Mairie de Limoges incendiée: voici ce que l'on sait du suspect
Un homme connu de la police pour son appartenance à l'ultragauche a été interpellé mardi matin en Haute-Vienne dans l'enquête sur l'incendie volontaire de la mairie de Limoges (centre-ouest), l'un des symboles des débordements survenus samedi dans toute la France lors des mobilisations du 17 octobre.
Cette personne, «suspectée dans les faits d'incendie» de l'hôtel de ville lors des violences survenues en marge de la mobilisation nationale, a été interpellée à Val d'Issoire avec l'assistance de l'antenne bordelaise du RAID, unité d'élite de la police nationale, a indiqué le parquet de Limoges.
Un individu déjà connu des forces de police
Agé de 34 ans, l'homme est fiché S pour son appartenance à l'ultragauche et est connu pour des faits de violences sur personne dépositaire de l'autorité publique, selon une source policière.
Il est originaire du département voisin de la Creuse, a précisé une source policière syndicale.
L'interpellation s'est produite tôt mardi matin dans une petite maison isolée à Bussière-Boffy, localité désormais regroupée au sein de la commune de Val d'Issoire.
Sous couvert d'anonymat, des voisins et connaissances ont indiqué que l'intéressé était intérimaire dans le bâtiment et engagé dans la défense de l'environnement.
Possiblement plusieurs responsables
Il est notamment soupçonné d'avoir pris part à une manifestation contre un projet d'usine de pellets en 2024 à Guéret (nord-est de Limoges) et a été poursuivi pour des coups portés à un policier. Relaxé en première instance en 2025, il a été condamné en appel à un an de prison avec sursis avant de se pourvoir en cassation (réd: un recours devant la cour qui vérifie la bonne application de la loi), selon le quotidien local Le Populaire du Centre.
Mardi, le maire de Limoges, Guillaume Guérin, du parti Les Républicains, a indiqué à la presse:
Disant s'attendre à de nouvelles arrestations dans ce dossier, il a ajouté:
Samedi, lors des mobilisations contre «la vie chère» qui ont donné lieu à des débordements dans plusieurs villes de France, des émeutes ont éclaté dans le centre de Limoges et des casseurs s'en sont pris à la mairie qui a brûlé.
La partie ancienne de l'hôtel de ville, inauguré en 1883, a été «quasi 100% détruite» à l'intérieur, selon les autorités. La toiture et le beffroi se sont effondrés et seule la partie moderne à l'arrière a été sauvée par les pompiers.
La notion de terrorisme à l'étude
Le parquet de Limoges a ouvert ce week-end une enquête pour destruction d'un bien par moyen dangereux en bande organisée, confiée à la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Limoges.
La sous-direction antiterroriste de la police judiciaire (SDAT) a été saisie, a-t-on appris mardi d'une source proche du dossier.
Mais pour l'heure, le parquet national antiterroriste (Pnat) «ne s'est pas saisi et est toujours en évaluation de la procédure diligentée par le parquet de Limoges», a précisé une source judiciaire.
Le Pnat «cherche à comprendre si les faits commis à l'hôtel de ville de Limoges ont pu résulter d'agissements concertés et organisés, ayant pour but de semer la terreur, autrement dit à déterminer l'existence éventuelle d'une entreprise terroriste», a précisé cette source judiciaire. Mardi, lors d'un déplacement à Lille, le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a exposé:
Le premier ministre, Sébastien Lecornu, qui a promis que la mairie de Limoges serait reconstruite avec l'aide de l'Etat «car elle est le symbole d'une Nation qui ne se laisse ni abattre, ni intimider», doit se rendre vendredi dans la préfecture de la Haute-Vienne.
