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La Russie peut-elle causer un accident nucléaire? Voici les risques

Les forces armées de Moscou se sont emparées de la centrale nucléaire de Zaporijia en Ukraine.
Les forces armées de Moscou se sont emparées de la centrale nucléaire de Zaporijia en Ukraine.Image: sda
Un obus russe a mis le feu à une centrale nucléaire ukrainienne dans la nuit de jeudi à vendredi. A-t-on frôlé un nouveau Tchernobyl, comme l'affirment les autorités de Kiev? Cela risque-t-il de se reproduire? Eléments de réponse.
05.03.2022, 17:0907.03.2022, 11:33
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Les forces armées de Moscou se sont emparées de la centrale nucléaire de Zaporijia, située dans le sud de l'Ukraine. Dans la nuit de jeudi à vendredi, le plus grand site nucléaire d'Europe a été touché par des tirs de chars russes, qui ont mis le feu à un laboratoire et un bâtiment de formation.

L'incendie a été éteint et aucun changement sur le plan de la radioactivité n'aurait été constaté. Pourtant, cet incident a alimenté les craintes d'une catastrophe atomique, dans un pays qui a été frappé par le pire accident nucléaire de l'histoire.

Avec ses six réacteurs, la centrale de Zaporijia est le plus gros site nucléaire d'Europe.
Avec ses six réacteurs, la centrale de Zaporijia est le plus gros site nucléaire d'Europe. Image: sda

Les réactions ont fusé. Une explosion à la centrale aurait été l'équivalent de «six Tchernobyl», a assuré le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui n'a pas hésité à affirmer:

«Nous avons survécu à une nuit qui aurait pu mettre un terme à l'Histoire de l'Europe»
Volodymyr Zelensky

L'ambassade américaine en Ukraine a parlé de «crime de guerre», la diplomate Linda Thomas-Greenfield d'acte «irresponsable» et de «dangereux». A noter que la Russie dément toute responsabilité dans cet évènement.

Quels sont les dangers?

Il faut dire que la situation est tendue. Peu après le début de l'invasion russe, des combats avaient eu lieu à proximité du réacteur accidenté de Tchernobyl. Le bâtiment incendié par les Russes à Zaporijia n'était qu'à quelques centaines de mètres des installations nucléaires.

Les tanks russes à Tchernobyl

Vidéo: watson

A-t-on frôlé la catastrophe, comme le suggérait le président ukrainien? Que se passerait-il si un réacteur est bombardé, ou endommagé par des frappes?

Une chose est à peu près sûre: le bombardement d'une centrale atomique ne provoquerait pas une explosion nucléaire, rassurent plusieurs experts. L'un d'eux a même écrit sur Twitter que la comparaison avec Tchernobyl formulée par Volodymyr Zelensky est une «absurdité totale». Et ce, pour deux raisons:

  • Les réacteurs des centrales modernes sont protégés par un bâtiment de béton armé capable de résister à des événements extérieurs extrêmes, tels que le crash d'un avion ou des explosions.
  • Ces installations sont équipées de capteurs, qui doivent permettre de stopper l'activité du réacteur en cas de secousses.

Le risque d'une surchauffe

Tout danger est donc écarté? Pas du tout. Car il y a un deuxième risque, celui de surchauffe. Cette situation survient quand l'approvisionnement électrique de la centrale est coupé, par exemple suite à des combats. Les réacteurs ne peuvent alors plus refroidir, ce qui peut provoquer la fusion du coeur du réacteur et la fuite de radiations dans l'environnement. C'est par ailleurs ce qu'il s'était passé à Fukushima.

Quant à l'accident de Tchernobyl, il s'agit d'un autre cas de figure: à l'époque, un réacteur avait été porté à une puissance trop importante, provoquant une explosion.

Septième producteur mondial

Le danger est donc réel. D'autant plus que l'Ukraine compte trois autres installations nucléaires sur son territoire. Le pays est en effet le septième producteur mondial de ce type d'énergie, selon les données de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Image: datawrapper/watson

Les trois autres centrales en activité (celles de Rivné, de Khmelnitski et d'Ukraine du Sud) sont encore loin des troupes russes, même si un accident comme celui survenu à Zaporijia ne peut pas à priori être exclu.

Une attaque délibérée

Reste une dernière question: la Russie pourrait-elle cibler une centrale nucléaire ukrainienne de manière volontaire? «S'il doit y avoir un incident nucléaire majeur, c'est parce que quelque chose est fait de manière délibérée», affirme dans le Guardian le professeur Tom Scott. Avant d'ajouter:

«Il est certain que personne ne va être aussi stupide»

«Une telle attaque ne profite à personne», poursuit-il. «D'autant plus que le vent souffle vers la Russie en ce moment».

Pourquoi faudrait-il dire «Kyiv» au lieu de «Kiev»?

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