Faites des enfants, qu'ils disent.
Accouchez dans la souffrance, chérissez-les, bercez-les, nourrissez-les, poussez-les à se maintenir en bonne santé en pratiquant une activité sportive régulière, inscrivez-les dans un club sportif, bossez à 100% pour payer leur jus d'orange et les cotisations, emmenez-les aux entraînements, assistez à leurs matchs sous la pluie, lavez leurs fringues dégoulinantes de boue et de transpi', participez aux collectes de fonds pour maintenir leur petit club malheureux à flot. Oh, et puis, pendant qu'on y est, participez aux défis absurdes lancés pendant la soirée. Enfilez-vous des marshmallows dans le gosier. Surtout, n'oubliez de rire pour montrer que oui, quand même, avoir des enfants, c'est super! Bref, soyez une mère digne de ce nom et sacrifiez-vous.
Tel est le destin de Natalie Buss, cette admirable super mummy britannique de 37 ans, qui a donné sa vie pour quelques livres sterlings de dons et payer un équipement tout neuf à son fiston.
C'est au Daily Mail, encore lui, que nous devons le récit de cette tragique démonstration d'amour maternel, qui a laissé sous le choc la petite communauté du sud du Pays de Galles plus tôt ce mois-ci. C'est là, à Pontypridd, que vivait cette comptable «absolument charmante», en compagnie de son mari et collègue, Elliott, et de leurs deux garçons.
Les faits sont survenus dans un local gris, moche et triste, comme le sont tous les clubs de foot du monde et surtout d'Angleterre. Il en fallait plus, toutefois, pour décourager les parents dévoués des mioches de l'équipe des moins de 10 ans du Beddau Rugby Football Club. Ce 7 octobre 2023, la fête bat son plein. Parties de bingo, DJ, éclats de rire: la récolte de fonds est un franc succès.
Hélas, c'était sans compter sur le clou de la soirée: le très fameux «défi guimauve». Comment ça, vous n'avez donc jamais entendu de ce sport de compétition? Rassurez-vous, les règles sont simples. Les participants ont 60 secondes, top chrono, montre en main, pour s'enfiler un maximum de marshmallows au fond de la gorge. Un peu comme les concours de hot-dogs. Mais en encore plus con.
Il est environ 22 heures lorsque Natalie Buss se lève d'un air décidé pour monter sur la scène, sous les hourras d'une foule surexcitée et sans doute, déjà, bien avinée. Pour son fils, elle peut le faire. Natalie veut remporter ce concours. La suite, c'est une témoin anonyme qui la raconte:
«Une minute, tout le monde s'amusait et criait. La suivante, elle était par terre». Plusieurs témoins oculaires confirment cette abominable version. Alors qu'elle ingurgite méthodiquement les guimauves roses et blanches, Natalie rit aux éclats. Jusqu'au marshmallow de trop. La gorge déborde, la jeune femme s'étouffe. Elle s'effondre tout à coup. Incapable de respirer.
Tandis qu'une femme de l'assistance se précipite vers une école voisine à la quête d'un défibrillateur, médecins et infirmières présents dans le public se jettent sur la malheureuse pour tenter de la réanimer.
Lorsque les services d'urgence arrivent sur place, il est déjà trop tard. Natalie Buss sera déclarée morte sous les yeux d'un public dévasté.
Alors que les hommages pleuvent depuis plusieurs jours pour saluer une mère et une épouse «exceptionnelle», une enquête a été ouverte par la police du sud du Pays de Galles pour faire la lumière sur ces troubles évènements. Ce mercredi, alors que la cause provisoire du décès n'a toujours pas été communiquée, Patricia Morgan, la légiste régionale, a confirmé qu'il y avait «des raisons de croire que sa mort n'était pas naturelle». (mbr)