataugé dans la deuxième, nos amis britanniques sont en train de fêter leur nouvelle souveraineté hors Europe en étant les seuls à s’offrir un troisième service.

Tragique méprise. Il n’aura fallu que quelques semaines pour vérifier que, depuis le Brexit, le variant anglais est en fait la seule chose que les Britanniques, ces impayables maladroits, soient parvenus à exporter avec succès sur le continent!

Quelques mots pour cerner la bête

Le variant VOC-202012/01, ou Variant of Concern 202012/01 a été détecté pour la première fois en octobre 2020 dans le comté du Kent. Il n’a pas tardé à gagner Londres, et en quelques semaines, le tour était joué: les Britanniques ne jurent que par lui, ou plutôt à cause de lui.
Non seulement le machin est plus contagieux, mais il est aussi plus mortel, on le sait désormais. Pourquoi l’animal est-il aussi vicieux? Accrochez-vous: c’est à cause d’une mutation N501Y du péplomère S du virus affectant le «domaine de liaison au récepteur», susceptible de se lier à l'enzyme de conversion de l'angiotensine 2.

Vous l'aurez compris, il ne s'agit que d'un résidu d'asparagine remplacé par une tyrosine en position 501, on apprend ça en vingt-septième année de médecine.

Résumons : péplomère, tyrosine, asparagine.

Le taux de contamination remonte vite, partout. En Suisse, quatre infections sur cinq se font désormais à l’aide de B.1.1.7, en pleine forme. Ce n’est plus le démodé Covid-19 que l’on redoute, mais l’arrivée de «nouveaux variants».

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B1.1.248, l'ami brésilien. image: shutterstock

Tous les virus font ça paraît-il, sauf que pour l’ouverture des terrasses, le variant c’est invariablement non. Car après l’anglais (le vaccin marcherait), voici venus, dans le désordre: le brésilien (le vaccin ne fonctionnerait pas) et le sud-africain (le vaccin serait efficace à moitié, ou pas). Nous en sommes là dans cette sarabande vénéneuse, aussi fascinés que consternés, quand la familia grande s'agrandit encore.

Lundi soir 15 mars, 18h34

«Un nouveau variant du Covid-19 a été détecté au centre hospitalier de Lannion, dans les Côtes-d’Armor»

Alerte de la Direction générale de la santé française

Un «variant breton», maintenant! Le pompon.

A quand le belge, ou le valaisan? On apprend par la même occasion que le machin de Lannion a été classé «sous surveillance» – on dit toujours ça pour rassurer, et deux mois plus tard la sidération a remplacé la surveillance. Huit cas détectés. Huit morts. Le variant breton est beaucoup plus virulent qu’une crêpe au beurre.

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Autre variant breton, pouvant notamment provoquer le cholestérol. image: Shutterstock

Avant de vous quitter, je vous propose de zoomer ci-dessous.

Vous pourrez dire à vos connaissances dans les dîners en ville que vous êtes les premiers à avoir vu (d’en haut) l’endroit d’où est sorti le machin qui nous confinera jusqu’en 2027. Bonne suite (ou pas).

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Le recul le plus net s’observe pour les films produits aux Etats-Unis (–56%, 56 films). Cette baisse est deux fois moins marquée (28%) pour les productions suisses (51 films).

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