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Ecosse: les kilts jaune et bleu pour l'Ukraine cartonnent

Ecosse: les kilts jaune et bleu pour l'Ukraine cartonnent

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A l'entrée de l'immense hangar qui vrombit sous le cliquetis mécanique, un motif détonne par ses couleurs peu traditionnelles: jaune et bleu roi.
08.05.2022, 11:1908.05.2022, 19:46

Dans l'atelier de Macnaughton Group, une fabrique de tartans écossais artisanale, les machines dévident lentement des kilomètres de tissus aux lignes croisées dans des tons vert, rouge, noir, bleu, blanc, orange...

Depuis quelques semaines, la société Great Scot, cliente de l'usine, a lancé un «tartan pour l'Ukraine» afin de lever des fonds pour aider le pays envahi par la Russie, et le nouveau tissu fait un tabac.

«Nous avons vu ce qui se passait aux informations et comme beaucoup de gens nous étions horrifiés. On s'est demandé qu'est-ce qu'on peut faire? Nous pourrions lever de l'argent et le donner à des organisations caritatives. Créons un tartan»
Patrick Lewtas, directeur des opérations de Great Scot 

La réaction a été «fantastique», dit-il. Lorsque Great Scot a dévoilé le nouvel écossais sur sa page Facebook, elle a généré 10'000 partages, près de 140'000 «likes» et plus de 2'700 commentaires.

Le ministère des Affaires étrangères ukrainien a salué la création du tissu sur son compte Twitter.

Déjà 3.5 km de tissu ont été écoulés, a dit à l'AFP la fondatrice de Great Scot, Margot Page. Elle note une demande particulièrement forte depuis les Etats-Unis mais aussi d'Ecosse, et beaucoup d'Ukrainiens expatriés achetant le tissu.

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Avec chaque tartan «Ukraine pour toujours» - dont le motif a été déposé au registre officiel écossais - vendu, Great Scot versera de l'argent à l'association Ukraine Humanitarian Appeal.

«Nous espérons lever 40'000 à 50'000 livres, on n'y est pas encore mais les gens n'arrêtent pas de nous en demander plus»
Margot Page, en veste cintrée en tartan rouge et vert

«Un kilt pour Zelensky»

A ceux qui l'accusent de profiter de la guerre pour doper ses ventes, elle répond qu'elle a choisi pour sa petite entreprise, qui emploie une vingtaine de personnes, de produire dans des fabriques familiales pour «continuer les traditions». Un choix qui est loin d'être dicté par la rentabilité, affirme-t-elle.

Elle rêve maintenant de faire porter «un kilt (bleu et jaune) à (Volodymyr) Zelensky», le président ukrainien.

Euan Dalgliesh, assistant manager dans l'usine de Keith du Macnaughton Group, se dit «fier de tisser notre tissu national, et si ça aide d'autres gens, c'est formidable». Est-il étonné par l'engouement des clients?

«Nous sommes toujours étonnés par la demande pour les tartans. Génération après génération, on pense toujours qu'on a atteint le pic, mais la demande continue»
Euan Dalgliesh

Les tartans signalaient jadis l'appartenance à un clan ou une famille particulière et symbolisent donc la défense de l'identité.

Ils ont aussi été un temps interdits, associés au mouvement jacobite contre l'Angleterre, avant d'être réhabilités et de devenir un symbole britannique à l'international même si, au Royaume-Uni, il est considéré comme un emblème de la nation écossaise.

«Nous sommes fiers de notre histoire et les Ukrainiens aussi sont fiers de la leur»
Euan Dalgliesh

L'âme rebelle de ce tissu a été réaffirmée par le mouvement punk, qui se l'est approprié, et revisité par des créateurs de mode comme Vivienne Westwood, Alexander Macqueen ou les imperméables de la marque très «British» Burberry. (chl/ats)

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