DE | FR
Témoignage watson

Olga, 28 ans: «On dort à 65 dans une école, sortir dans Kiev est trop dangereux»

Alors que les troupes russes sont entrées dans la capitale ukrainienne, watson a contacté une jeune habitante qui s'est réfugiée dans un abri à Kiev.
26.02.2022, 07:5826.02.2022, 11:28
Suivez-moi

«Je réalise que la guerre est là, mais je n'arrive toujours pas à y croire», raconte Olga, 28 ans, juge assistante au tribunal administratif de Kiev. Réfugiée avec des dizaines d'autres personnes dans une école de la capitale ukrainienne, elle a préparé l'essentiel de ses affaires (carte d'identité, argent, médicaments) et elle s'est rendue il y a deux jours avec son petit ami dans cet abri.

«Il n'y a pas de mouvement de panique pour l'instant, nous avons de l'eau, de la nourriture, et nous attendons des informations officielles»
Olga Maria Nacorado
Vidéo: watson

Olga partage l'espace avec 65 personnes, hommes, femmes, enfants et animaux de compagnie. «Vous devriez voir le nombre de valises qu'il y a ici», explique-t-elle calmement. Lorsqu'on lui demande si elle a envisagé de quitter Kiev ou même son pays, elle répond qu'il est trop dangereux de sortir dans les rues.

«Nous avons une voiture, mais nous ne savions pas où trouver de l'essence. Les stations service sont prises d'assaut et la circulation est paralysée»
Olga Maria Nacorado

La situation semble s'être figée pour Olga, entre deux alertes et bruits de bombardements, elle tente de joindre ses parents qui vivent à Irpin, une commune située dans l'agglomération de Kiev à seulement 10 kilomètres de l'aéroport militaire de Gostomel qui a été visée par les frappes russes jeudi 24 février.

Pont permettant d'accéder à la ville d'Irpin à 30km au nord-ouest de Kiev
Pont permettant d'accéder à la ville d'Irpin à 30km au nord-ouest de Kiev
«Hier soir, durant les bombardements, j'ai contacté mes grands-parents qui s'étaient cachés à la cave»
Olga Maria Nacorado
Les membres de la famille d'Olga Maria Nacorado qui se sont réfugiés dans leur cave lors des bombardements à Irpin.
Les membres de la famille d'Olga Maria Nacorado qui se sont réfugiés dans leur cave lors des bombardements à Irpin. Olga Maria Nacorado

Chatbot et réseaux sociaux

La communication avec la jeune femme a été quelque peu laborieuse à cause d'interruptions du réseau de téléphonie mobile, mais Internet fonctionne encore. «Je suis restée en contact avec ma famille et mes amis. Tout marche pour l'instant et on espère que cela va durer», se soucie-t-elle.

«Nous utilisons des chatbots et des réseaux sociaux reconnus par les autorités ukrainiennes»
Olga Maria Nacorado

La jeune femme qui est consciente que la guerre qui la frappe est aussi une guerre d'images souhaite nous transmettre des photos et vidéos envoyées par son entourage qui réside aussi à Kiev. Elle tient à souligner le fait que l'armée russe ne vise pas seulement les points stratégiques, mais bombarde aussi les habitations, «faisant de nombreuses victimes civiles».

La maison des parents d'Olga Maria Nacorado à Kiev, détruite par les bombardements russes.
La maison des parents d'Olga Maria Nacorado à Kiev, détruite par les bombardements russes.Olga Maria Nacorado

Lorsqu'on lui demande si elle a été surprise par la tournure des événements, elle nous répond d'une voix sûre que les manifestations de la place Maïdan en 2014 auxquelles elle a participé ont été un signal d'alarme fort quant à la volonté ukrainienne de s'affranchir de l'influence du pouvoir russe.

«Je ne m'attendais pas à ces bombardements, mais je savais que la Russie ne nous laisserait pas nous rapprocher de l'Europe et de l'Otan, c'était juste une question de temps»
Olga Maria Nacorado

Mais que peut attendre cette ancienne étudiante en droit de 28 ans de la part des autres pays européens? À cette question, Olga répond sans détours qu'il est nécessaire que l'Europe aide militairement son pays, mais qu'elle doit aussi prendre des sanctions fortes contre la Russie.

«J'aimerais que l'Europe interdise l'accès au réseau SWIFT à la Russie. Cela l'empêchera peut-être de continuer cette guerre»
Olga Maria Nacorado
SWIFT? L’Europe frileuse à se décider
SWIFT (l'acronyme de «Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication») est le réseau de messagerie bancaire le plus utilisé au monde. La société, fondée en 1973 pour sécuriser les échanges bancaires, compte aujourd'hui plus de 10 000 institutions financières dans plus de 200 pays. Concrètement, Swift permet aux banques d’échanger des ordres de paiement ou de transferts de fonds. Les pays européens, inquiets pour leur approvisionnement énergétique, hésitent toujours à prendre une décision définitive contre Moscou à ce sujet.

Depuis son abri, Olga ajoute qu'elle a pleinement confiance en l'armée ukrainienne et que si la situation venait à se dégrader, son petit ami se joindrait à l'armée.

«Nous sommes à l'abri et organisés. Nos smartphones fonctionnent et nous pouvons témoigner. Parlez de notre situation. C’est insensé ce qui se passe en Ukraine»
Olga Maria Nacorado

L'opération militaire russe en images

1 / 18
La guerre en Ukraine en images
source: sda / efrem lukatsky
partager sur Facebookpartager sur Twitterpartager par WhatsApp

Manifestations anti-guerre en Russie

Plus d'articles sur le président Zelinsky et la guerre en Ukraine

«Zelensky fait de sa communication un show au service de sa cause»

Link zum Artikel

A Berne, Zelensky remercie la Suisse, mais attaque Nestlé et en demande plus

Link zum Artikel

L’héroïque Zelensky, ce président ukrainien qui joue sa peau face aux Russes

Link zum Artikel

Le discours émotionnel de Zelensky devant le Parlement allemand

Link zum Artikel

Pour aider l'Ukraine, des Suisses lancent la vodka Zelensky

Link zum Artikel

Président de l'Ukraine: qui est cet humoriste qui veut «tuer des Russes»?

Link zum Artikel
Montrer tous les articles
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Le mystère de la mort subite du nourrisson est presque résolu
Elle semblait être une tragédie inexplicable, mais selon des chercheurs australiens la mort subite du nourrisson est due a une carence d'enzyme dans le cerveau de certains nouveau-nés. Et le tabagisme a aussi sa part de responsabilité.

Le phénomène de mort subite du nourrisson est probablement la plus grande peur des nouveaux parents. Si bien qu'ils se tiennent parfois près du berceau pendant la nuit afin de vérifier si le bébé respire encore.

L’article