International
Tourisme

En Espagne, le manque de personnel met le tourisme estival sous pression

En Espagne, le manque de personnel menace le tourisme estival

epa09201417 People enjoy the sun on the beach of Benidorm, Alicante, Spain, 15 May 2021, during the first full weekend after the State of alarm was lifted on 09 May 2021. EPA/MANUEL LORENZO
Des touristes profitent du soleil sur la plage de Benidorm à Alicante en Espagne.Image: sda
La pénurie de travailleurs saisonniers est devenue une source de tensions aux Baléares, alors que l'activité repart de plus belle après deux ans de pandémie.
13.06.2022, 05:4213.06.2022, 12:48
Plus de «International»

En Espagne, que ce soient des cuisiniers, des barmans ou des plongeurs, parmi les restaurants et les cafés de la ville, nombreux sont ceux qui peinent à recruter.

En temps normal, jamais Pablo Gonzalez n'aurait pensé baisser le rideau de sa brasserie en plein été. Mais cette année, le voilà résigné: faute de personnel, il fermera son restaurant un jour par semaine jusqu'à la fin de la saison:

«J'ai mis des annonces sur internet et demandé un peu partout, mais sans succès jusqu'à présent»
Pablo Gonzalez, restaurateur à Benidorm, une station balnéaire du sud-est de l'Espagne

Dans son établissement, qui assure au quotidien 120 couverts, deux serveurs manquent à l'appel sur un total de seize employés:

«Dans ce contexte, impossible d'ouvrir sept jours sur sept: il faut que mes employés puissent se reposer»

«L'été s'annonce très bon» en termes de fréquentation mais «le manque de saisonniers pose vraiment problème», résume Alex Fratini en observant le défilé des touristes sur la terrasse de son café, l'un des huit établissements qu'il possède à Benidorm:

«Il y a toujours eu des difficultés de recrutement mais, là, c'est du jamais vu. Voilà deux semaines, j'avais calé dix entretiens (d'embauche), mais personne n'est venu. Personne!»

Pour Diego Salinas, gérant de l'Association des bars, restaurants et cafétérias de Benidorm (Abreca) qui évalue à 1200 les postes non pourvus, «plusieurs facteurs» expliquent cette situation.

«Plus envie»

Parmi ces facteurs: les contraintes horaires du secteur touristique, le manque de formation et le contrecoup de la pandémie:

«Avec le Covid, beaucoup de salariés sont partis et ne sont pas revenus parce qu'ils ont trouvé du travail ailleurs»
Diego Salinas, gérant de l'Association des bars, restaurants et cafétérias de Benidorm

Une situation aggravée par la pression immobilière. Les logements libérés ont été convertis en appartements touristiques, avec des loyers plus élevés.

«Pour les salariés, il est devenu très compliqué de se loger», insiste le responsable de l'Abreca.

«Plan d'urgence»

Des Baléares à la Costa Brava, l'ensemble de l'Espagne touristique est concerné par cette désaffection, qui touche plusieurs autres pays européens.

Selon les organisations patronales, 50 000 postes seraient ainsi vacants outre-Pyrénées. Un paradoxe au vu du taux de chômage du pays (13,65%), parmi les plus élevés de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Le problème est «généralisé» et ne pourra être résolu que via «des réformes importantes», estime Emilio Gallego, secrétaire général de l'organisation patronale Hosteleria de Espana, qui plaide pour «un plan d'urgence».

Conscient du problème, le gouvernement de gauche de Pedro Sanchez a annoncé début juin un assouplissement des règles d'accueil des travailleurs étrangers. Mais l'exécutif, par la voix de la ministre du Travail Yolanda Diaz, a aussi invité le secteur à plus d'efforts sur les salaires.

Un message qui agace certains restaurateurs à Benidorm, où une hausse de 4,5% vient d'être actée avec les syndicats.

«Si le problème venait des salaires, il se réglerait facilement: ceux qui payent plus auraient plus de salariés»
Alex Fratini, patron de huit établissements à Benidorm

«Quand il n'y a personne, il n'y a personne», abonde Angela Cabanas, qui raconte avoir proposé «jusqu'à 2000 euros par mois» (à peine plus en francs) afin de trouver un saisonnier pour la cuisine de son établissement.

De guerre lasse, cette restauratrice a décidé de n'ouvrir que le bar cet été. «C'est une décision drastique mais je n'ai pas le choix», lâche-t-elle, se disant «découragée». (ats/jch)

Copin comme cochon: les gens dans l'avion
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
As-tu quelque chose à nous dire ?
As-tu une remarque pertinente ou as-tu découvert une erreur ? Tu peux volontiers nous transmettre ton message via le formulaire.
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Ce pull coûte une blinde: l’insolent succès du marketing pro-Poutine
C'est le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov qui, le 15 août en Alaska, a donné un sacré coup de boost aux sweats et t-shirts floqués CCCP. On revient sur cette géopolitique de la mode.
«Papy» Lavrov a réussi son coup. Grâce à lui, les commandes de la marque SelSovet ont été multipliées par 48 en moins de temps qu'il n'en faut à un Soukhoï pour survoler l'immense Russie. Souvenez-vous. Le 15 août, à sa descente de l’Iliouchine présidentiel sur la base militaire Elmendorf-Richardson en Alaska, à l’occasion du sommet Trump-Poutine, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s'est présenté vêtu d'un sweat blanc portant l’inscription «CCCP», URSS en français, le nom de l’ancienne Union soviétique.
L’article