Le nouveau Siri arrive enfin, mais Apple a eu besoin d'aide
Apple a dévoilé lundi la refonte de son assistant Siri transformé en intelligence artificielle (IA) conversationnelle. L'entreprise est contrainte toutefois de l'adosser à la technologie de son rival Google, deux ans après l'échec d'une première tentative en interne.
Attendu pour l'automne (sauf en Chine et en Europe pour cause de régulations), l'assistant d'Apple, renommé SiriAI, permettra, pour les appareils récents dotés des puces maison, de déléguer la rédaction d'emails, de rechercher à travers les applications ou de laisser l'outil interpréter ce qui s'affiche sur l'écran.
L'assistant s'appuie sur une adaptation maison des modèles Gemini de Google, accroissant la dépendance du géant de Cupertino envers son voisin de Mountain View.
Apple, qui a fait de la confidentialité des données un argument commercial central contrairement à Google, a insisté à plusieurs reprises dans sa présentation sur le fait que ces fonctions IA tournent uniquement dans son écosystème sécurisé.
Il y a deux ans le patron d'Apple Tim Cook avait annoncé qu'Apple franchissait un cap majeur pour intégrer massivement l'IA générative, dans le sillage de la frénésie qui avait saisi le secteur depuis la sortie de ChatGPT.
Mais le déploiement n'a jamais eu lieu: la très attendue refonte de l'assistant vocal Siri, vantée dans les publicités du groupe, ne s'est jamais concrétisée, valant à Apple un recours collectif de clients américains, qu'il a accepté de régler cette année pour 250 millions de dollars.
Renforcement du contrôle parental
Le retard pris par Apple dans la course à l'IA n'est pas rédhibitoire pour nombre d'analystes: fort de plus de 2,5 milliards d'appareils actifs, Apple pourrait tirer son épingle du jeu une fois les usages grand public de l'IA arrivés à maturité. Le groupe a aussi longuement présenté le renforcement du contrôle parental, au moment où les géants américains de la tech subissent une pression croissante de la société civile sur la protection des mineurs.
Malgré l'absence d'offre d'IA compétitive, l'action Apple a largement défié la pesanteur ces deux dernières années. Sa capitalisation dépasse 4000 milliards de dollars, l'une des trois premières mondiales, derrière Nvidia et proche de Google.
Les difficultés du groupe à développer ses outils d'IA en autonomie tranchent avec sa culture de maîtrise de bout en bout, des puces maison aux logiciels. Bon nombre des avancées présentées lundi sont similaires à celles déjà déployées auprès des utilisateurs par Google, qui a intégré l'assistance IA dans sa messagerie Gmail, son service de cartographie Maps et son système d'exploitation Android pour smartphones et tablettes.
Faute de logiciel d'IA abouti, Apple a dû repousser plusieurs appareils, selon Bloomberg, notamment un écran connecté domestique attendu fin 2026 et des lunettes connectées (fin 2027). (mbr/ats)
