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La France veut empêcher les influenceurs de jouer les arnaqueurs

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Image: keystone

Comment la France veut empêcher les influenceurs de jouer les arnaqueurs

Ces derniers mois, de nombreux scandales ont entaché l'activité des stars de TikTok, Instagram ou YouTube, en France notamment. Afin de mieux encadrer les influenceurs sur internet, et lutter contre les pratiques commerciales illicites, une consultation publique a été lancée la semaine passée par l'Assemblée nationale.
16.01.2023, 05:5116.01.2023, 07:35
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Ils sont beaux, célèbres et gagnent parfois plusieurs milliers d'euros en postant du contenu mode, beauté, santé et autre sur YouTube, Instagram ou encore TikTok. Mais le boom des influenceurs observé ces dernières années a également été accompagné de polémiques, arnaques et scandales, en France notamment.

En cause: des publicités (contenus sponsorisés) faites sur les réseaux sociaux qui n'affichent pas clairement leur objectif marketing (au détriment des consommateurs) et des produits vendus à leur communauté qui sont douteux, souvent issus du dropshipping ou qui n'arrivent simplement jamais à destination.

Le dropshipping, c'est quoi?
Cette pratique, parfaitement légale,
permet à la personne qui la réalise de ne s'occuper que de la commercialisation et de la vente du produit. C'est le fournisseur qui envoie la marchandise au consommateur final.

Le problème, c'est que les sites de dropshipping vendent souvent des produits achetés à des géants chinois comme AliExpress par exemple, à un prix beaucoup plus élevé que celui d'achat.

Cette pratique entraine donc, dans la majorité des cas, la diffusion de fausses informations ou d’informations de nature à induire en erreur le consommateur, relatives à l’origine des produits commercialisés, aux délais de livraison ou encore à l’identité du vendeur.

En France, ces techniques ont poussé les pouvoirs publics à vouloir réglementer le secteur. Le ministère de l'Economie a lancé ce lundi 9 janvier une consultation publique. Objectif: prendre des mesures en mars prochain. Deux propositions de loi ont également été déposées le 15 novembre et le 15 décembre 2022 à l’Assemblée nationale, pour encadrer les influenceurs sur internet et lutter contre les pratiques commerciales illicites.

Les Français sont appelés à participer

Depuis plusieurs mois, de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer les comportements de certains influenceurs, en particulier les stars de la télé-réalité. Des blogueurs, des créateurs de contenu, des journalistes, mais aussi des consommateurs s'insurgent des dérives de ce nouveau métier.

Ainsi, le projet de loi déposé par les socialistes à l'Assemblée nationale fin 2022 a pour objectif de poser un cadre légal à l’activité des influenceurs sur les réseaux sociaux. Les députés souhaitent, par exemple, définir ce qu'est un influenceur et instaurer l'obligation d'un contrat écrit avec ceux qui se définissent comme leurs agents. Il devra également être obligatoire de mentionner le caractère publicitaire des publications, sous peine de sanctions administratives, voire pénales.

Les dépositaires demandent aussi aux plateformes et aux réseaux sociaux d'offrir la possibilité de pouvoir signaler les contenus relevant de pratiques commerciales illégales. Enfin, le gouvernement devra rendre un rapport écrit tous les six mois, afin de rester aligné sur les rapides évolutions technologiques.

La consultation est disponible jusqu'au 31 janvier et les Français peuvent s'exprimer sur 11 mesures réparties en 14 thématiques. Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, a d'ailleurs incité les citoyens à participer:

«Vous êtes des millions à consulter leurs avis et leurs recommandations. Ils jouent donc un rôle dans notre vie quotidienne. Ça leur donne une responsabilité particulière. L'immense majorité d'entre eux respectent évidemment les règles. Mais il y a aussi certaines arnaques ou parfois tout simplement certains oublis. Ce sont ces écarts, ces manquements, parfois ces tricheries, que nous voulons corriger avec la régulation de ce secteur.»
Bruno Le Maire, à propos des 150 000 influenceurs que compte la France.dialogue-make.org

Car comme le rappelle Le Monde:

«Il est difficile de savoir si l’on a affaire à des escrocs ou à de bons conseillers, et à du contenu original ou à de la publicité clandestine. Les pratiques commerciales trompeuses – lorsque ce n’est pas de l’escroquerie en bande organisée – sont plus que jamais dans le collimateur.»

Ceux qui jouent le jeu

La surveillance et la régulation du secteur de l'influence ne datent toutefois pas d'hier. Toujours selon Le Monde, le règlement européen sur les services numériques (DSA) proposait déjà en 2022 aux créateurs de contenus la possibilité d'annoncer si leurs publications contenaient «une communication commerciale», et donc l'opportunité d'être transparents envers leur communauté.

En France, l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) décerne quant à elle un certificat «d'influence responsable», qui semblerait porter ses fruits:

«Nous observons une nette amélioration de la transparence des influenceurs sur leurs partenariats commerciaux, passant de 73 % en 2020 à 83 % en 2021. La transparence continue de s’améliorer en 2022.»
L'Autorité de régulation professionnelle de la publicité

Pour rappel, le marché mondial de l'influence a enregistré une hausse de plus de 20% en 2022 et a généré quelque 14 milliards de francs suisses de revenu.

Copin comme cochon: Les influenceuses
Video: watson
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