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Jeune couple, téléphone

La jeune génération se désintéresse du sexe. Image: ShutterStock

Les jeunes couchent moins et on sait enfin pourquoi

De plus en plus de jeunes adultes sont inactifs sexuellement. Une étude américaine a identifié trois raisons principales pour expliquer cette chasteté générationnelle. Surprise (ou pas): l'alcool n'y est pas étranger.



On les imagine jeunes, pleins de fougue, profitant de chaque occasion pour se sauter dessus. Et puis non. En 2018, 31% des hommes entre 18 et 24 ans étaient inactifs sexuellement. Ils n'étaient que 19% en 2002. Une chasteté qui augmente aussi chez les femmes, elles sont désormais 19% à vivre sans rapports contre 15% 15 ans plus tôt. (Et encore, tout ça c'était sans compter le Covid...)

Cette évolution sexuelle au sein de la jeune génération a servi de point de départ à une étude de l'Université de New-York (USA) menée sur près de 2000 personnes. Publiée début mars, elle a examiné huit facteurs pouvant expliquer ce serrage de ceinture générationnel. Et trois d'entre eux se sont avérés décisifs.

Un manque d'alcool

Le principal facteur expliquant la diminution des passages sous la couette chez les femmes est... la baisse «significative» de leur consommation d'alcool au cours de la dernière décennie. «Les qualités désinhibitrices de l'alcool sont bien connues. Les chances qu'une jeune femme buvant quotidiennement ait un rapport sexuel occasionnel sont presque sept fois plus élevées que celles d'une femme assurant ne jamais boire», pointent les auteurs de l'étude.

Les jeunes hommes boivent eux aussi moins et sont également touchés par le phénomène. Ceux qui consomment quotidiennement de l'alcool ont 5,5 fois plus de chances de prendre leur pied que les plus sobres.

Trop de jeux vidéos

Chez les hommes, un autre facteur influence considérablement et inversement leur vie sexuelle: l'augmentation du temps qu'ils consacrent aux jeux vidéos. Un jeune qui joue tous les jours à 50% de chance de ne pas conclure en comparaison de ses camarades qui ne touchent jamais aux manettes.

jeux vidéos, jeunes, couples

Image: Shutterstock

Chez les femmes, même si elles jouent davantage sur leur ordinateur qu'il y a une décennie, cette augmentation n'influence pas significativement leurs possibilités d'avoir un rapport sexuel.

«On commence à vivre plus virtuellement que réellement. Les jeunes sont pris dans leurs jeux vidéo, ils en oublient le reste du monde. Il y a un côté extrêmement excitant qui remplace finalement l'excitation sexuelle. Leur montée d'adrénaline passe par là et ils ont moins d'énergie ou d'envie à consacrer à la séduction. Ils prennent leur pied à travers ce qu'il se passe sur l'écran.»

Marie-Hélène Stauffacher, psychologue-sexologue

Des parents à la maison

Ambiance Tanguy! Les jeunes adultes ont, aujourd'hui, davantage de chances de vivre avec leurs parents qu'il y a dix ans, selon l'étude. Problème : la présence des géniteurs sous le même toit influence négativement leur vie sexuelle. Chez les femmes, cela n'impacte pourtant que très modérément la fréquence de leurs rapports.

En revanche, chez les hommes, ceux qui vivent avec leurs parents ont un tiers de chances en moins de prendre leur pied que leurs camarades vivant seuls.

Allez, une petite raison bonus

Tout est dans la tête!

En plus des facteurs mis en lumière par l'étude américaine, la sexologue Marie-Hélène Stauffacher pointe aussi des éléments psychologiques. Selon les observations qu'elle fait dans son cabinet, les jeunes actuels sont moins sex-addict que leurs aînés. «Il y a toute une frange de la jeunesse qui dit non à cette hypersexualité permanente et qui souffre du libertinage de notre société. Ils optent pour une certaine moralisation de leur vie sexuelle par volonté de ne pas faire comme leurs parents.»

La psychologue souligne, par ailleurs, qu'une partie de cette génération est perdue face à son identité de genre. Elle pointe également un désintérêt pour la séduction. «Ils voient leurs compagnons comme des égaux mais la sexualité, cela ne marche pas comme ça. C'est justement parce que l'autre est autre qu'on a envie de le charmer.»

Mais alors, c'est grave docteur?

Oui, et non, bien au contraire. La baisse de l'activité sexuelle a des aspects positifs et négatifs, précise l'étude américaine. D'une part, cela amène moins de maladies sexuellement transmissibles, de grossesses non-volontaires et de problèmes mentaux. De l'autre, cela risque d'entraver le développement psychosocial des jeunes et de diminuer leur satisfaction physique et émotionnelle.

«Ce n'est ni mieux, ni moins bien. D'un côté, dans notre génération, la sexualité était perçue comme une sorte de dû, ce qui entraînait toute sortes d'excès, comme on l'a vu avec Metoo. À l'inverse, il va manquer aux jeunes une dimension de plaisir concret. En tant qu'humain, on a besoin de tisser des liens avec les autres. Le danger, c'est qu'on perde l'envie de partager, qu'on ne sache plus affronter le non, la frustration. La confrontation à l'autre permet d'être un humain plus complet.»

Marie-Hélène Stauffacher, psychologue-sexologue

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Une vaste enquête menée sur les 18 à 23 ans démontre que 54% de cette «génération Z» est attirée par autre chose que le sexe opposé. Une réalité qui contraste avec celle de ses parents.

Les temps changent et les attitudes à l’égard de la sexualité aussi. Une récente étude menée aux Etats-Unis et au Royaume-Uni auprès de 2132 personnes âgées entre 18 et 23 ans révèle qu’un jeune adulte sur deux n'est pas attiré par le sexe opposé.

Ipsos, la société en charge de cette étude, affirme que cette «génération Z» se reconnaît en fait de plus en plus dans la communauté LGBTQIA+. En comparaison avec les plus anciens, y a pas photo.

Les résultats de l'étude suggèrent que la nouvelle …

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